Affichage des articles dont le libellé est bibliothèques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bibliothèques. Afficher tous les articles

mercredi 19 septembre 2012

Pendant ce temps, à la médiathèque

Une collègue du secteur Jeunesse devant un charmant bébé hurleur : "Je lui planterais bien mon crayon dans la jugulaire..."

jeudi 24 novembre 2011

mercredi 13 juillet 2011

L'auto-défense en bibliothèques

Alors que les forces de l'ordre peuvent compter sur tonka, taser, flash-ball ou armes à feu, que peut faire le bibliothécaire désarmé face à usager un peu trop pénible ? Rassurez-vous, les solutions existent :

- Le crayon





Indémodable malgré sa fâcheuse tendance à disparaître, le crayon est votre allié. Peut infliger des coups de semonce et assure une neutralisation rapide une fois planté au bon endroit. Veillez à le tailler régulièrement.
Cibles à privilégier : œil, visage, mains




- La souris et le combiné de téléphone

Peuvent servir ponctuellement d'armes de jet, ils présentent l'avantage de toujours se trouver à portée de main. Inconvénient notable : un champ d'action réduit à une vingtaine de centimètres. Préférez les modèles sans fil.
Cibles à privilégier : visage



L'agrafeuse

D'une efficacité proche du zéro à distance, elle peut cependant rendre quelques services au corps à corps. Si toutefois vous parvenez à remettre la main dessus étant donné qu'elle est portée disparue depuis des mois... A bien y réfléchir, oubliez l'agrafeuse.
Cibles à privilégier : mains






Le démagnétiseur à VHS [pas de photo disponible]

Existe en différents modèles selon sa période de fabrication. Peut se présenter comme une variante de poing américain ou sous la forme d'une barre de cricket aplatie, cerclée de métal. Lourde et terriblement contondante, cette dernière peut assurer un K.O dès sa première utilisation. Veillez à assurer la prise en main.
Cibles à privilégier : menton, nez, tempes

L'enfant

On l'oublie trop souvent mais l'enfant moyen est léger, bruyant, collant et potentiellement agressif, soit les caractéristiques idéales d'une bombe sans fragmentation. Peut être projeté à distance variable en fonction du modèle choisi.
Cibles à privilégier : à déterminer



Le roman de Marc Levy



Arme multi-usages aux effets proches de ceux des gaz lacrymogènes comme nous le démontre la page wikipedia concernée :

Les effets sur le corps sont multiples :
  • gêne respiratoires,
  • nausées, vomissements
  • irritation des voies respiratoires,
  • irritation des voies lacrymales et des yeux
  • spasmes,
  • douleurs thoraciques,
  • dermatites, allergies
À forte dose :
  • L'effet le plus fréquent reste les brûlures pouvant aller jusqu'au second degré
  • L'irritation oculaire peut parfois se compliquer de lésions de la cornée ou d'hémorragies du vitré 
  • nécrose des tissus dans les voies respiratoires
  • nécrose des tissus dans l'appareil digestif
  • œdèmes pulmonaires
  • hémorragies internes
  •  Des décès ont été rapportés, essentiellement secondaires à une utilisation en lieu clos, comme cela a été le cas lors du siège de Waco en 1993. Il a été décrit des contaminations secondaires du personnel soignant qui a été amené à prendre en charge des personnes exposées.

L'extincteur


Théoriquement obligatoire dans chaque établissement public et couramment utilisé pour caler les portes, il trouvera ici une utilité complémentaire. Son aspect impressionnant peut effrayer la cible et il peut également être vidé sur l'objectif : préférez les modèles à poudre.
Cibles privilégiées : bouche, yeux






Le/la bibliothécaire amorphe [collez ici une photo d'un de vos collègues]

Deux de tension, totalement impassible, affichant l'expressivité d'un cyborg première génération et l'élocution d'un Raymond Barre sous Tranxène, le bibliothécaire amorphe renvoie efficacement à l'agresseur l'inanité de son attitude. Ce dernier, découragé, quittera vite les lieux et se défoulera sur le premier C.R.S venu.

mercredi 21 avril 2010

Médiathèques : vous reprendrez bien un peu de rentabilité ?

Le secteur culturel a ceci d'utile qu'il constitue une cible toute désignée lorsqu'il s'agit de réaliser des économies en période de crise, et les hausses locales des statistiques de prêt constituent un bouclier bien dérisoire pour contrarier ce phénomène. Les budgets d'acquisition étant déjà annuellement revus à la baisse, c'est désormais au tour des animations de contribuer à l'effort de guerre par le biais de ratios coût / fréquentation à respecter en guise d'objectifs.

