jeudi 5 mars 2015

Desperate Journalist - Desperate Journalist [Fierce Panda, 2015]



Il y a le disque qu’on guette depuis des mois, celui dont on parcourt les chroniques enthousiastes avant d’y risquer une oreille. Et il y a l’album surprise, l’inconnu absolu dont on tape le nom sur Spotify après l’avoir lu dans la programmation de son festival favori, et qui colle un sourire immédiat. Titre d’ouverture, « Control »  est lancé par une judicieuse cavalcade de guitares et un refrain à double effet kiss cool. Le chant féminin ne manque pas d’énergie, avec un timbre évoquant irrésistiblement Katie Sketch de The Organ. Plutôt judicieux de placer un single aussi bien troussé en guise de hors d’œuvre mais si c’est pour planquer dix titres bancals façon Stuart Murdoch des années 2010 autant le dire tout de suite hein, on gagnera du temps. Suspens de courte durée, on constate avec ravissement que la suite est à l’avenant. Des mélodies qui vont toujours dans la bonne direction, une voix qui touche juste dans une ambiance indie 80’s du meilleur effet, pour une cohérence jamais démentie. A l’instar de l’excellent « Chorus » de Literature cet album fait office de bloc dont peu de titres semblent se détacher de prime abord. On l’écoute d’une traite, puis on réécoute, guettant ses propres coups de cœur tels que « Distance », sa ligne de basse et ses répétitions finales – GOOD! –  Et puis « Cristina ». Et « Heartbeats », parce que j’aime les valses. Savourons car ils ne sont pas si courants, ces disques dont toutes les chansons vous tapent dans l’œil. Et comme la vie est parfois bien faite cette petite bande au nom un brin douteux vient de Londres, on aura donc probablement d’autres occasions d’en profiter sur scène. 


mercredi 6 août 2014

Indietracks Festival 2014 : home is where POP is


For many when they step they alight from the old fashioned train, onto the old fashioned platform, they aren’t just heading into a festival but are arriving home. And it is the combined sound of the train whistle and our favourite bands that call us back year on year. (louderthanwar.com)

 Trève de flemmardise, il est temps de coucher sur l'écran mes impressions de ce sixième séjour au Midland Railway Centre, Derbyshire, qui endosse chaque été ses atours de Mecque de l'indiepop. A peine descendu du train à vapeur emprunté à Butterley Station, je suis encore une fois frappé par la sensation d'être de retour à la maison. Déjà un an... Rien n'a changé. Les quatre scènes (extérieur, intérieure, dans l'église, dans un train), les stands, la plage de sable qui accueille familles et singalongs, les bénévoles plus ou moins âgés du site déjà à l’œuvre. Et tous ces visages familiers, les potes rencontrés au gré des concerts : il est quasiment impossible de ne pas tomber sur une connaissance toutes les trente secondes.

Bien qu'ayant manqué TeenCanteen, nous sommes dans les temps et déjà ravitaillés en cidre et glaçons pour voir Spearmint ouvrir le bal sur la grande scène. Malgré un son encore léger, la bande de Shirley Lee réussit son entrée avec une sélection de haut niveau : Sweeping The Nation et We're Going Out font naitre sourires et premiers pas de danse au sein des arrivants. Autre chose que la Scène Bastille quasimment vide où je les avais découverts en 2006.


C'est l'heure des retrouvailles, suspendues pour ne pas surtout pas rater l'arrivée de The Chills. La présence des vétérans néo-zélandais est un petit événement et vu l'amour que je leur porte mes attentes sont hautes... et très vite rassurées. Voilà le genre de concert où vous sentez dès les premières notes que vous allez passer un grand moment. Le son est superbe et rend justices à ces guitares kiwi pop matinées de Byrds et de REM. Ma voisine prie pour entendre Pink Frost, je réclame Heavenly Pop Hit : nous sommes tous deux comblés, et cette dernière chanson m'offre le premier gros choc du weekend. Ouch.


