mardi 8 avril 2008

Language Of Flowers - Songs about you [2004]
















Label : l'incomparable Shelflife Records
Indice PCDM : 2.24 - Pop indie

Il y a des chansons magiques, de celles qui vous giflent dès la première écoute. De celles qu'on se passe des dizaines de fois en boucle, de celles dont on se demande comment diable on a pu vivre sans. Et lorsque j'ai lancé un clic curieux pour découvrir Language Of Flowers, j'ai su immédiatement que "Tara mascara" en faisait partie. L'incomparable sensation de décoller dès la première seconde, de rebondir sur la batterie, d'anticiper chaque note... Rien de vraiment original ici pourtant, je pourrais même dire que j'ai déjà entendu "Tara Mascara" cent fois dans le passé à travers d'autres titres. Ceux de Lush pour ce chant féminin décidé et un rien voilé. Ceux des Smiths pour cette pluie d'arpèges qui abreuve une solide ligne électrique que ne renieraient pas les Field Mice. Ceux de dizaines de groupes qui n'ont jamais percé et ne perceront jamais pour cette naïveté touchante. Et même à travers "De l'importance d'être Constant" du grand Oscar Wilde pour ce texte à l'hommage évident. Entendue cent fois donc, mais rien n'y fait : "Tara mascara" est, à mes oreilles, une grande chanson pop.
Et les autres titres, me direz-vous ? Tout simplement une démonstration de ce que la twee pop peut avoir de charmant et d'accrocheur lorsqu'elle est bien jouée, sautillante, sérieuse, désabusée, secondaire autant qu'indispensable. Personne ne citera jamais Language Of Flowers parmi les plus grands groupes de la décennie... mais dieu sait qu'ils rendent les journées meilleures.

Page Myspace

vendredi 21 mars 2008

Gorky's Zygotic Mynci - How I long to feel that summer in my heart [2001]

















Label : Mantra Recordings (chouette label d'ailleurs)
Indice PCDM : 2.24 - pop indie

Mes amis avaient beau me recommander régulièrement ces Gallois, leur nom aussi improbable que leurs pochettes me poussaient à faire inconsciemment la sourde oreille. Plus qu'à ma réactivité, c'est à une joyeuse nuit de cuite que je dois mon salut : confortablement effondré sur un divan, je laissais ces merveilleuses mélodies se faufiler dans les recoins de ma tête embrumée. De longues plages délicates, des violons baroques épousant une série de chœurs haut placés (sublime "Christina"), des ritournelles de comptines pop nappées de Wurlitzer ("Cân megan"), neo-psychedelia comme disent les Anglais, bref un disque intemporel auquel je ne risquais guère d'échapper... dès le lendemain je filais me le procurer. Providentielle cuite. Ma chère médiathèque, quant à elle, dut attendre quelques semaines pour recevoir son exemplaire et la première diffusion fit mouche : il ne fallut que quelques titres pour séduire une bonne partie de l'assistance. Même à jeun, c'est toujours aussi beau.

Mp3 temporaires :
Gorky's Zygotic Mynci - Where does yer go now ?
Gorky's Zygotic Mynci - How I long


samedi 15 mars 2008

Des usages autonomes : une utopie ?

Fût un temps où l'usager souhaitant prolonger le prêt d'un document devait affronter un véritable parcours du combattant. Il devait avoir précieusement conservé le minuscule pense-bête tamponné de la date limite de retour. Il devait venir en personne à la bibliothèque, sans oublier d'amener avec lui le document concerné sous peine de faire demi-tour. Ou, encore plus simple, il ne pouvait pas le faire.

Que propose-t-on aujourd'hui dans ma structure pour effectuer cette opération ? Il y a :
- l'indispensable pense-bête
- la possibilité de nous joindre par téléphone pour connaître les dates de retour de ses documents
- la possibilité de nous joindre par téléphone pour prolonger le prêt de ses documents
- la possibilité d'accéder à son compte-lecteur par Internet
- la possibilité de prolonger ses prêts par Internet
- l'envoi d'un e-mail automatique ou d'une lettre signalant immédiatement un document en retard

Bref, tout ce qu'il faut pour que l'usager heureux puisse gérer ses emprunts avec une liberté sans limites. Seul, comme un grand. Au-to-nome, comme avec son compte bancaire. La classe.
...
Et non. A en croire certains, il faudrait également les avertir une semaine avant la date de fin de prêt. Et à en entendre d'autres (en parfaite santé et en parfait état de marche), il serait bon que nous venions directement à leur domicile pour récupérer les précieux documents. Si ces requêtes ne représentent pas encore la majorité de nos usagers si mignons, elles démontrent que le chemin vers l'autonomie risque d'être encore long... Et que la notion de satisfaction recèle des trésors d'élasticité.