Soucieux du devoir d'obéissance propre à tout fonctionnaire et tout à fait décidé à être bien considéré par les instances dirigeantes, je propose ici quelques suggestions destinées à rendre enfin les médiathèques "rentables" afin de les intégrer au mieux dans la vie économique de notre société. Pour ce faire le modèle des compagnies aériennes dites "low-coast" parait tout indiqué. Il convient ainsi, contrairement aux usages, de maintenir les tarifs d'inscription au plus bas niveau possible afin d'en faire un produit d'appel pour la clientèle. Attirée par ce critère ainsi mis en avant, elle sera mieux disposée à accepter la création de nombreuses surtaxes.

Toute action répondant à une demande particulière doit ainsi faire l'objet d'une tarification supplémentaire, telle qu'elle se pratique déjà partiellement dans certains lieux (ex : bibliothèques de Montréal). Le tarif  psychologique d'un euro par acte sera d'autant mieux accepté que l'on fera miroiter une meilleure satisfaction de la demande par le biais de la sélection financière. Seront ainsi considérés comme payants tous les services ne relevant pas du prêt, à savoir : 
  • les réservations de documents
  • les suggestions d'acquisition, dès lors que celles-ci auront été exaucées
  • les prolongations de prêt
  • le prêt de documents au delà du strict quota de base [forfait de 15€ par kg supplémentaire]
  • le prêt de documents en absence de carte d'abonné et sur présentation d'une pièce d'identité
  • les demandes de renseignements et recherches particulières [grille de tarification à élaborer en fonction du temps consacré par le professionel]
  • l'accès aux services en ligne
  • l'utilisation des places assises
  • tout service non mentionné susceptible d'être développé à court, moyen et long terme

Financièrement votre,

lundi 5 avril 2010

Découvertes pop 80's : une discographie commentée

Améliorer la médiation, jouer l'interface entre usager et collections, apporter une plus-value et une expertise, faciliter les découvertes, transmettre : depuis plusieurs années, nombre de médiathèques recentrent leurs efforts sur ces points primordiaux. Quel est l'intérêt de posséder des fonds rares et/ou des notices impeccables si la majorité du public ne peut y avoir accès ? D'où la nécessité pour le discothécaire de prendre la casquette d'éditeur : exemple avec cette discographie commentée proposée voici quelques temps à nos usagers.

Cliquez pour consulter la discographie

Choix du format : réduit afin de tenir dans n'importe quel sac, à l'italienne par souci d'originalité et afin de faciliter la mise en page. Chaque page du cahier propose ainsi deux chroniques de disques.

Choix de la couverture : mon chat (what else ?)

Choix des disques commentés : un souci récurrent, plaire à tous les publics. Des disques très peu connus (Virginia Astley, Savage Republic...) pour satisfaire le spécialiste, accompagnés de références établies (The Stone Roses, The Pastels...) pour attirer l'amateur curieux comme le novice. Le tout conclu par une sélection de documents portant sur le thème choisi.

Impact constaté :
Au niveau des collections ainsi mises en avant, on note une grande progression des prêts : certaines références endormies en réserve depuis des années ont ainsi été empruntées à plus de 12 reprises en moins d'un an.
La réaction des usagers s'est également révélée positive. Plusieurs réimpressions ont été nécessaires pour satisfaire les demandes, atteignant 200 exemplaires pour ce seul exemple. De nombreuses appréciations orales et écrites témoignent de la satisfaction manifestée.

Liste des artistes figurant dans ce recueil : Virginia Astley, Aztec Camera, Black Flag, The Chameleons, The Chills, Christian Death, Cocteau Twins, Dinosaur Jr, Felt, The Field Mice, Fire Engines, Galaxie 500, The Go-Betweens, Gun Club, Hüsker Dü, Bruce Joyner & The Unknowns, Mick Karn, The Lilac Times, The Lines, Marine Girls, Martha & The Muffins, The Monochrome Set, My Bloody Valentine, The Pale Fountains, The Pastels, The Prisoners, The Replacements, Savage Republic, Screaming Trees, The Sound, Squeeze, The Stone Roses, June Tabor, Television Personalities, Tones On Tail, The Vaselines, Young Marble Giants.

mardi 23 juin 2009

Censure d'Orelsan dans les bibliothèques parisiennes : C. Girard persiste, signe...

...et s'emmêle les pinceaux :

http://www.lejdd.fr/cmc/culture/200923/orelsan-censure-girard-s-explique_215591.html

"Vous parlez de textes qui "insultent les homosexuels". Exemples?
- C. Girard : "Les filles kiffent les mecs efféminés comme si elles étaient lesbiennes", ou encore: "je hais les trav depuis que j'ai failli niquer un Brésilien". La plupart des femmes qui sont intervenues sur ce dossier ont ressenti ces phrases comme insultantes.

