dimanche 22 janvier 2012

Ally Kerr - Off The Radar [2008]


Né au nord du mur d'Hadrien, Ally Kerr partage avec les Delgados l'amusant honneur d'avoir vu l'une de ses chansons utilisées dans un anime : la jolie Sore Feet Song lui a valu ainsi une notoriété inattendue parmi les amateurs de mangas. Quatre ans plus tard, "Off The Radar" confirmait son talent de la plus simple des manières : ce disque est somptueux. On y trouve l'évidence mélodique des Lucksmiths au service de chansons qui charment dès la première écoute telles que There's a World, véritable démonstration de songwriting ("It's like I'm scared to face right up to what is true / my mind conditionned to protect what it once knew / 'cause all my thoughts revolve around one point of view / but there's a world, I got to make it to"). Amorino fait résonner la même corde intérieure que le Twilight d'Elliott Smith. Une tristesse lumineuse qui fait naître le sourire, une chanson à écouter en solitaire, les yeux clos et une main sur le coeur. L'entendre pour la première fois lors d'un concert hivernal avait fait disparaître les contours et le public du Heavenly Cafe, seuls restaient à mes yeux un musicien et sa guitare pour une éclipse touchante. La même beauté mélancolique court tout au long du disque jusqu'au long final piano-guitare de Footprints qui réveille les plus beaux rêves de Belle & Sebastian. Oh Glasgow, so much to answer for...



P.S : En concert gratuit à Paris (Pop In) le jeudi 26 janvier.

jeudi 24 novembre 2011

jeudi 17 novembre 2011

Nick Garrie - bientôt de retour à Paris

A l'origine ça a été une réédition Rev-Ola, acquise à l'époque où j'étais ravi d'acheter tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la sunshine pop. Bonne pioche : "The Nightmares of J.B Stanislas", stupéfiant recueil de folk lumineux publié en 1969 par le label français DiscAZ et plombé par le suicide du patron Lucien Morrisse au même moment. Bad timing.


Surprise en 2009 : Elefant Records, référence en matière d'indiepop plus ou moins sucrée, annonce un nouvel album. "49 Arlington Gardens" ne déçoit pas : Nick Garrie garde un talent indéniable de mélodiste et une voix gracile malgré les quarante ans écoulés, excusez du peu. Il  envoie de superbes ballades guitare-piano (Twilight, She Hides Behind The Sun), adapte Apollinaire (Le Pont Mirabeau). Ces chansons sont touchantes, et, disons le, belles dans leur fragilité.


Ce fut un vrai plaisir que de le découvrir sur une scène écossaise à l'hiver dernier. Et il m'offrira bientôt une autre belle surprise en nous faisant l'honneur d'ouvrir la prochaine soirée Another Sunny Night le 17 décembre prochain. En très bonne compagnie bien évidemment puisque Peru et The Wendy Darlings feront aussi le déplacement. On voit que Noël approche.

mardi 25 octobre 2011

Pushy Parents - Secret secret [Elefant, 2011]

Les Scandinaves ont souvent le don de me mettre sur le cul ces deux là mériteraient un prix spécial pour l'ensemble de leur œuvre. Pushy Parents marque la réunion de Roger Gunnarsson et Amanda Aldervall, une première depuis la fin de Free Loan Investments. Avec Nixon et The Garlands d'un côté et le très bon album de The Andersen Tapes de l'autre, ils n'ont jamais cessé de revitaliser la scène indiepop suédoise à coup de singles de premier choix. Avec l'apport de Daniel Jansson (Anna Ternheim) et Le Prix (Kylie Minogue) ils ajoutent à leur palette une touche mainstream bienvenue.

Résultat : un single réellement accrocheur, un brin synthétique, où la voix transformée d'Amanda décolle au son du DX7 et d'une rythmique toujours nerveuse.



Si "Secret Secret" a les atours d'une parfaite face-A, les autres titres sont également d'un très bon calibre. Tous en écoute sur le site d'Elefant, ils tracent le même sillon avec quelques écarts 60's. Seul regret : conçu en tant que projet studio, Pushy Parents ne montera probablement jamais sur scène.


lundi 10 octobre 2011

Another Sunny Night #7 : playlist et vidéo

Une liste plus courte pour cause de créneau réduit, à noter les jolis succès à l'applaudimètre de Ataque de Caspa et Papa Topo.

