dimanche 30 décembre 2007

Quand les bibliothécaires (me) tapent sur le système

Parce qu'il n'y a pas que les usagers qui savent être gonflants. Les bibliothécaires - et les vacataires - peuvent parfois :

- Discuter très fort entre eux et/ou au téléphone
- Garder un document emprunté pendant plus de 6 mois (après quoi je passe pour le Père Fouettard quand je leur tombe dessus : "Comment ça, tu pistes tous tes achats ? - Ben ouais, aboule")
- Prêter des usuels
- Faire disparaître les nouveautés avant même leur mise en circulation (encore que les services techniques, nettoyage, voire certains élus puissent être soupçonnés ; même fermée, la médiathèque est un vrai hall de gare)
- Doter les nouveautés du talent d'invisibilité en rédigeant des notices de catalogage invraisemblables ("T'as pas noté le titre et t'as mis l'auteur dans la zone d'édition ! - Ah ?") ou en rangeant les documents à n'importe quel endroit sauf le bon
- Ne pas être foutus d'orthographier correctement "Bourvil", "Rolling Stones" ou "Edgar Poe", et donc repondre "On n'a pas" lorsque quelqu'un les cherche
- Faire profiter les usagers de leur mauvais goût en diffusant Vitaa à plein volume lorsqu'on leur confie les rênes du secteur Musique (au moins, ils ne risquent pas le procès pour élitisme...)
- A l'inverse, jouer aux défenseurs du bon ordre culturel en démolissant de façon stérile et gratuite les choix d'un usager avant même qu'il n'ait eu le temps de tourner les talons. Rien de plus efficace pour le dégouter de revenir.

Liste non exhaustive, n'hésitez surtout pas à la compléter : le défouloir est ouvert.


mercredi 26 décembre 2007

2007 : une bonne cuvée... sauf pour les Anglais

Panorama des albums qui ont bercé mes chères oreilles cette année ; la pop se porte plutôt bien, merci pour elle. On notera la prépondérance des labels indépendants et l'absence totale d'artistes anglais... Il va falloir qu'ils se réveillent.

Aereogramme - My heart has a wish that you would not go [Chemikal underground]
Arcade Fire - Neon bible [Merge]
Blanche - Little amber bottles [Loose music]
Bodies Of Water - Ears will pop & eyes will blink
Earlimart - Mentor tormentor [Majordomo]
Great Lake Swimmers - Ongaria [Nettwerk]
Hey Hey My My - Hey hey my my [Sober & gentle]
Lavender Diamond - Imagine our love [Matador]
Okkervil River - The stage names [Jagjaguwar]
The Postmarks - The Postmarks [Unfiltered]
The Shins - Wincing the night away [Sub pop]
Maria Taylor - Lynn teeter flower [Saddle creek]
Anna Ternheim - Separation road [Stockholm / Universal]
Suzanne Vega - Beauty & crimes [Blue note]

A signaler, de fort belles choses du côté de la soul et du funk façon vintage :

The Dynamites - Kaboom ! [Ter à terre]
Bettye LaVette - The scene of the crime [ANTI]
Sharon Jones & The Dap-Kings - 100 days, 100 nights [Discograph]
Mavis Staples - We'll never turn back [ANTI]
The Sweet Vandals - The Sweet Vandals [Unique]

Bonne année donc !


vendredi 14 décembre 2007

Les Simpson et la bilbliothéconomie



Entendu ces derniers jours dans deux épisodes :

"Tout est numérisé et peut tenir sur ce super cd-rom. Nous avons donc jeté tous les livres".

"Les dirigeants de la bibliothèque ont supprimé le secteur Littérature pour installer un distributeur à esquimos !"
.

C'est ce qui s'appelle coller à l'actualité.



mardi 11 décembre 2007

Respect yourself : the Stax Records story [DVD]



Editeur : Universal, 2007
Indice PCDM : 1.413 - Soul

Si la Motown avait réussi un parfait cross-over avec ses diamants noirs polissés pop, la soul authentique était l'apanage de son concurrent Stax. Complémentaire de l'indispensable livre Sweet soul music, ce DVD offre une impeccable rétrospective du label de Memphis. Des images d'archives et de nombreuses interviews des acteurs de l'époque nous font revivre sa fondation, son fonctionnement totalement artisanal, ses premières stars, l'ascension d'inconnus nommés Otis Redding ou Isaac Hayes, ses déboires légaux et économiques... jusqu'à sa disparition. Avec en prime un live de la tournée européenne 1967 de cette incroyable écurie, que demande le peuple ? Peut-être, peut-être, un aussi beau travail portant sur le mythique Wrecking Crew de Los Angeles. Ou sur les sessions d'enregistrement du jeune Phil Spector. Ou sur le Brill Building de New York. Et en français s'il vous plait. L'espoir fait vivre, non ?