A votre avis, M. Girard :
1) Considère que l'association "mecs effeminés" / "femmes" relève d'une insulte vis à vis des homosexuels ?
2) Considère qu'une défiance exprimée vis à vis des transsexuels (suite à une malencontreuse expérience qui plus est) relève d'une insulte vis à vis des homosexuels ?
3) Considère qu'il est logique de mettre en avant l'opinion de "la plupart des femmes" pour juger d'une supposée insulte vis à vis des homosexuels ? (à se demander qui d'Orelsan ou de M. Girard devrait être tenu au silence...)

Votez.

vendredi 5 juin 2009

Il y a des jours où on est ravi de ne pas travailler à Paris

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/06/05/les-disques-d-orelsan-ecartes-des-bibliotheques-parisiennes_1202887_3246.html#ens_id=1202972

La Mairie de Paris a retiré de ses 60 bibliothèques de prêt le disque du chanteur de rap Orelsan, Perdu d'avance, "dont les textes insultent les homosexuels et glorifient la violence faite aux femmes", a annoncé, jeudi 4 juin, Christophe Girard, adjoint PS chargé de la culture. "Si nous sommes attachés à la liberté artistique, il est indispensable d'éviter qu'un public mineur et non averti soit confronté à l'étude de (tels) morceaux", précise l'élu parisien dans un communiqué. Le syndicat Supap-FSU s'est ému de cette décision, qu'il assimile à de la censure.


On appréciera l'explication toute en nuances de M. Girard qui pourrait nous permettre de résoudre instantanément les problèmes de manque d'espace pour les collections : un petit coup de Javel et nos chères têtes blondes seront à l'abri. Le fait que le disque concerné soit plutôt mauvais ne lui interdit à ce jour ni d'exister, ni d'être vendu. Il s'agit d'une oeuvre de fiction, pas d'une publication politique extremiste. Il a donc toute sa place en médiathèque, que les oreilles soient averties ou non.


mardi 24 mars 2009

Rencontres de l'ACIM : un point sur les aspects juridiques

L'ouverture de ces rencontres nationales a permis d'aborder en profondeur l'angle juridique des musiques en bibliothèques, sujet ô combien épineux : absence de "fair use", multiplication des jurisprudences, modifications législatives en cours... L'introduction de Gilles Vercken, avocat, et les débats qui ont suivi (notamment entre représentants de la SACEM, du SNEP, de juristes et de professionnels des bibliothèques) ont délimité assez clairement les possibilités que les lois sur les droits d'auteurs offrent aux bibliothèques en dehors du prêt : elles sont quasiment nulles.

- Le point "c'est-moi-qui-l'ai-fait" : sorti des œuvres tombées dans le domaine public (du moins jusqu'à l'extension programmée de la durée de protection des interprétations), tout est protégé. Chanson, texte, pochette, rien ne peut être communiqué ni présenté sur un site web sans l'autorisation expresse des ayant droits. Même dans le cadre d'une structure non commerciale, même dans un but de promouvoir l'artiste. Reste qu'en pratique, le risque d'être poursuivi pour affichage sauvage de pochette de disque est plutôt réduit.

- Le point pratique "deezer à la médiathèque" : comme je le craignais, l'affichage de playlists Deezer sur le site ou le catalogue d'une bibliothèque est légalement impossible, l'utilisation du service n'étant permise que dans le cadre du cercle de famille comme précisé dans les conditions générales du site (on sait que les bibliothécaires forment une grande et heureuse famille, mais tout de même...).

- Le point "vous-perdez-rien-pour-attendre" : interrogé au sujet de l'absence de rémunération concernant le prêt des disques en bibliothèques (contrairement à leurs petits camarades documentaires), M. SNEP a admis regretter que des problèmes de contrats propres aux artistes ne lui ait point permis de traiter ce dossier en temps voulu. Fort heureusement, la clarification de ces soucis internes va lui laisser tout loisir d'étudier de près la question du prêt en ligne dès que ce dernier se sera généralisé. Gare à nos fesses, les intérêts vont être à la hauteur.

