samedi 1 septembre 2007

Discographies sélectives

Je l'avais déjà développé dans cette note : sans une collection solide de livres, de dictionnaires et d'encyclopédies musicales, il apparait absurde d'accumuler rééditions rares et auteurs obscurs. Personne n'a la science infuse, et tout le monde ne passe pas ses journées à guetter la moindre annonce sur le site du label Rev-Ola.
Pour cette raison, votre serviteur s'est lancé dans la rédaction de plusieurs cahiers sur le thème des "trésors cachés du rock", thème classique s'il en est, en l'adaptant au fonds de la médiathèque. Uniquement des disques que nous possédons, donc. Un guide par décennie, comportant chacun une quarantaine d'articles avec pochette présentant par le menu les découvertes qui attendent l'usager curieux. A titre d'exemple, voici la sélection provisoire des années 60 :

Anthologie - Nuggets I & II [1964-1969]
The Association - French 60's SP & EP collection [1966-1968)
The Beau Brummels - Introducing the Beau Brummels [1965]
Duncan Browne - Journey : the anthology [1967-1993]
Judy Collins - Colours of the day [1966-1970]
Jackie DeShannon - Come and get me : the best of [1958-1980]
Dion - The road I'm on [1966-1968]
Family - Family entertainment [1969]
Chris Farlowe - I'm the greatest [1966-1968]
The Flying Burrito Brothers - The great palace of sin [1968]
Jackson C. Frank - Blues run the game [1965]
Margo Guryan - Take a picture [1968]
Kaleidoscope - Tangerine dream [1967]
The Left Banke - There's gonna be a storm [1967-1969]
Love - Forever changes [1967]
Joe Meek - Portrait of a genius [1955-1966]
The Merry Go Round - Listen, listen : the definitive collection [1966-1969]
The Millennium - Magic time [1966-1968]
The Monks - Black monk time [1966]
Montage - Montage [1969]
The Music Machine - Ignition [1965-1969]
Fred Neil - Tears down the wall / Bleeker and MacDougall [1964-1965]
Billy Nicholls - Would you believe [1968]
Harry Nilsson - Pandemonium shadow show / Aerial ballet / Aerial pandemonium ballet [1967-1971]
Jack Nitzsche - Hearing is believing [1962-1979]
Laura Nyro - Stoned soul picnic : the best of [1966-1994]
Os Mutantes - Everything is possible [1968-1971]
The Red Crayola - The parable of arable and / God bless the Red Krayola... [1967-1968]
Sagittarius - Present tense [1968]
Buffy Sainte Marie - It's my way [1964]
Evie Sands - Any way that you want me [1969]
The Sunshine Company - The Sunshine Company [1967-1969]
The Zombies - Odessey & Oracle [1968]

lundi 20 août 2007

Bodies Of Water - Ears Will Pop & Eyes Will Blink [2007]



Label : Thousand Tongues
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie"

Je comptais vous parler du dernier Suzanne Vega, de Jason Falkner ou de Martha Wainwright, mais une note d'Impunité zéro a changé la donne. Et quand on tombe sur un groupe pareil on n'a plus qu'une envie : crier leur nom sur tous les toits. Il y a chez Bodies Of Water la ferveur de Fairport Convention et la folie collective d'Arcade Fire, teintée d'une touche de Morricone ; influences profondément américaines pour ce groupe californien qui pourrait définitivement torpiller une Angleterre déjà musicalement moribonde. "These Are The Eyes" est le genre de chanson que l'on attend rarement, fantastique chevauchée, succession de feux d'artifices qui doivent prendre une ampleur peu commune sur scène... Et dire que l'album n'est actuellement disponible que via leur site ! Ah bon sang, pourvu qu'ils soient distribués bientôt.

Site officiel
Page Myspacee


jeudi 2 août 2007

Anna King - Back To Soul [1964]



Label : Shout Records
Indice PCDM : 1.413 - Soul

Divin débroussailleur des années 60, Cherry Red Records ne se contente pas de nous abreuver de merveilles pop : via le label Shout, c'est une perle soul dont il est ici question. Et à dire vrai, il y a longtemps que je n'avais pas pris pareille claque à l'écoute d'un disque. Enregistrés en 1963 et 1964, les titres mêlent rythmiques impeccables et cuivres au taquet. Là-dessus vient s'ébrouer la voix effarante d'Anna King, parfois soutenue par une touche d'orgue... Parfait de bout en bout, avec une pochette à l'avenant. Il est regrettable qu'elle ne nous ait pas laissé plus de matériel avant de quitter la soul pour le gospel, mais une chose est sure : les fans de James Brown vont adorer. On remercie gracieusement l'excellente revue Soulbag pour cette belle découverte.

