Discobloguons

Espace musical d'un discothécaire

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mardi 9 février 2010

Top 2009 #6

Patrick Wolf - The bachelor [Nylon]

Je n'aime pas les pantalons en cuir, je n'aime pas beaucoup les guitares glam et je ne connaissais pas Patrick Wolf il y a encore quelques mois. Cependant j'adore le violon et je ne suis pas plus immunisé qu'un autre contre les titres efficaces, d'où la présence de ce Bachelor dans mon palmarès. Car cette pochette résolument hideuse cache une collection de chansons spectaculaires qui s'agrippent au tympan sans lui demander son avis : "Hard times" est un cadeau empoisonné, un roller-coaster d'énergie qui laisse encore l'auditeur sans voix après une bonne centaine d'écoutes. Les passages plus apaisés font frissonner. Et comme si ça ne suffisait pas Wolf chante de façon magistrale... J'échangerais volontiers mes white label de Morrissey pour avoir une voix pareille.

Titres favoris : Hard times, Thickets, Damaris, Oblivion

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lundi 8 février 2010

Faillite à prévoir pour les amoureux d'indie pop

Parce que les albums et 45 tours parus chez Elefant, Cloudberry, Weepop et autres Shelflife sont rarement dans les bacs des disquaires du coin...
Parce que les commandes directes chez les labels sont parfois alourdies de couteux frais de port...
Parce qu'il est fatiguant de guetter en vain le facteur pendant 2 semaines...

Rendez vous sur le site de Hands & Arms, miraculeuse boutique qui poste les disques de Field Mice, Lichtenstein et Postal Blue depuis le 11ème arrondissement. A des prix raisonnables et sans frais de port pour la France.

Nos collections peuvent remercier ma camarade Clem pour sa découverte. Quant à nos portefeuille, ils vont vite tirer la tronche.

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Top 2009 #7

Balmorhea - All is wild, all is silent [Western Vinyl]

Bien qu'elle soit toujours aussi difficile à définir, la musique pop instrumentale est capable d'attendre des sommets comme ce disque le prouve dès la première écoute. Sur "Settlers" le piano se place au premier rang, rejoint par des guitares discrètes et de somptueuses lignes mélodiques tissées par les violons qui tournent parfois à l'orage électrique. L'ambition est perceptible : là où Virginia Astley se contentait d'évoquer une journée campagnarde, la bande d'Austin propose un mini tour du monde. Tout en lyrisme mais sans excès aucun, l'auditeur est projeté au dessus de paysages rêvés, de l'Ouest américain aux glaciers scandinaves... Onirique plus que planant, et définitivement beau.

Titres favoris : Harm and boon, March 4 1831, Night in the draw

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dimanche 7 février 2010

Top 2009 # 8

Dear Reader - Replace why with funny [City Slang]


Plusieurs mois ont passé et toujours pas de lassitude à l'écoute de ces talentueux Sud-Africains déjà chroniqués en ces pages. Des arrangements exquis, des chœurs judicieux,et une voix claire entre Emmy The Great et Kate Nash font briller des compositions teintées d'ambiances cinématographiques. Une tournée avec Get Well Soon leur a permis de découvrir la France au printemps dernier, espérons qu'ils y aient pris goût.

Titres favoris : Dearheart, Everything is caving, What we wanted

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samedi 6 février 2010

Top 2009 #9

The Pains Of Being Pure At Heart - st [Slumberland]

On est d'accord Field Mice et consorts ont déjà tout dit sur le sujet, et pourtant l'avènement de ces New Yorkais est un vrai bonheur pour nombre d'accros à l'indie pop. Parce que même déjà entendues, leurs chansons dégagent une énergie et une fraîcheur qui les rendent tout à fait irrésistibles. Parce qu'on continuera à écouter un single comme "Everything with you" avec plaisir pendant les dix prochaines années. Parce que les moins de trente ans peuvent enfin s'exploser les tympans en s'offrant un retour au début des 90's. Et parce que leur décollage inespéré montre que même les amoureux de Sarah records ont encore une chance en 2009. 