- Le point "DADVSI et HADOPI, c'est beau la vie" : souvenez-vous de l'espoir qu'avait fait naître la mention d'une exception "Bibliothèques" au cœur du code de la propriété intellectuelle. En théorie, sont donc possibles les "reproductions spécifiques effectués par des bibliothèques accessibles au public, des musées ou par des services d'archives, qui ne recherchent aucun avantage commercial ou économique direct".
En pratique, cette autorisation est assortie d'une condition pour le moins floue : "ne pas porter atteinte à l'exploitation normale de l'œuvre ni causer un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l'auteur". Qu'un ayant droit signale son mécontentement lors d'une numérisation et l'exception deviendra aussi imperméable qu'un PC dépourvu de pare-feu. Et quand bien même, elle n'autorise que l'acte de reproduction... et non celui de communication au public, malgré une louable tentative d'amendement de la part de l'Association des professionnels de l'information et de la documentation (qui n'a cependant pas dit son dernier mot).

L'analyse de cet impressionnant arsenal législatif touchant à sa fin, les bibliothécaires musicaux présents ont pu savourer à sa juste valeur l'analyse de David El Sayegh, (directeur des affaires juridiques et prochain directeur général du Syndicat National de l'Edition Phonographique) : "Vous les bibliothécaires, vous êtes des très bons lobbyistes !"

Uh uh.



lundi 24 novembre 2008

A change is gonna come ?

Qui dit réussite au concours, dit liste d'aptitude. Etant à prori en bonne voie de pérennisation sur le poste que j'occupe actuellement, ce détail m'était sorti de la tête ; fort heureusement, des collectivités plus consciencieuses en profitent pour faire leur marché avant les fêtes de Noël. Trois offres d'emploi me sont ainsi parvenues, assorties des aimables félicitations du département de Moselle (ce qui fait toujours plaisir). Un passage de l'Ile de France surpeuplée aux calmes campagnes de l'Est constituerait un choc sociologique, tout en présentant d'indéniables avantages à mes yeux de provincial (une maison, pas de voisins, un bouvier bernois). Who knows.

Les candidats au dépaysement absolu, quant à eux, ne manqueront pas de consulter cette offre de l'Université de Montreal qui demande un bibliothécaire spécialisé en criminologie. Sans préciser cependant si la mise en pratique sera comprise dans les heures de travail...

jeudi 6 novembre 2008

"Vous pouvez emprunter plus !" : test grandeur nature

Comment contrer la baisse constatée des prêts en bibliothèque tout en facilitant la vie des usagers ? Plusieurs structures tentent le pari des prêts illimités. Dans la même optique, la médiathèque de votre serviteur a modifié ses règles de façon drastique : a une limitation de X documents par support (X partitions, X livres, X revues, X chats tigrés...) succède un quota global de 30 documents au choix, à l'exception des vidéos dont le fonds ne pourrait soutenir la demande. Deux mois ont passé, permettant d'entrevoir l'impact de ce changement.

A tous seigneurs tout honneur, commençons par le point essentiel : les usagers sont ravis. Un peu sur la défensive de prime abord ("Mouais, il ne va plus rien rester dans les bacs !") ils ont très rapidement adopté cette liberté nouvelle, avec un appétit particulier pour les enfants (qui repartent avec des piles de BD et le sourire jusqu'aux oreilles), les mélomanes et les emprunteurs convulsifs.

Du point de vue statistique, deux tendances se dégagent :
1) Les prêts explosent. D'une hausse de 10% dès le premier mois, ils ont ensuite crevé le plafond avec un bond de 30% sur l'ensemble des secteurs... soit 10.000 prêts de plus qu'en octobre 2007. Jolie performance.
2) Le nombre d'usagers actifs régresse de façon plus légère mais néanmoins nette. Logique : si 30 documents suffisent à un couple ou à une famille, inutile pour eux d'utiliser une carte par personne puisqu'un seul abonnement commun suffira. Pas comme ça qu'on arrivera au niveau des Canadiens.

Du côté des fonds, source d'inquiétude chez certains usagers, la demande est plutot bien absorbée... dans la mesure où la taille des collections le permet. Il va sans dire qu'une collection de 250.000 documents sera mieux à même d'encaisser une telle hausse des prêts que les fonds nécessairement réduits d'une petite structure, notamment rurale.
Point positif : moins encombrés, les bacs et les étagères respirent mieux... ce qui encourage les usagers à fouiner, et par conséquent à emprunter plus.
Point à surveiller : si les documents confidentiels profitent également de la hausse des prêts, il va sans dire qu'une large partie des demandes se concentre sur les références les plus connues qui deviennent ainsi plus difficiles à obtenir. Le "doublonnage" des best sellers ne suffit pas toujours à satisfaire le public, et la généralisation de ce procédé pourrait déséquilibrer les acquisitions... à moins d'une augmentation des budgets qui n'est pas prévue au programme.