Si mon enthousiasme retombe un brin pour Allo Darlin' - que j'aime toujours autant, mais que j'ai déjà vus à moultes reprises - force est de constater que le quatuor joue définitivement à domicile. La foule compacte reprend chaque refrain en cœur, le concert est énergique et parfaitement maitrisé. Paul Rains semble avoir gagné en présence en s'offrant un tour au micro, avant qu'Elizabeth Morris ne revienne seule pour une émouvante interprétation de Tallulah. Arrivée sur scène d'Emma Kupa des regrettés Standard Fare, puis des Just Joans pour une formidable reprise de If You Don't Pull. Statut de têtes d'affiches assumé haut la main, mais était-ce une surprise ? Suite de soirée passée au calme avant la marche de retour (la présence d'un autre festival local ayant singulièrement asséché la source de taxis) et longues discussions devant le Travelodge. 4AM, il est l'heure de récupérer un peu pour la suite.

vendredi 21 février 2014

The Proctors - Everlasting light [Shelflife Records, 2013]




Drôle d'histoire que celle des Proctors. Fondés en 1993 par Gavin Priest sur les cendres des excellents Cudgels, ils publièrent plusieurs singles en deux ans avant de s'éteindre. Définitivement ? La flamme indiepop les réveille d'un baiser près de vingt ans plus tard. Voilà les Proctors de retour sur scène, salués à Indietracks et dans plusieurs Popfests dont celui de New York, rien que ça. De nouveaux 45-tours font leur apparition. Leurs prestations live vont crescendo, le quatuor est désormais mixte et compte notamment l'infatigable Lisa Bouvier à la basse. Et pas question de s'endormir cette fois : Shelflife se fait le devoir de publier Everlasting light, premier véritable album que l'on n'espérait plus et qui frappe fort d'entrée. Difficile en effet de garder la tête froide à l'écoute de "The Trouble With Forever", ses mélodies aériennes et son refrain parfait où la voix de Margaret Calleja s'ajoute en soutien extérieur. Les arpèges carillonnants sont de sortie, tout comme le chant nappé d'écho. Pas de surprise, on a bien affaire à un disque d'indiepop telle que l'entendait Sarah, les Field Mice et quantité d'autres qui auraient vendu leur collection de cardigans pour les deux minutes trente-cinq d'une face-A réussie. Alors pourquoi écouter Everlasting Light aujourd'hui ? Pour la seule bonne raison d'écouter encore et toujours de la pop et de se repaitre de ses codes : les chansons auxquelles le groupe semble totalement dévoué. Pour "Fun Sunday" où Margaret tente une belle échappée. Pour "Perfect World", magistrale, qui avait donné le ton de ce come-back en se hissant à la hauteur du "Pristine Christine" des Sea Urchins. Pour ces touches de mélancolie et d'automne qui colorent chaque changement d'accords. Pour la production judicieuse de Ian Catt, pour la présence même partielle de Terry Bickers des éternels House Of Love. Pour le plaisir anticipé de les revoir sur une scène anglaise en repensant à ce fabuleux concert parisien. Et parce que même si l'on n'a jamais cru aux contes de fées, on se prend à sourire devant une Belle au bois dormant aussi joliment réveillée.



mercredi 20 mars 2013

où je parle de Johnny Marr, de ma guitare, et de la façon dont ils se sont rencontrés

En 2003, j'avais vingt ans. Les études m'avaient emmené du côté de l'agglomération bordelaise. La ville offrait son lot de concerts et si besoin Paris, Bruxelles ou Perpignan n'étaient jamais trop loin. Dix ans plus tard j'ai beau multiplier les weekends londoniens, le fait est que je râle dès qu'il s'agit de pousser jusqu'à la Flèche d'or. J'avais consacré 90 euros de mes économies à l'achat de ma première guitare folk, une Dallas aussi humble que bien disposée à subir mes maladroites tentatives de jouer "Live Forever". J'écrivais aussi beaucoup, au point d'avoir contribué à créer un fanzine papier. Et le fan transi que j'étais n'avait peur de rien et n'hésitait pas à appeler salles et tour managers pour obtenir ses premières interviews. The Pretty Things et April March figurent encore aujourd'hui sur une cassette à jamais fichée dans un vieux dictaphone.