Titres favoris : Everything with you, Young adult friction, Come saturday, This love is fucking right !


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vendredi 5 février 2010

Top 2009 #10

Bowerbirds - Upper air [Dead Oceans]



Merveilleux moment que fut celui d'entendre Bowerbirds pour la première fois. Doté d'une production soignée à l'extrême, "Upper air" prend ses plus beaux atours dans la solitude et la semi-pénombre. L'accordéon présent au soutien se révèle vite indispensable pour distiller une agréable mélancolie. 

Titres favoris : Chimes, Beneath your tree, Northern lights.

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lundi 25 janvier 2010

Sarah Jarosz - Song up in her head [2009]


Label : Sugar Hill records
Indice PCDM : 9.86 - Bluegrass

Do you hum a little tune all day long ?
Do you hear my name in the chorus of your song ?
When you sing your song does it make you feel brand new ?
Tell me, darlin', please tell me true


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Du haut de ses dix-sept printemps Sarah Jarosz nous vient d'Austin, Texas. Et histoire de faire mentir le poète elle a visiblement d'autres passions que glander sous les tilleuls ou se pinter à la limonade. Sur son premier album elle endosse ainsi les rôles d'auteur, compositeur, interprète, multi-instrumentiste et co-producteur... et s'en sort haut la main dans tous ces domaines. Bien entouré par Chris Thile et Jerry Douglas son jeu en picking sied aussi bien au banjo qu'à la guitare, habillant des chansons telles que Left home ou Tell me true sans oublier - bon goût oblige - une impeccable version du Broussard's lament des Decemberists. Si une telle précocité peut à juste titre faire rêver le public pop, on note que miss Jarosz est loin d'être un cas isolé au sein du circuit bluegrass. A onze ans de moyenne Nickel Creek stupéfiait ainsi les festivals. Quant à la violoniste Tatiana Hargeaves, elle vient de publier son premier album à tout juste quatorze ans. Avec dix-huit mois de plus Sierra Hull passerait presque pour une mémé. De quoi vous filer des complexes... Dernier point commun pour tous ces prodiges : on n'est hélas pas près de les voir jouer en France. On se contentera donc d'écouter des disques tels que celui-ci, premier effort d'une musicienne qui pourrait aller loin.


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dimanche 24 janvier 2010

London Popfest : J-32

On le sait, tous les prétextes sont bons pour aller à Londres. Les Zombies ne semblant guère décidés à aligner un 3ème concert d'adieu annuel, j'ai fort heureusement trouvé une excellente raison d'aller vider mon compte en banque chez les disquaires Britons. Prenez un festival d'indiepop dont la taille réduite ferait passer Indietracks pour Glastonbury, une programmation alignant les Just Joans en tête d'affiche et des concerts prenant place dans quatre bars différents, vous obtenez le London Popfest. Pints of lager et harmonies vont couler à flots dans tout juste un mois.

Affiche :

Rose Melberg, Withered Hand, The Pines, Rob Price (Airport Girl), The Just Joans, The Garlands, Horowitz, The Sunny Street, Ballboy, Shrag, Dorotea, Allo Darlin’, Soda Fountain Rag, Standard Fare, Horse Shoes, White Town, Humousexual, Leaving Mornington Crescent

A surveiller :

- les charmants The Sunny Street dont "Pottery and glass" ensorcelle déjà mon nouveau studio.
- le come back surprise : White Town et son "Your woman", auteur en 2006 d'un brillant album twee.
- et surtout, surtout : les Ecossais de Just Joans, auteurs avec "What do we do now ?" et l'hilarante "Hey boy... You're oh so sensitive" de deux des plus belles chansons de la dernière décennie. Pas mal pour un groupe dont la discographie se résume à un EP introuvable et un split-45 tours.