Et du côté des bibliothécaires ? Bien que ravis d'un tel succès, ils se retrouvent face à ses effets pervers : augmentation brutale des flux à gérer (bien le bonjour au papa mélomane qui emprunte et ramène pas moins de 80 disques à chaque visite), risque accru de tennis elbow, multiplication des erreurs d'enregistrement de documents, allongement des files d'attentes. Le contexte n'étant guère propice à l'embauche de bras supplémentaires, il devient nécessaire de surveiller de près l'aménagement des plannings pour éviter à votre serviteur de périr étouffé sous une avalanche de rééditions Stax.

(Ce qui serait une belle mort cela dit).


vendredi 22 août 2008

La loi Lang en question(s), épisode 2

Après avoir jeté un oeil sur les menaces pesant sur la loi Lang, on salue la publication d'un rapport de commission de l'Assemblée Nationale sur la question. Bien que succint, il offre un intéressant tour d'horizon des politiques pratiquées en la matière à l'étranger.

mercredi 11 juin 2008

La loi Lang en question(s)

Votée en 1981, la loi établissant la règle d'un prix de vente unique du livre fixé par l'éditeur a bien sûr affronté de nombreuses attaques au cours des années (de la part de la Fnac entre autres), ce qui le ne l'empêche pas d'être encore en place aujourd'hui. Cependant de nombreux indices laissent envisager, sinon sa disparition, tout du moins de sérieux aménagements.

Il y a d'abord eu la victoire en appel d'Amazon contre le Syndicat de la librairie française, au sujet de la gratuité des frais de port mise en place par le premier cité. Si elle peut apparaître logique (les frais de port n'appartenant pas, à priori, au prix de vente), cette décision valide de fait le système de marges arrières institué par Amazon. En l'occurence et de façon identique aux pratiques des grandes surfaces alimentaires, ce n'est pas le vendeur qui assume les frais de port mais les éditeurs. On notera d'ailleurs que si ces frais sont généreusements "offerts" sur les livres, l'achat de disques nécessite toujours une dépense minimale de 20 euros pour prétendre au même cadeau.

Il y a surtout un contexte actuel de "défense du pouvoir d'achat", lequel accélère encore ce sport national qu'est la réflexion à court terme. Un amendement visant à vider la loi de sa substance a ainsi été déposé récemment par plusieurs députés. Jusqu'ici discrète, la Ministre de la Culture Mme Albanel s'est fendue d'une déclaration publiée par Le Monde. Si elle se déclare "ouverte à la discussion", elle ne manque pas de rappeller les risques encourus sur les plans culturels et, surprise, économiques :

"Croire que l'on fera ainsi baisser le prix du livre est également une illusion. Les chiffres nous montrent au contraire que la loi est tout sauf inflationniste : ces dernières années, l'évolution du prix du livre a été inférieure à celle de l'indice général des prix à la consommation. L'Angleterre nous fournit un précieux exemple a contrario : en 1995, le Fixed Book Price a été abandonné. Depuis, le prix moyen du livre a augmenté de 49,6 %, alors que l'indice général des prix à la consommation augmentait de 27,6 %, soit une différence de plus de 20 %."

Dernier point, à première vue secondaire car plus insidieux. En autorisant les hypermarchés Leclerc à poursuivre leur campagne de publicité en faveur d'une autorisation de vente de parapharmacie en grande surfaces, la cour d'appel de Colmar a du même coup validé le principe d'un lobbying actif visant à modifier l'application d'une loi selon les desiderata de l'annonceur. A quand un encart "Auchan veut vendre les livres moins chers..." ?


mercredi 23 avril 2008

Deezer en médiathèques : oui, mais pas sur

Tout le monde y a pensé en même temps : utiliser les bons services de Deezer.com pour établir des playlists en streaming, afin d'offrir aux usagers un meilleur service d'écoute sur place ou via un catalogue informatisé. Intéressant en effet, mais... Passons sur le manque de stabilité du service (Deezer connaît des ratés depuis quelques semaines) ainsi que sur son manque d'exhaustivité (même si le choix reste tout à fait conséquent) pour s'intéresser au récurrent problème de la législation.
Deezer fait état d'accords signés avec la Sacem pour que les internautes puissent bénéficier de l'écoute gratuite des titres diffusés par le biais du site. Jusqu'ici tout va bien, mais la lecture attentive des conditions d'utilisation de Deezer rend la situation moins claire. Outre la traditionnelle limitation de responsabilité du site (reportée sur ses utilisateurs), on y trouve ces mentions :
Ce service ne permet l'écoute des Enregistrements que dans le cadre du cercle de famille de sorte que toute utilisation du Site en vue de la communication au public hors du cercles de famille des Enregistrements est expressément interdite. [...]