Mp3 temporaires :

Anna King - I Don't Want To Cry
Anna King - Make Up Your Mind




vendredi 27 juillet 2007

Quand l'ogre culturel vient jouer les agneaux

Depuis quelques temps, le simple fait d'ouvrir un journal ou de lire les dernières dépêches d'agence équivaut à mettre un route un insupportable robinet d'absurdités. Dernière aberration en date, la manière dont le gouverment compte lutter contre le phénomène du téléchargement illégal :

"Si on continue comme ça, on va tuer la culture", a déclaré Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, cité par l'AFP. Celui-ci s'est exprimé en marge du Conseil des ministres pour expliciter la position du Président de la république. "Depuis 2002, le marché du disque a diminué en France de 40% et on commence à percevoir des signes importants de chute pour l'industrie du cinéma."

C'est Christine Albanel, ministre de la Culture, qui va prendre le relais sur ce dossier brûlant. Elle devrait mettre en place une commission ad hoc qui serait présidée par Denis Olivennes, PDG de la Fnac. Celle-ci sera chargée d'apporter des solutions concrètes pour sauver la culture à l'heure du tout numérique quand beaucoup d'internautes se laissent tenter par les sirènes du téléchargement illégal d'oeuvres protégées.

Ou comment être juge et parti en un claquement de doigts. Les innombrables disquaires disparus n'avaient pourtant pas eu besoin d'Internet pour fermer leurs boutiques et participer malgré eux à l'implacable uniformisation de l'offre culturelle : la Fnac était déjà là pour ça, comptant les cadavres et les bénéfices. Encore merci. Merci également à la pugnacité journalistique du Monde et à notre nouvelle Ministre de la Culture qui commence sa mission d'une fort belle façon.

On peut désormais s'attendre à la création d'une commission chargée de la préservation des labels indépendants... avec Pascal Nègre à sa tête ?


vendredi 13 juillet 2007

Travailler en bibliothèque

[Nouvelle note, je profite des vacances]

Pour celles et ceux qui ne sont pas encore découragés par le scalpage actuel des effectifs de la fonction publique, voici une liste non exhaustive de sites proposant régulièrement des offres d'emploi en bibliothèques, médiathèques et centres de documentation :

ANPE [code ROME 32214]
Centres de gestion de la fonction publique territoriale
La Gazette des communes
Liste de diffusion des bibliothécaires
Liste de diffusion des discothécaires
Livres Hebdo
Talents [annonces de Télérama]


Ne pas hésiter à jeter un oeil sur l'excellent billet de Vagabondages sur le travail en bibliothèque.


Good night, and good luck.

dimanche 8 juillet 2007

"Pourquoi vous ne pouvez pas acheter ce DVD ?"

Une question qui revient fréquemment de la part des cinéphiles... Le fait est que, contrairement aux livres, un bibliothécaire ne peut pas toujours acquérir le DVD qu'il souhaite. Un écueil qui découle directement de la réglementation sur le prêt des documents vidéo par les bibliothèques.
En effet, ces derniers ne peuvent être acquis via des fournisseurs traditionnels tels qu'une Fnac ou autre enseigne locale ; il faut obligatoirement passer par un grossiste spécialisé tel que CVS ou l'ADAV. Pourquoi ? Parce que ce grossiste aura négocié avec l'éditeur les droits de prêt et de consultation pour chacun des films qu'il affiche au catalogue. En clair : une bibliothèque n'a pas le droit de prêter un document vidéo non validé par cet accord - impossible donc d'accepter un don de la part d'un usager généreux.

Cette réglementation particulière, qui vise sans doute à protéger les vidéo-clubs d'une concurrence déloyale, ne va évidemment pas sans quelques conséquences facheuse pour les bibliothèques. L'éditeur peut refuser tout droit de prêt pour un film ou un documentaire, qui ne pourra donc être acquis * (c'est le cas de la fabuleuse série Juke Box Revival, dont les droits sont désormais épuisés). Mais il peut également fixer un prix suffisamment dissuasif pour décourager une bibliothèque de l'acquérir : comptez ainsi 86€ pour le DVD de l'excellent Spinal Tap, auquel j'ai bien entendu renoncé. Si les tarifs ne sont heureusement pas tous de ce niveau, ils restent au dessus des prix du marché et peuvent inciter une petite municipalité à limiter de façon drastique le fonds de documents vidéo.