A l'époque The Smiths m'accompagnaient en permanence, pour le meilleur comme pour le pire. Et c'est dans ce contexte que fut publié le premier véritable album solo de Johnny Marr, soit Dieu en personne. De méventes en concerts annulés, sa tournée française se réduisit bientôt à un arrêt nantais ; qu'importe, billets de train et hôtel furent réservés en un tour de main. Rendez-vous pris pour le 27 mars. Sans projet d'interview mais avec un feutre argenté en poche et une guitare sur le dos. 
En y repensant il n'est même pas étonnant que je me sois retrouvé seul devant l'Olympic à une heure aussi stupidement avancée, les énormes dates d'Oasis à Wembley m'ayant donné de fausses idées quant à l'heure d'arrivée décente à un petit concert printanier. Le début d'après-midi n'entrait clairement pas dans ce cadre. C'est grâce à un régisseur mille fois remercié que la suite se produisit. Me proposant tout simplement d'entrer, il me permit d'assister à mes premières balances... que j'ai prises comme un mini-concert dont j'étais le seul spectateur, témoin discret se tenant gauchement au fond de la salle. Les réglages terminés, le régisseur me proposa d'amener ma guitare backstage afin qu'elle obtienne la signature tant espérée. Il partit avec au pas de course... et revint alors que je hochais encore frénétiquement la tête. La caisse était toujours désespérément vierge.
"C'est bon, il arrive en fait".
..............................................................................

Bienvenue dans la quatrième dimension, dans le merveilleux paradis des sucettes géantes, dans un monde féérique où Johnny Marr va arriver les mains dans les poches pour dédicacer une pauvre guitare folk à un gamin transi. Normal, parfaitement normal. Il arrive d'ailleurs, souriant, et descend de scène pour venir à ma rencontre et me serrer la main. Je n'ai aucune idée de ce dont nous avons pu discuter, à plus forte raison quand ma maîtrise de l'anglais à l'époque était aussi enthousiaste que totalement chaotique. Tout juste puis-je me souvenir que l'émotion ressentie ne m'a pas empêché de tenir la conversation et de conserver un minimum de dignité. Le voilà finalement qui appose soigneusement sa dédicace sur ma chère guitare... oh, comme ça en valait la peine de la trimbaler tout au long du Bordeaux-Nantes. Et le voilà qui... l'accorde. C'est gentil, je ne dis pas, mais quelle drôle d'idée. Et ayant remarqué mon t-shirt Oasis le voilà qui... se met à jouer une chanson de ses potes mancuniens. Johnny Marr joue sur MA guitare, pour moi. La quatrième dimension de tout à l'heure était une vaste rigolade. Je ne sais pas exactement dans quel monde un Johnny Marr vous chante la sérénade mais j'ai fichtrement envie de m'y installer ad vitam eaternam. Histoire d'en rajouter une couche, cerise sur le gâteau, j'ajoute ma voix à ces cordes qui n'ont jamais aussi bien sonné. Peur de rien le gamin, autant profiter au maximum de ces incroyables trois minutes qui s'achèvent en me laissant totalement béat. Je récupère l'instrument désormais baptisé et Dieu prend gentiment congé en se retournant vers les quelques journalistes présents. Plus personne ne me prête attention, j'en profite pour laisser éclater ma joie avec un grand bond... sauf que Marr me fait déjà face à nouveau, rigolard, en me tendant son médiator. Au revoir, dignité.

Le concert lui-même ne pouvait soutenir le niveau. Peu de souvenirs autres qu'un moment agréable devant un public clairsemé. Who cares? J'ai toujours cette guitare et je n'en ai jamais eu d'autres. Je continue à jouer maladroitement Eighties Fan, Asleep On a Sunbeam ou The Importance Of Being Idle... et je la perds rarement des yeux. Encore merci Johnny.
 

mercredi 5 décembre 2012

Another Sunny Night devient un label : White Town à Paris !