En clair : ce n'est pas clair. On peut choisir de pousser ses investigations (comme l'a fait Bibliobsession, à qui Radionomy a visiblement signifié l'impossibilité légale d'utiliser le service), jouer sur le doute ou tout simplement transgresser la législation par commodité (comme le font les nombreuses bibliothèques qui acceptent dons et remplacements de DVD personnels provenant de grandes surfaces).
(En attendant que les interrogations soient aplanies, je me contente pour ma part d'ajouter un lien vers les pages Myspace officielles des artistes au sein des notices informatisées. C'est déjà ça)

dimanche 20 avril 2008

Loi DADVSI et petites exceptions

Concours dans un mois rimant avec révisions à tout va, je ne cesse de me rafraichir la mémoire sur un maximum de sujets. Et la relecture de la loi DADVSI fut loin d'être inutile, vu qu'un passage honteusement oublié m'a immédiatement sauté aux yeux :

Un ajout au 8° de l'article L.122-5 du Code de la propriété intellectuelle dispose : « Les actes de reproduction spécifiques effectuées par des bibliothèques accessibles au public, des musées ou par des services d'archive, qui ne recherchent aucun avantage commercial ou économique direct » sont autorisés à la condition de ne pas « porter atteinte à l'exploitation normale de l'œuvre ni causer un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l'auteur ».

Une idée me vient en tête : cette ravissante exception nous permettrait-elle de proposer, d'une manière ou d'une autre, des oeuvres récentes rendues tristement indisponibles par la malchance ou les lois du marché ? Oui selon Wikipedia, qui ajoute :

Par conséquent, la mise à disposition de la version numérisée de toute œuvre qui n'est plus disponible à la vente est possible pour les bibliothèques (œuvres non tombées dans le domaine public, mais ne figurant plus dans les catalogues d'ouvrages disponibles). Pour les ouvrages non tombés dans le domaine public, la numérisation de ces ouvrages supposerait l'obtention préalable d'une autorisation des éditeurs et des auteurs.

Dear God, voilà qui serait pour le coup plus qu'alléchant. Peut-être pourrions nous sauver les traductions françaises du mythique "Rapaces" de Frank Norris, et les nouvelles fantastiques de la grande Shirley Jackson. Ou l'inusable "Crazy Rythms" des Feelies. Ou l'anthologie "There's Gonna Be A Storm" de Left Banke. Et tant d'autres... à condition que ayant droits et municipalités de tutelle jouent le jeu.


samedi 15 mars 2008

Des usages autonomes : une utopie ?

Fût un temps où l'usager souhaitant prolonger le prêt d'un document devait affronter un véritable parcours du combattant. Il devait avoir précieusement conservé le minuscule pense-bête tamponné de la date limite de retour. Il devait venir en personne à la bibliothèque, sans oublier d'amener avec lui le document concerné sous peine de faire demi-tour. Ou, encore plus simple, il ne pouvait pas le faire.

Que propose-t-on aujourd'hui dans ma structure pour effectuer cette opération ? Il y a :
- l'indispensable pense-bête
- la possibilité de nous joindre par téléphone pour connaître les dates de retour de ses documents
- la possibilité de nous joindre par téléphone pour prolonger le prêt de ses documents
- la possibilité d'accéder à son compte-lecteur par Internet
- la possibilité de prolonger ses prêts par Internet
- l'envoi d'un e-mail automatique ou d'une lettre signalant immédiatement un document en retard

Bref, tout ce qu'il faut pour que l'usager heureux puisse gérer ses emprunts avec une liberté sans limites. Seul, comme un grand. Au-to-nome, comme avec son compte bancaire. La classe.
...
Et non. A en croire certains, il faudrait également les avertir une semaine avant la date de fin de prêt. Et à en entendre d'autres (en parfaite santé et en parfait état de marche), il serait bon que nous venions directement à leur domicile pour récupérer les précieux documents. Si ces requêtes ne représentent pas encore la majorité de nos usagers si mignons, elles démontrent que le chemin vers l'autonomie risque d'être encore long... Et que la notion de satisfaction recèle des trésors d'élasticité.