* Un droit dont les éditeurs de livres ne peuvent plus bénéficier, conforméments aux accords passés en 2003 sur les droits de prêt


vendredi 6 juillet 2007

Elliott Smith - New Moon [2007]



Label : Kill Rock Stars
Indice PCDM : 2.35 - Folk rock

Outre sa large contribution à la bande originale du film "Good will hunting" qui lui avait valu les honneurs des Oscars, Elliott Smith disposait d'une faculté rare : il était absolument incapable de composer une mauvaise chanson. A leur manière, chacun de ses cinq albums publiés le démontre encore. Quatre ans déjà... quatre ans depuis le grand saut et ce qu'on pensait être le point final. C'est aujourd'hui que Kill Rock Stars publie ces titres qui tournaient déjà sur le Net depuis quelques temps. Composés à l'époque des albums "Elliott Smith" et "Either / Or", ils ne brillaient pas encore des cascades de pianos et de violons qui pareraient ses disques suivants : c'est juste un homme et sa guitare que l'on entend ici. On ne reviendra pas sur la voix d'Elliott, seule égale à elle-même et touchante au-delà des mots. On dira en revanche que ces chansons, si elles n'atteignent pas la fulgurance mélancolique d'un Between The Bars, trouvent enfin la place qu'elles méritent. Exposées en pleine lumière, elles offrent un nouvel épisode au talent d'un songwriter alors capable de laisser de côté des merveilles telles que Riot Coming, High Times ou New Disaster, et dévoilent ici une brillante reprise de Big Star, là des versions alternatives de Miss Misery et Pretty Mary K.

Merci...

'Cause it's alright, some enchanted nights I'll be with you


Mp3 temporaires :

Elliott Smith - Riot Coming
Elliott Smith - Angel In The Snow




jeudi 21 juin 2007

The Supremes - Reflections [DVD]



Editeur : Universal, 2006
Période couverte : 1964 - 1969

Quand on a l'opportunité de sélectionner des acquisitions, il arrive que l'on tombe sur une perle rare... qu'on ne manque pas de visionner en priorité pour mieux en profiter. En l'occurence ce DVD entièrement consacré aux mythiques Supremes, et acheté par le biais de CVS pour la somme ridicule de 23 euros (droits de prêt et de projection compris !) est un pur bonheur. Seize prestations télévisées des trois dames présentées par ordre chronologique, du Steven Allen Show (24 septembre 1964) au Hollywood Palace (18 octobre 1969). Les plus grandes chansons répondent - presque - toutes à l'appel : I Hear A Symphony bien sur, mais aussi Stop In The Name Of Love, My World Is Empty Without You (honteusement copiée par The Coral sur leur Dreaming Of You), Baby Love, Come See About Me... Robes 60's et chorégraphies inimitables s'affichent fièrement dans ces prestations peu à peu colorisées, dont le kitch assumé se pare d'un irrésistible charme. Avec en bonus plusieurs titres à cappella, des sous-titres passionnants et une visite dans le coeur des studios Motown. Qu'importe l'aspect poupées dociles à l'attitude aussi lisse que la coiffure : ces comptines adolescentes étaient avant tout de très grandes chansons, distillées par de brillants compositeurs à peine plus âgés que leurs jeunes interprètes. On ne les oubliera pas...


samedi 16 juin 2007

De la perception des bibliothèques

L'annonce de la fermeture administrative temporaire du Batofar, péniche-salle de concert amarrée en bord de Seine, a fait le tour du Web musical francophone de par la diffusion massive d'un communiqué de presse que l'on retrouve un peu partout (ici par exemple).

Outre le fait que les motifs de ladite fermeture ne sont aucunement mentionnés dans le communiqué envoyé par les dirigeants du Batofar, on peut se poser quelques quelques questions quant à la perception de la culture par ces derniers :

"Nous invitons notre public ainsi que les différents acteurs du secteur culturel à nous soutenir en relayant cette information au maximum [...]. Et si un jour ces lieux devaient se transformer en musées ou bibliothèques, ce sera toujours l'occasion pour les générations futures d'admirer le triste tableau d'une culture uniformisée".

Des lieux culturels obligatoirement vecteurs d'une volonté étatique d'uniformisation, une perception visiblement toujours en vigueur... Après une vérification rapide, les bacs de disques voire même la programmation des concerts de ma chère médiathèque affichent pourtant un éclectisme plus prononcé que la majorité des soirées proposés au Batofar. Mais encore faut-il se rendre dans les bibliothèques pour s'en rendre compte... Toute mesquinerie mise à part, il reste quelque peu malvenu de cracher sur les acteurs du secteur culturel quand on sollicite leur soutien.

samedi 2 juin 2007

Sylvain, musicos librarian

Quand un bibliothécaire met la main à la pâte pour composer, le résultat est parfois brillant. Si j'ai tendance à déserter ma guitare depuis ma prise de poste, d'autres fort heureusement ne renoncent pas et pourraient se retrouver un jour en position de cataloguer leurs propres albums. C'est tout ce qu'on peut souhaiter au sieur Sylvain Chuzeville, membre avignonnais du très bon groupe lyonnais Ex-Magnolia.

A écouter :
http://www.myspace.com/sylvainthelibrarian
http://www.myspace.com/exmagnolia