(A noter que j'ai déjà suggéré aux plus acharnés que nous lisions désormais les livres à leur place afin de leur faire gagner du temps. Et à ma plus grande stupéfaction, quelques personnes ont semblé enthousiasmées par une proposition aussi absurde)


lundi 10 mars 2008

Hang the DJ ! [bis]

Seconde expérience en tant que caleur de disques, en trio cette fois-ci. Pop, soul et 60's étaient bien évidemment au programme et les heureux DJ alternaient entre platines et nombreuses pauses cigarettes. En gros :

Camera Obscura - Swimming pool
Postal Blue - I know where your dreams go
The Boo Radleys - Comb your hair
The Left Banke - Goodbye Holly
The Blades Of Grass - Help !
The Beach Boys - Here today
The Millennium - Prelude / To Claudia on thursday
Sandy Salibury - Love divided by two
La Casa Azul - En noches como la de hoy
Lush - Ciao !
Felt - All the people I like are those that are dead
Morrissey - The last of the famous international playboys
The Delgados - Everybody come down
Harry Nilsson - Everybody's talking
Herman's Hermits - No milk today
Sam & Dave - Hold on, I'm coming
Fontella Bass - Rescue me
Sly & the Family Stone - Everyday people
Otis Redding - (Sittin' on) the dock of the bay
The Pretty Things - Walking through my dreams
The Music Machine - Double yellow line
Smoking Popes - You'll never walk alone
The Smithereens - Behind the wall of sleep
Blondie - Hanging on the telephone
Martha & the Muffins - Echo beach
The Cardigans - Rise & shine
Dusty Springfield - I only want to be with you
Sylvan - We don't belong
Denise James - Love has got me crying again
The Crystals - Da doo ron ron
Ike & Tina Turner - River deep, mountain high

(Ni plus ni moins)


lundi 3 mars 2008

[Parenthèse dominicale]

Il y a des journées de boulot qui font plaisir, et ce même en travaillant un dimanche qui clôture une semaine de 45 heures - il faudra que je pense un jour à modifier mon planning : tout est question d'ingrédients. Une affluence bien calculée (pas assez de monde et on s'ennuie, trop de monde et c'est l'usine), des gens détendus et ouverts aux découvertes (les Go-Betweens, Martha Wainwright, Van Hunt et Fontella Bass enchantent désormais de nouvelles paires d'oreilles), des demandes originales et quelques discussions musicales, tout y était. Avec, cerise sur le gâteau, l'arrivée de plusieurs commandes hautes en couleurs : de superbes albums de My Little Airport, Animal Collective, Gorky's Zygotic Mynci, Bryan McLean, Uncle Tupelo ou Eddie Floyd rejoindront bientôt leurs petits camarades dans les bacs, je n'aurai plus alors qu'à assurer leur promotion tout en poursuivant un projet d'exposition.

Bref je ne le dis pas assez mais j'aime profondément mon travail.


dimanche 24 février 2008

Top 10 Phil Spector


















Coffret Back To Mono (4 CD - Abko Records, 1991)


1. The Ronettes - Be my baby
2. The Righteous Brothers - Ebb tide
3. Ike & Tina Turner - River deep, mountain high
4. The Crystals - He's a rebel
5. The Crystals - Da doo ron ron
6. The Righteous Brothers - You've lost that lovin' feelin'
7. Ben E. King - Spanish harlem
8. The Ronettes - You came, you saw, you conquered
9. Gene Pitney - Every breathe I take
10. The Crystals - Then he kissed me

Psychopate, instable, génial, wall of sound, amoureux des flingues et des perruques... Voilà à quoi est souvent résumé ce mythique producteur californien. On oublie trop souvent deux choses essentielles :

- En dépit de son caractère et d'une tendance marquée à s'attribuer le travail d'autrui, Spector savait s'entourer des meilleurs. Jack Nietzsche, Sonny Bono, Gene Pitney, Barney Kessel, Hal Blaine, Carole Kaye et bien d'autres artisans talentueux ont apporté leur pierre à l'élaboration de ces ambitieuses pièces montées.