(A noter que j'ai déjà suggéré aux plus acharnés que nous lisions désormais les livres à leur place afin de leur faire gagner du temps. Et à ma plus grande stupéfaction, quelques personnes ont semblé enthousiasmées par une proposition aussi absurde)


lundi 3 mars 2008

[Parenthèse dominicale]

Il y a des journées de boulot qui font plaisir, et ce même en travaillant un dimanche qui clôture une semaine de 45 heures - il faudra que je pense un jour à modifier mon planning : tout est question d'ingrédients. Une affluence bien calculée (pas assez de monde et on s'ennuie, trop de monde et c'est l'usine), des gens détendus et ouverts aux découvertes (les Go-Betweens, Martha Wainwright, Van Hunt et Fontella Bass enchantent désormais de nouvelles paires d'oreilles), des demandes originales et quelques discussions musicales, tout y était. Avec, cerise sur le gâteau, l'arrivée de plusieurs commandes hautes en couleurs : de superbes albums de My Little Airport, Animal Collective, Gorky's Zygotic Mynci, Bryan McLean, Uncle Tupelo ou Eddie Floyd rejoindront bientôt leurs petits camarades dans les bacs, je n'aurai plus alors qu'à assurer leur promotion tout en poursuivant un projet d'exposition.

Bref je ne le dis pas assez mais j'aime profondément mon travail.


lundi 11 février 2008

Rions un peu avec les statistiques

C'est un fait répété, transmis, admis, dénoncé : les horaires d'ouverture des bibliothèques françaises sont trop réduits. A l'appui de cette conclusion, un chiffre éloquent : 20h36 d'ouverture en moyenne (statistiques 2004 de la Direction du Livre et de la Lecture). C'est peu. Trop peu. Différents remèdes sont prônés, tels que l'ouverture généralisée des structures le dimanche et/ou en nocturne, ainsi que le recours massif aux vacataires.

Très bien, à un détail près : ces remèdes sont majoritairement prescrits aux bibliothèques de grandes villes, et non aux petites structures de campagne qui n'auraient guère les moyens d'appliquer une telle politique. Jusqu'ici, tout va bien.

Mais l'absurdité de ce beau théorème ne résiste guère... aux statistiques, celles-là mêmes qui concluaient à une aussi faible amplitude horaire. Car ce chiffre de 20h36 englobe des réalités extrêmement contrastées visibles dans ce petit tableau [edit : qui s'obstine à se décaler vers le bas, si vous avez une explication je suis tout ouïe] :
























































Taille communeNombre de bibs% d'inscritsOuverture par semaine
+ de 300.000 hab.711.137h12
100.000 à 300.000 hab.3816.353h57
50.000 à 100.000 hab.8515.233h21
20.000 à 50.000 hab.29916.728h39
10.000 à 20.000 hab.38918.433h28
5.000 à 10.000 hab.64323.221h16
2.000 à 5.000 hab.93023.815h39
moins de 2.000 hab.52131.411h34

Que voit-on ?

- Que même si des efforts doivent encore être fournis, les "grandes" bibliothèques municipales si souvent montrées du doigt ne s'en sortent pas si mal : passée la barre des 5.000 habitants, l'amplitude d'ouverture dépasse largement les 20h dont nous parlions plus haut.
- Que les structures de villes de moins de 5.000 habitants tirent vers le bas la moyenne d'ouverture horaire, du fait de leur nombre conséquent.
- Et que, paradoxalement, ces mêmes "petites" bibliothèques affichent des taux d'inscrits allant jusqu'au double des structures équipées des métropoles (de quoi créer bien des jalousies).

Les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut.



dimanche 30 décembre 2007

Quand les bibliothécaires (me) tapent sur le système

Parce qu'il n'y a pas que les usagers qui savent être gonflants. Les bibliothécaires - et les vacataires - peuvent parfois :

- Discuter très fort entre eux et/ou au téléphone
- Garder un document emprunté pendant plus de 6 mois (après quoi je passe pour le Père Fouettard quand je leur tombe dessus : "Comment ça, tu pistes tous tes achats ? - Ben ouais, aboule")
- Prêter des usuels
- Faire disparaître les nouveautés avant même leur mise en circulation (encore que les services techniques, nettoyage, voire certains élus puissent être soupçonnés ; même fermée, la médiathèque est un vrai hall de gare)
- Doter les nouveautés du talent d'invisibilité en rédigeant des notices de catalogage invraisemblables ("T'as pas noté le titre et t'as mis l'auteur dans la zone d'édition ! - Ah ?") ou en rangeant les documents à n'importe quel endroit sauf le bon
- Ne pas être foutus d'orthographier correctement "Bourvil", "Rolling Stones" ou "Edgar Poe", et donc repondre "On n'a pas" lorsque quelqu'un les cherche
- Faire profiter les usagers de leur mauvais goût en diffusant Vitaa à plein volume lorsqu'on leur confie les rênes du secteur Musique (au moins, ils ne risquent pas le procès pour élitisme...)
- A l'inverse, jouer aux défenseurs du bon ordre culturel en démolissant de façon stérile et gratuite les choix d'un usager avant même qu'il n'ait eu le temps de tourner les talons. Rien de plus efficace pour le dégouter de revenir.