dimanche 25 novembre 2007

Chu Berry - Berry story [1936-1939]



Label : Jazz Archives
Indice PCDM : 1.33 - Swing, jazz classique

On l'aura deviné à la lecture de ce blog : je ne suis pas un fondu de jazz. Non que j'ai une dent contre mais ce style ne m'avait jamais touché jusqu'ici, notamment en raison d'un rapport à la technique qui vire parfois à la simple démonstration (surtout du côté du jazz-rock). Restaient Coltrane, Miles Davis et Barney Kessel (idole de Phil Spector) qui avaient su trouver le chemin jusqu'à mes oreilles. Cette palette réduite tend à s'élargir avec les groupes de washboard et quelques chanteurs des années 20 (notamment le "Midnight, the stars & you" de Ray Noble)... et Chu Berry donc, dont j'ai entendu le saxophone avant de connaitre son amusant patronyme. Peu connu visiblement (dear God, j'ai collé le spécialiste jazz de la Fnac avec) mais loin d'être le premier venu vu qu'il a accompagné des pointures telles que Cab Calloway et Lionel Hampton avant de périr à l'âge de trente ans. J'ai immédiatement aimé ce son pour son côté surrané qui lui donne un charme immédiat, pour l'ambiance particulière dégagée par ces morceaux. Il est parfois agréable d'oublier un peu les guitares...

Liens temporaires Yousendit :

Chu Berry & his orchestra - Now you're talking my language
Chu Berry & his orchestra - Maelstrom
Lionel Hampton & his orchestra - Shufflin' at Hollywood

Cadeau bonus pour les fans de Shining :

Ray Noble - Midnight, the stars & you


jeudi 15 novembre 2007

J'ai testé pour vous... la réduction du personnel

Ce fut annoncé sur l'air des lampions : les fonctionnaires d'Etat sont trop nombreux, il faut supprimer des postes. Soucieuses de satisfaire à cette maxime, de nombreuses municipalités se sont fait un plaisir de la mettre immédiatement en pratique sur le personnel de la fonction publique... territoriale. En bibliothèque ça peut donner quoi ?

* En premier lieu, les congés pour maternité ne font plus l'objet que d'un remplacement sur trois, voire sur quatre. Le personnel des bibliothèques étant toujours majoritairement féminin, les effets se font vite ressentir.

* Lors de départs pour mutation, certaines procédures de remplacement s'efforcent de battre des records dans la catégorie "course de lenteur". Parti vers d'autres cieux en mars dernier, l'un de mes responsables n'a toujours pas été remplacé à l'heure actuelle. Ses tâches étant dès lors dévolues aux autres responsables de secteurs, on note une tendance de ces derniers à délaisser leurs équipes, occupés qu'ils sont à combler les brèches.

Etant donné les nombreux postes vacants et l'accélération des départs de titulaires excédés, il ne reste qu'à embaucher moult vacataires pour maintenir l'établissement ouvert. C'est pratique pour l'employeur, les vacataires : payés des cacahuètes, ils peuvent être renvoyés d'un jour sur l'autre. C'est pratique pour l'Etat aussi : même après des mois de service, un vacataire remercié ne touchera pas un centime d'ASSEDIC. On comprend dès lors que la réforme Pécresse prévoit déjà que le personnel qualifié des bibliothèques universitaires puisse être remplacé par des vacataires.

Dommage qu'ils reste tant d'ombres à ce tableau idyllique. En premier lieu, la disponibilité du vacataire : ayant d'autres choses à faire dans sa vie que scanner des code-barres, le vacataire pourra parfois manquer à l'appel. S'il est étudiant, il a des partiels. S'il ne l'est pas, il cherche d'autres possibilités d'emploi Il arrive ainsi que le vacataire soit plus rapide que la direction et annonce de lui-même sa démission : soyons sport, c'est bien joué.

Autre point délicat : un vacataire, ça se forme. La formation demande du temps et... du personnel, ce qui peut vite devenir problématique quand ledit personnel est en sous-effectif. Deux possibilités :

* Condenser au maximum la formation : j'ai ainsi vu des nouveaux censés ingurgiter les systèmes de cotes, le plan de la médiathèque, le fonctionnement du logiciel et les aléas du service public en l'espace d'un après-midi. Autant dire que les titulaires passeront dans les semaines suivantes un certain temps à corriger les erreurs de rangement et les fausses manoeuvres des malheureux, ce qui est vite usant pour les nerfs.