Quand mes deux camarades et moi avons créé notre mini-association au printemps 2010 dans le seul but d'aider deux groupes que nous aimions à jouer à Paris, nous ignorions la quantité de démarches nécessaires et n'y connaissions pour ainsi dire rien à l'organisation de concerts. Pour autant cette première soirée fut une réussite et nombreux furent ceux venus applaudir Allo Darlin', The Smittens et les éphémères Signifier / Signified. Le bouche à oreille se mit en marche, les contacts se multiplièrent. Deux ans et demi plus tard, ce sont 35 de nos groupes favoris qui ont joué et transpiré dans le sous-sol de l'International entre "grands noms" (tout est relatif) tels que Tender Trap et Nick Garrie, ou découvertes enthousiasmantes façon Stars In Coma, Mikrofisch ou The Spook School. 

Le projet de sortir un disque est né il y a plus d'un an, peu après la première venue en France de White Town. Là encore c'était une première, mais c'est bien son nouveau 45-tours que nous publions. Il est prêt. Il est beau. Et on en est ravis.


Jyoti Mishra n'est pas tout à fait un inconnu. Auteur de l'un des plus beaux tubes des 90's avec "Your Woman" il a joué pour la première fois en France le 14 mai 2011 à l'occasion de notre cinquième soirée, offrant une brillante ouverture à The Starlets et Panama. L'idée d'un nouveau disque a ensuite fait son chemin : concentré de pop ensoleillée, "She's a Lot Like You" est publié à 300 exemplaires numérotés avec deux faces-B inédites. 

Pour fêter ça, White Town revient à Paris le 11 janvier prochain ! La grande release party aura lieu au Motel à partir de 21h avec un concert gratuit suivi d'un DJ set. En bonus, un second concert aura lieu le lendemain après-midi à la Médiathèque d'Issy-les-Moulineaux.


mercredi 19 septembre 2012

Pendant ce temps, à la médiathèque

Une collègue du secteur Jeunesse devant un charmant bébé hurleur : "Je lui planterais bien mon crayon dans la jugulaire..."

lundi 17 septembre 2012

Radical Face - The Family Tree : The Roots [2011]


Ben Cooper : trente ans, un physique de bûcheron pour la finesse de l'archer. Si le temps a passé depuis ce "Ghost" inaugural, ses mélodies en ont profité pour atteindre insidieusement quantité d'oreilles avec la gracile Welcome Home, désormais liée à différentes publicités dont une campagne à grande échelle de Nikon. Passé le sentiment d'incongruité, on a pu se réjouir de voir une composition intime se retrouver ainsi à portée du plus grand nombre. Combien auront poussé la curiosité jusqu'à son successeur ? L'absence de chronique sur la bible Allmusic nous fournit une piste : sans doute une minorité, mais ces happy few n'ont pas regretté le voyage. Car si la case folk fournit encore son lot d'artistes interchangeables au look pastoral, Ben Cooper ne tarde pas à démontrer qu'il a gardé de l'or dans les doigts. Beaucoup. Passée une timide introduction, on retrouve un piano qui pose la rampe de lancement pour de superbes plages de chant. Il pleut des mélodies, littéralement. Elles s'entrecroisent, interpellent, s'éloignent tandis que la guitare et les lignes de cordes semblent faire reculer l'horizon. Formule magique, les frissons ne sont jamais loin. Superbe Black Eyes, beauté de Ghost Towns à la mélancolie contagieuse. La fin s'approche déjà. Ben Cooper lance Mountains, grave des portraits de personnages en quelques esquisses. La montée est exquise mais cela suffira-t-il ? On se dit que les dix chansons passées nous ont montré le truc, qu'il en faudra plus pour faire mouche... jusqu'à cette rupture de la deuxième minute. La mélodie s'élève encore, captivante, comme un dernier trait subtilement empenné qui touche droit au coeur. Le genre de coup qui laisse bouche bée avec la seule envie de réécouter pour revivre le même instant de stupéfaction ravie. Je ne suis décidément pas prêt d'arrêter d'acheter des disques...


White Town - Monopole [2011]


 "How do you feel about being a one-hit wonder?
- Better than being a no-hit wonder!"