- Ces chansons étaient totalement extraordinaires. Souvent conçues comme des symphonies pop, elle alliaient simplicité de la forme à une impressionnante complexité du fond et font encore figure de modèles aujourd'hui. Des orgasmes musicaux, voilà le mot.


lundi 11 février 2008

Rions un peu avec les statistiques

C'est un fait répété, transmis, admis, dénoncé : les horaires d'ouverture des bibliothèques françaises sont trop réduits. A l'appui de cette conclusion, un chiffre éloquent : 20h36 d'ouverture en moyenne (statistiques 2004 de la Direction du Livre et de la Lecture). C'est peu. Trop peu. Différents remèdes sont prônés, tels que l'ouverture généralisée des structures le dimanche et/ou en nocturne, ainsi que le recours massif aux vacataires.

Très bien, à un détail près : ces remèdes sont majoritairement prescrits aux bibliothèques de grandes villes, et non aux petites structures de campagne qui n'auraient guère les moyens d'appliquer une telle politique. Jusqu'ici, tout va bien.

Mais l'absurdité de ce beau théorème ne résiste guère... aux statistiques, celles-là mêmes qui concluaient à une aussi faible amplitude horaire. Car ce chiffre de 20h36 englobe des réalités extrêmement contrastées visibles dans ce petit tableau [edit : qui s'obstine à se décaler vers le bas, si vous avez une explication je suis tout ouïe] :
























































Taille communeNombre de bibs% d'inscritsOuverture par semaine
+ de 300.000 hab.711.137h12
100.000 à 300.000 hab.3816.353h57
50.000 à 100.000 hab.8515.233h21
20.000 à 50.000 hab.29916.728h39
10.000 à 20.000 hab.38918.433h28
5.000 à 10.000 hab.64323.221h16
2.000 à 5.000 hab.93023.815h39
moins de 2.000 hab.52131.411h34

Que voit-on ?

- Que même si des efforts doivent encore être fournis, les "grandes" bibliothèques municipales si souvent montrées du doigt ne s'en sortent pas si mal : passée la barre des 5.000 habitants, l'amplitude d'ouverture dépasse largement les 20h dont nous parlions plus haut.
- Que les structures de villes de moins de 5.000 habitants tirent vers le bas la moyenne d'ouverture horaire, du fait de leur nombre conséquent.
- Et que, paradoxalement, ces mêmes "petites" bibliothèques affichent des taux d'inscrits allant jusqu'au double des structures équipées des métropoles (de quoi créer bien des jalousies).

Les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut.



jeudi 31 janvier 2008

Van Dyke Parks - Discover America [1972]

















Indice PCDM : 2.85 - Rock d'influences traditions nationales


Si le mystérieux Van Dyke Parks est reconnu pour ses talents de collaborateur de Brian Wilson, de producteur à l'activité frénétique, de multi-instrumentaliste ou de poète-parolier surréaliste, on fait rarement cas de ses albums solos lesquels, de Song Cycle à à Fisherman & His Wife, ont conscieusement enchainé les échecs commerciaux. Il faut dire que l'aura du garçon peut refroidir le mélomane qui craindra d'avance expérimentations sonores et délires symphoniques où l'on verra tantôt du génie, tantôt un vide sidéral. Grosse erreur.

Car Discover America n'a rien de cela, cet album est au contraire d'une fluidité désarmante. Avec justesse et simplicité, Van Dyke Parks rend ici un hommage appuyé à la musique des Caraïbes où steel drums, choeurs et accordéon s'accordent superbement autour des héros du bonhomme, cités en nombre dans les textes. La température monte et une indolence béate s'installe, parfois détournée par des accents de pop baroque avec violons en bandoulière. C'est cette alliance étrange et un son unique, délicieusement surranné, qui font le sel de ce disque que la triplette Bing Crosby / Steelband music / The Four Mills Brothers porte à très haut niveau. A redécouvrir sans tarder pour mieux supporter l'hiver.