Shrag - Talk To the Left
The Magnetic Fields - You and Me and the Moon
Crystal Stilts - Shake the Shackles
Electric Six - Danger! High Voltage!
Ray Parker Jr - Ghostbusters
Lily Allen - Not Fair
Ataque De Caspa - Nigeria
Papa Topo - Lo Que Me Gusta Del Verano Es Poder Tomar Helado
Tender Trap - Oh Katrina

Il faut dire qu'après la folie déclenchée par Mikrofisch les gens étaient prêts à danser :

dimanche 2 octobre 2011

Hang the DJ once more! une playlist

Premier passage derrière les platines du Pop In pour un ping-pong fort sympathique. A peu de choses près j'ai passé :

Band A Part - No sé por qué
April March - Coral bracelet
Liechtenstein - All at once
Lynne Randell - Stranger in my arms
The Chiffons - One fine day
Smokey Robinson - Going to a go-go
Evie Sands - I can't let go
The Foundations - Build me up buttercup
The Velvelettes - Needle in a haystack
Martha & the Vandellas - Nowhere to run
The Starlets - I'm your kinda guy
Lily Allen - Not fair
Le Tigre - Deceptacon
The Cardigans - Rise & shine
The Garlands - Why did I trust you?
Allo Darlin' - The Polaroid song
Lush - Single girl
Eux Autres - Molly
Heavenly - Nous ne sommes pas des anges
Martha & the Muffins - Echo beach
Language Of Flowers - If it's not you
Veronica Falls - Beachy head
Sons & Daughters - Darling
Betty & the Werewolves - Heathcliff
Love Is All - Wishing well
White Town - Your woman
La Casa Azul - La revolucion sexual
Helen Love - Beat him up
The Hidden Cameras - Ban marriage
The Sea Urchins - Pristine Christine
Talulah Gosh - Talulah Gosh
Bobbie Gentry - Raindrops keep falling on my head (final)

vendredi 23 septembre 2011

Lo que me gusta del verano #4 : Solletico

  

Auteurs voici deux ans d'une démo ces Madrilènes offrent aujourd'hui leur nouvel EP "Los Oxidos Metalicos" en téléchargement gratuit, soit 5 titres garnis de guitares, ukulélé, banjo, melodica, xylophone, violon, piano, triangle, handclaps... l'arsenal twee est de sortie et m'évoque parfois les Gallois de Little My - les déguisements d'animaux en moins - pour cet amateurisme assumé. C'est parfois bancal mais cela n'empêche pas pour autant de trouver ici une très jolie chanson pop : étonnamment chantée en italien, Eravamo In Tre reste ma favorite et l'une de mes plus mignonnes découvertes du printemps. Maladroite sans aucun doute, fragile telle un château de cartes qu'un souffle ferait disparaître... et superbement nostalgique. Las Barbas Del Capitan poursuit dans le même ton, bouclant cette parfaite bande-son pour après-midi ensoleillé. Ni vital ni indispensable, juste charmant et ça suffit parfois.

jeudi 15 septembre 2011

Prochaine Another Sunny Night le 7 octobre

Programme original pour cette soirée automnale qui ne comptera aucun groupe britannique : déjà présentés en ces pages, Cineplexx et Mikrofisch seront accompagnés par Gulcher pour un come-back attendu. A dans deux semaines !


ASN#7

samedi 20 août 2011

Brideshead - Comeback [2010]

Label : Shelflife

Découvrir un groupe à l'occasion d'un disque de reformation tient de la roulette russe tant l'exercice est casse-gueule (demandez donc à House Of Love). Les Go-Betweens avaient réussi un coup de maître en la matière avec "Ocean Apart", sauf qu'on parle là de la plus brillante paire de compositeurs que l'Australie ait produite. Pas d'un groupe allemand inconnu au bataillon et n'ayant à son actif qu'un album sorti dix ans plus tôt. Brideshead donc. Sauf que :


La guitare est parfaite. La batterie sonne exactement comme il faut. Le chant dégage une douceur idéale, une compassion qui fait de Love In June la chanson de rupture la plus réconfortante qui soit. Le genre de chanson dont la simple pensée me colle le sourire, bref une pépite. L'hameçon nécessaire pour me faire commander ce petit EP qui vaut bien ses frais de port mastocs : good choice. C'est concis, pop et tout à fait charmant, gorgé de guitares jangly et de mélodies qui attachent comme une bruine écossaise. J'espère avoir bientôt l'occasion de les voir live pour sautiller sur The World Stopped Turning et fredonner le refrain de Me And The Stars avec le même sourire aux lèvres.

dimanche 14 août 2011

Souvenirs d'Indietracks

C'est peu dire que j'attendais depuis longtemps ce retour dans les prés du Derbyshire. Indietracks ne change pas. Les popkids flânent entre les trois scènes, enquillent les real ale, passent d'un train à l'autre et s'échangent mixtapes et potins. Plaisir de retrouver des dizaines de têtes connues avec la sensation déroutante de jouer les billes de flipper au gré de rencontres impromptues et toujours trop courtes. See you later! Cette cuvée 2011 m'a permis de voir enfin Butcher Boy et Very Truly Yours sur scène pour des concerts à la hauteur de leurs superbes chansons. Et si je regrette un faible nombre de découvertes, j'en garde encore des souvenirs qui valent bien les heures confiées à Eurostar et East Coast.