L'année écoulée restera assurément un excellent cru musical pour Jyoti Mishra avec des concerts enthousiasmants dont une première date française, pas moins de quatorze ans après le carton de Your Woman. Vite retourné à ses racines DIY après ce crochet chez EMI, le résident de Derby poursuit depuis sa carrière en auto-production et vient sans doute de publier (attention, poncif) son-meilleur-disque-à-ce-jour. Un tiers synth-pop, un tiers power pop, un tiers acoustique : couvrant les différentes facettes du bonhomme, Monopole évite la monotonie et présente un équilibre bienvenu. On y trouve un tube potentiel (Cut Out My Heart), des courants électriques salvateurs hérités des Lemonheads et quantité de sentiments mis à nus. Til I Die, I Don't Want To Fall In Love Again, juste portée par quelques cordes de guitares... L'album du divorce, tel qu'on qualifiait Here, My Dear de Marvin Gaye, qui exprime la contemplation et regrets pour tout ce qui irrémédiablement perdu, dans une tentive de sublimation de la solitude. Deux sourires naissent néanmoins avec les accents 80's de How Love Feels et surtout She's a Lot Like You, comptine pop ensoleillée et futur single dont on reparlera en ces pages.


et pour le souvenir...


mercredi 11 juillet 2012

Another Sunny Night #11 le vendredi 13 juillet

Onzième soirée, deux ans depuis le passage de la tornade Allo Darlin' dans le sous-sol de la rue Moret. Retour à l'International ce vendredi pour une soirée pop gratuite qu'on espère bien ensoleillée. Cliquez !


J'avais eu l'occasion d'écrire tout le bien que je pense de The Garlands. Ça valait la peine d'attendre : le quintet de Stockholm arrive enfin à Paris. Quant à Standard Fare, ils comptent parmi les meilleurs groupes live de la scène indiepop et alignent déjà deux albums et quantité de singles remarquables.


A vendredi !

vendredi 15 juin 2012

Cloetta Paris - Secret Eyes [Skywriting records, 2008]


Deux points à souligner : 1) j'apprécie de plus en plus la synth-pop. 2) Comme l'affirme un groupe lastfm de bon goût, Roger Gunnarsson is a fucking hero.

La partie synth-pop n'était pourtant pas gagnée tant une passion dévorante pour les Smiths m'a longtemps tenu à l'écart de toute ce qui ressemblait à un synthétiseur, avec une méfiance accrue lorsque les claviers honnis avaient l'outrecuidance de clamer leur filiation 80's. Human League ? Fucking no way! Le bon sens a fait un retour progressif avec la découverte d'excellents singles, "Scandinavian Warfare" (Champagne Riot) et "Cut Out My Heart" (White Town) notamment, puis la nécessité de renouveler mes setlists pour différents dj sets. Et là dessus arriva la bombe Mikrofisch, ou comment l'italo-disco d'un trio allemand retourna le public de l'International pour l'un des concerts les plus jouissifs que nous ayons organisé. 

Bref me voici donc prêt pour tester ce disque sorti il y a 5 ans par monsieur Gunnarsson, dont les différents groupes brillent déjà aux quatre coins de ma discothèque : Nixon, The Garlands, Free Loan Investments, et le récent - et phénoménal - EP de Pushy Parents. Tant qu'à être stakhanoviste autant bien faire les choses, indeed. "Did We Collide" se lance et je tombe amoureux. Des mélodies tracées aux claviers, des enchainements parfaits et de ce beat prompt à secouer tout un dance-floor de popkids dans la seconde, liés par la production éclatante du magicien suédois. "Beat Street" est remuante comme pas permis, "Broken Heart Tango" teintée de mélancolie, "So Serious" offre un sourire immédiat, et l'ensemble bénéficierait déjà d'une mention plus qu'honorable avant que le chant s'en mêle. Cette voix féminine si haute, presque désincarnée, qui pare chaque titre de glace et de larmes détachées entre envolées et courts talk-over, propulsant ce Secret Eyes au rang de fabuleux album pop. Les six-cordes et le piano n'ont définitivement plus l'apanage des mélodies instantanées pour moi, et Sally Shapiro sera ma prochaine étape sur les traces de Roger Gunnarson.