Mp3 temporaires (Yousendit) :

Van Dyke Parks - Bing Crosby
Van Dyke Parks - Steelband Music

Of all the world's famous singers that I have ever seen
On the moving screen
Lawrence Tibbett and Nelson Eddie
Donald Nobis and Morton Downey
Kenny Baker and Rudy Vallee
But the crooning prodigy is Bing Crosby
Bing has a way of singing with his very heart and soul
Which captivates the world
His millions of listeners never fail to rejoice
At his golden voice
They love to hear his "La Di Dah Di dah"
So sweetly with such harmony
Thrilling the world with his melody

I wonder if you heard him singing the song
"May I Be the One to Say I"
I wonder if you heard again
"Everytime It Rains It Rains Pennies from Heaven"
But "Love Thy Neighbor" was a most thrilling song
And "Git Along Little Dogie Git Along"
Unanimously three cheers for
Mr. Bing Crosby




mercredi 23 janvier 2008

Dernier concours ?

Les inscriptions sont enfin ouvertes... Bientôt se tiendra ce qui pourrait être le dernier concours d'assistant qualifié du patrimoine et des bibliothèques. Rire jaune lors de la pré-inscription lorsque l'on découvre le nombre de futurs lauréats de la première couronne.

14.

C'est un gag. Ou un rêve. C'est surréaliste, mieux vaut donc en rire. Comme de la préparation via le CNFPT : si je m'en sors cela tiendra du miracle... et de la vitesse à laquelle j'assimilerai la totalité de la bibliographie. Tout ceci est fondamentalement stupide.

It's the end of the world (as we know it)


jeudi 10 janvier 2008

Soul, funk : une bibliographie

Malgré une bonne série de publications depuis 2005, les ouvrages en français sur le sujet ne sont guère légion. Une raison supplémentaire pour ne pas les manquer et, qui sait, encourager les éditeurs dans cette voie.

Ouvrages généraux :

Encyclopédie de la Black Music / Jacques Barsamian
M. Lafon, 1994. 403 p.
ISBN 2-8409-8028-2 [épuisé]
Une véritable Bible, avec entre autres un riche passage sur les girl groups. A rechercher en occasion.

L'âme sueur : le funk et les musiques populaires du XXe siècle / Olivier Cathus
Desclée de Brouwer, 1998. 248 p.
ISBN 2-220-04183-2
Ouvrage sociologique.

Encyclopédie du rhythm and blues
/ Sébastian Danchin
Fayard, 2002. 695 p.
ISBN 2-213-61224-2
Ouvrage de base, équivalent light du Dictionnaire du rock d'Assayas.

Funk connection / Hervé Crespy, dessins Emmanuel Brughera et Florent Heitz
Vents d'Ouest, 2004. 120 p.
ISBN 2-7493-0150-5
L'histoire du funk en bande dessinée.

Sweet soul music : rythm and blues et rêve sudiste de liberté / Peter Guralnick
Allia, 2004. 512 p.
ISBN 2-84485-130-4
Voir une note détaillée sur cette perle par ici.

Memphis : aux racines du rock et de la soul / Florent Mazzoleni
Castor Astral, 2006. 189 p.
ISBN 2-85920-647-7

Biographies :

I feel good : mémoires d'une vie / James Brown
City, 2005. 256 p.
ISBN 2-915320-50-0
Autobiographie.

Le blues dans la peau / Ray Charles
Belfond, 2005. 440 p.
ISBN 2-7144-4166-1
Autobiographie

Aretha Franklin : portrait d'une natural woman / Sebastian Danchin
Buchet Chastel, 2005. 417 p.
ISBN 2-283-01989-3

Marvin Gaye, l'ange de la soul / Michael Eric Dyson
Naïve, 2006. 295 p.
ISBN 2-35021-012-X

What's going on, Marvin Gaye ? / Ben Edmonds
10/18, 2004. 256 p.
ISBN 2-264-03643-5
Ouvrage centré sur l'oeuvre la plus célèbre de Marvin Gaye.

James Brown : l'Amérique noire, la soul & le funk / Florent Mazzoleni
Hors Collection, 2005. 175 p.
ISBN 2-258-06737-5

On notera l'absence peu compréhensible de livres sur la Motown... A signaler un ouvrage à paraitre sous la plume de Philippe Robert (déjà auteur de cet excellent livre) : "Great black music : funk, soul, rap, jazz, reggae", qui annonce une visite de 110 albums de musiques dites noires, de James Brown à Leon Ware, en passant par Michael Jackson et Marvin Gaye.

Et pour terminer, n'hésitez pas à passer par ce site : http://www.40ansdefunk.com