* S'inspirer de l'exemple des entreprises avec les stagiaires, et faire former les nouveaux vacataires par d'autres vacataires déjà rodés. Si, si.

Le miracle de ce système de fonctionnement est qu'il arrive fréquemment de pouvoir compter sur des vacataires efficaces, motivés et dynamiques. Mais arrive toujours le moment où ces valeureux éléments se lassent de leur statut et de leur maigre salaire, n'obtiennent pas la pérénnisation qu'ils mériteraient pourtant, et annoncent leur départ. Ce qui entraine de nouveaux appels aux volontaires, de nouvelles séances de recrutement, de nouvelles formations baclées et une pêche de vacataires beaucoup moins miraculeuse. Pendant ce temps un bon tiers des titulaires restants mitraillent leur CV aux quatre coins du pays, les départs non comblés entrainent une accumulation de documents non traités dans les bureaux (ce qui fait râler l'usager sevré de nouveautés), les projets restent lettre morte, les réunions ont des allures de batailles rangées, et les heures supplémentaires parfois nécessaires ne sont, comme le prévoit la loi, pas rémunérées.

Chouette ambiance.


lundi 29 octobre 2007

Compilation maison : Heavenly Sad Hits

Hommage à cet éternel vecteur de larmes qu'est la pop, hommage à ces chansons méconnues... Avec tout mon amour.

free music



1. Earlimart - Color Bars
[extrait de The Avenues EP, 2003]

2. Postal Blue - I Know Where Your Dreams Go
[extrait de Postal Blue EP, 2000]

3. Linda Perhacs - If You Were My Man
[extrait de Parallelograms, 1970]

4. Barbara Sipple - Song For Life
[extrait de la compilation Wayfairing strangers : ladies from the canyon]

5. Martha Wainwright - Far Away
[extrait de Martha Wainwright, 2005]

6. Kim Norlen - One More Thing
[extrait de The Green Door, 2002]

7. St Thomas - Strangers Out Of Blue
[extrait de I'm Coming Home, 2002]

8. Jackson C. Frank - Milk And Honey
[extrait de Jackson C. Frank, 1965]

9. Gene Clark - With Tomorrow
[extrait de White Light, 1971]

10. Spearmint - It Will End
[extrait de A Different Lifetime, 2001]

11. Denise James - Love Has Got Me Crying Again
[extrait de It's Not Enough To Love, 2004]

12. Pete Dello - Do I Still Figure In Your Life
[extrait de Into Your Ears, 1971]

13. Dotti Holmberg - To Touch Upon The Light
[extrait de Sometimes Happy Times, 1966-1970]

14. The Pale Fountains - Faithful Pillow pt. 1
[extrait de Pacific Street, 1984]

15. Ben & Jason - What I Meant To Say
[extrait de Emoticons, 1999]

16. The Zombies - The Way I Feel Inside
[extrait de Begin Here, 1965]

dimanche 28 octobre 2007

vendredi 5 octobre 2007

Détournements de couvertures : variante

En l'espace de quelques jours, toute la faune des internautes français a pu admirer les hilarants détournements d'albums de la pauvre Martine. Une initiative qui fait des émules sur certains forums musicaux :




Les a-mateurs apprécieront.
(Pauvre Nick)


jeudi 4 octobre 2007

The Postmarks - The Postmarks [2007]



Label : Unfiltered Records
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie"

Il y a des disques pour lesquels tout est trop facile, qui nous kidnappent dès la première minute tant leurs mélodies semblent faites sur mesure pour nos oreilles. Prenez donc les Postmarks : une voix adorable, mi-enfantine mi-caressante façon Françoise Hardy, reposant sur un doux lit de guitares, de violons et de vibraphones. Une ambiance de mélancolie soigneusement tissée qui évoquerait un Camera Obscura nocturne. Une suite de chansons au charme irrésistible, de "Goodbye" à la délicate "End Of The Story". Et pour ne rien gacher, un livret parfaitement en accord où les paroles sont rédigées sur... des cartes postales. Les premières d'une longue série, souhaitons le.

Page Myspace


"You need records like The Postmarks in your collection. It's absolutely perfect company for the times when you need to shut yourself away from the world, pull the covers over your head, and try to believe in beauty again." (allmusic.com)