Liste non exhaustive, n'hésitez surtout pas à la compléter : le défouloir est ouvert.


vendredi 14 décembre 2007

Les Simpson et la bilbliothéconomie



Entendu ces derniers jours dans deux épisodes :

"Tout est numérisé et peut tenir sur ce super cd-rom. Nous avons donc jeté tous les livres".

"Les dirigeants de la bibliothèque ont supprimé le secteur Littérature pour installer un distributeur à esquimos !"
.

C'est ce qui s'appelle coller à l'actualité.



jeudi 15 novembre 2007

J'ai testé pour vous... la réduction du personnel

Ce fut annoncé sur l'air des lampions : les fonctionnaires d'Etat sont trop nombreux, il faut supprimer des postes. Soucieuses de satisfaire à cette maxime, de nombreuses municipalités se sont fait un plaisir de la mettre immédiatement en pratique sur le personnel de la fonction publique... territoriale. En bibliothèque ça peut donner quoi ?

* En premier lieu, les congés pour maternité ne font plus l'objet que d'un remplacement sur trois, voire sur quatre. Le personnel des bibliothèques étant toujours majoritairement féminin, les effets se font vite ressentir.

* Lors de départs pour mutation, certaines procédures de remplacement s'efforcent de battre des records dans la catégorie "course de lenteur". Parti vers d'autres cieux en mars dernier, l'un de mes responsables n'a toujours pas été remplacé à l'heure actuelle. Ses tâches étant dès lors dévolues aux autres responsables de secteurs, on note une tendance de ces derniers à délaisser leurs équipes, occupés qu'ils sont à combler les brèches.

Etant donné les nombreux postes vacants et l'accélération des départs de titulaires excédés, il ne reste qu'à embaucher moult vacataires pour maintenir l'établissement ouvert. C'est pratique pour l'employeur, les vacataires : payés des cacahuètes, ils peuvent être renvoyés d'un jour sur l'autre. C'est pratique pour l'Etat aussi : même après des mois de service, un vacataire remercié ne touchera pas un centime d'ASSEDIC. On comprend dès lors que la réforme Pécresse prévoit déjà que le personnel qualifié des bibliothèques universitaires puisse être remplacé par des vacataires.

Dommage qu'ils reste tant d'ombres à ce tableau idyllique. En premier lieu, la disponibilité du vacataire : ayant d'autres choses à faire dans sa vie que scanner des code-barres, le vacataire pourra parfois manquer à l'appel. S'il est étudiant, il a des partiels. S'il ne l'est pas, il cherche d'autres possibilités d'emploi Il arrive ainsi que le vacataire soit plus rapide que la direction et annonce de lui-même sa démission : soyons sport, c'est bien joué.

Autre point délicat : un vacataire, ça se forme. La formation demande du temps et... du personnel, ce qui peut vite devenir problématique quand ledit personnel est en sous-effectif. Deux possibilités :

* Condenser au maximum la formation : j'ai ainsi vu des nouveaux censés ingurgiter les systèmes de cotes, le plan de la médiathèque, le fonctionnement du logiciel et les aléas du service public en l'espace d'un après-midi. Autant dire que les titulaires passeront dans les semaines suivantes un certain temps à corriger les erreurs de rangement et les fausses manoeuvres des malheureux, ce qui est vite usant pour les nerfs.

* S'inspirer de l'exemple des entreprises avec les stagiaires, et faire former les nouveaux vacataires par d'autres vacataires déjà rodés. Si, si.

Le miracle de ce système de fonctionnement est qu'il arrive fréquemment de pouvoir compter sur des vacataires efficaces, motivés et dynamiques. Mais arrive toujours le moment où ces valeureux éléments se lassent de leur statut et de leur maigre salaire, n'obtiennent pas la pérénnisation qu'ils mériteraient pourtant, et annoncent leur départ. Ce qui entraine de nouveaux appels aux volontaires, de nouvelles séances de recrutement, de nouvelles formations baclées et une pêche de vacataires beaucoup moins miraculeuse. Pendant ce temps un bon tiers des titulaires restants mitraillent leur CV aux quatre coins du pays, les départs non comblés entrainent une accumulation de documents non traités dans les bureaux (ce qui fait râler l'usager sevré de nouveautés), les projets restent lettre morte, les réunions ont des allures de batailles rangées, et les heures supplémentaires parfois nécessaires ne sont, comme le prévoit la loi, pas rémunérées.

Chouette ambiance.