Vendredi, 20h(?)
Le manque de sommeil me coupe déjà les jambes lorsque je retrouve Tom et Rob de Red Shoe Diaries qui m'offrent un exemplaire de leur nouvel EP. J'attendais de l'avoir dans les mains depuis des mois, et les notes de pochette m'ont réservé une surprise de taille :

Tandis que je restais bouche bée devant ces remerciements inattendus, Tom se fit un plaisir d'en remettre une couche en expliquant que leur concert parisien avait compté dans la progression du groupe ; qu'ils avaient été réellement touchés par cette invitation, la première en dehors de Grande-Bretagne. Pas sur qu'ils l'aient été autant que moi en lisant ces deux dernières lignes. Y a-t-il un sens à ces heures passées à préparer, accueillir, vérifier, stresser, promouvoir ? Ce ne sont que des petits concerts après tout... mais je sais à présent qu'ils peuvent être importants. Deep down in the place where music makes you happier.

samedi, 19h30. Help Stamp Out Loneliness
Je n'ai pas hésité longtemps avant de sacrifier Math & Physics Club pour revoir les auteurs de mon album fétiche de 2011. Visuellement au top. Placés à l'arrière, le triangle des garçons monte le mur du son tandis que les filles attaquent, claviers et chœurs en première ligne. Tout au centre, Lucille D. Campbell est toujours irrésistible de classe. Sur le dernier titre, le concert passe d'excellent à orgasmique : Split Infinitives, ou sept minutes irrésistibles. C'est le moment choisi par un ballon, puis un parapente, pour survoler la scène à basse altitude tandis que les guitares ferraillent toujours. Les garçons prennent les chœurs en guise de final, bien trop près du micro, pour un fou rire général. Épique, et top.

Went out for the weekend, it lasted forever
Got high with my friends, it's officially summer

samedi, 20h30. The Hidden Cameras
Les musiciens sont là, le public grossit de minute en minute, et rien ne se passe. La brusque coupure de courant survenue pendant Help Stamp Out Loneliness est plus grave que prévue et les mauvaises nouvelles arrivent : plus de générateur pour la grande scène, le concert aura lieu en fin de soirée sur la Indoor Stage... Alors que les spectateurs s'éloignent, les Hidden Cameras nous offrent le plus beau moment du weekend. Attrapant guitare, violoncelle et flûte, ils tentent crânement un set totalement unplugged : pas de micro, pas d'ampli. Et les centaines de témoins chanceux d'affluer, silencieux, pour saisir cet instant. A Miracle. Indeed.



dimanche, 18. White Town

Encore souriant du concert de Haiku Salut dans la Church Stage, je surveille l'heure pour ne pas manquer un set surprise de White Town... dans la tente de mershandising. Traquenard. Achat du disque de Haiku Salut et discussion avec les trois demoiselles du groupe, retrouvailles de Heather et Matthew (Big Pink Cake) pour de nouvelles acquisitions. Je réalise alors que Jyoti alias White Town est en place juste dans mon dos et je m'assois alors qu'il égrène ses premières notes, dégageant encore une fois une gentillesse désarmante. En voilà un qui sait instaurer une ambiance en un tour de main. La petite nouvelle Cut Out My Heart est jouée, tout comme l'inoubliable... Your Woman



dimanche, 23h. 
Le weekend touche à sa fin, et c'est remis d'aplomb par un curry et une agréable pause au wagon-restaurant que nous nous glissons dans le poussiéreux Marquee pour profiter du DJ set des Grecs de The Boys Who Couldn't Stop Dreaming. Les garçons nous offrent une playlist bétonnée et cette dernière heure nous voit danser et jouer les pois sauteurs sur St Christopher, Crystal Stilts, The Sunnyboys et autres bombes pop. La fraîcheur nocturne nous cueille hilares et couverts de sueur pour attraper le dernier train-navette direction la gare de Swanwick. On n'aurait pu demander meilleur final.

Meilleurs concerts vus : The Garlands, Very Truly Yours, Haiku Salut, Help Stamp Out Loneliness, Withered Hand, Butcher Boy, Just Handshakes (We're British), The Wendy Darlings, White Town, Pocketbooks.