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mercredi 7 octobre 2009

Cola Jet Set - Guitarras y tambores [2009]



Label : Elefant records (what else ?)
Indice PCDM : 2.24 - Pop indie

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Un deux.
Un deux.
Je comptais faire une petite note à caractère bibliothéconomique (mes quelques doutes sur les miracles de l'ouverture dominicale par exemple) mais la dernière formation a mis mes méninges à rude épreuve. Va pour la musique donc, puisque Indietracks résonne encore dans mes oreilles.
Allergiques au sucre, passez votre chemin : sur ces 13 titres les Espagnols de Cola Jet Set offrent une pop enjouée, rayonnante, dont chaque note semble parler d'amour et d'été éternel. Les guitares carillonnantes esquissent un clin d'oeil aux Byrds ("El sueño de mi vida") et les choeurs lancent des harmonies et des choubidoubidou comme plus personne n'ose en faire ("Subidubi"). Seul écueil : les Barcelonais ne font pas dans la demi-mesure et certains crieront à l'overdose sous les assauts d'une production Haribo jusqu'au bout des cordes. Difficile cependant de ne pas fondre tant ces chansons aux tons d'arc-en-ciel réjouissent le coeur jusqu'à une curieuse valse instrumentale qui sonne la fin du bal.



Le disque qui va bien avec : "Brand new knife" de Shonen Knife.


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mardi 1 septembre 2009

EXCLU : la réaction d'Hitler au split d'Oasis

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lundi 10 août 2009

The School



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Non, The School n'a rien d'original. Mené par Liz Hunt qui en compose les titres, ce groupe originaire de Cardiff se place comme tant d'autres (dont Camera Obscura) au croisement de l'indie pop et des girl groups 60's. Ce qui le distingue de la masse est probablement cette faculté à n'écrire, à l'heure actuelle, que des bonnes chansons. Qu'on prenne "All I wanna do" et son intro en forme d'hommage, "Valentine" et ses claviers très Belle & Sebastian, les refrains entraînants de "I want you back" et "Shoulder", sans compter une magistrale reprise de Left Banke ("And suddenly") le groupe tient bon la barre. Résultat : la petite troupe galloise a signé avec le fameux label Elefant après seulement... 4 concerts, avec un premier album prévu pour octobre. Peu de chances de les voir jouer en France d'ici là, mais quelques sympathiques amuses-gueules pour patienter :


And suddenly / George Washington Brown - (split 45 tours, Slumberland)


Let it slip EP (CD 4 titres, Elefant)
Let it slip / Shoulder / I want you back / I don't believe in love


All I wanna do / Valentine (45 tours, Elefant)


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mardi 4 août 2009

Indietracks review part 1

Samedi 25 juillet :

Atterrissage à East Midlands Airport. Nous voici au milieu de Nulle Part, Angleterre, pour un premier imprévu : il faut deux bonnes heures pour rejoindre le camping en car. Légèrement paumés, nous effectuons le trajet en compagnie de jeunes Chinois qui s'avèreront être les Marshmallow Kisses. Dégat collatéral : nous loupons Downdime, Little My (on se rattrapera sur leur mershandising) et les Japonais de Sucrette, entendus de loin en montant les tentes. Comme prévu le festival se tient sur un vieux site de chemin de fer préservé : les rails bordent la Elefant Stage, la Indoor Stage prend place dans un hangar tandis que la Church Stage accueille des concerts plus intimistes dans une petite église. Evidemment dominé par les indie poppers, le public compte aussi des retraités et des familles avec enfants, drôle de mix.

14h40 : ex-Heavenly, ex-Talulah Gosh, Amelia Fletcher arrive à la tête de Tender Trap. Les noms de groupes changent mais deux décennies de circuit indie pop n'entament pas un songwriting d'excellent niveau. Le soleil brille, c'est le moment de plonger dans les bacs à disques où Liz Hunt (The School) semble partie pour claquer son salaire annuel. Problèmes de son dans la Indoor Stage pour Friends, on part suivre la fin de set des revigorants Italiens de Fitness Forever.

Dès lors on ne décollera plus de la grande scène, avec les punchy Frank & Walters suivis de mes chouchous Speedmarket Avenue... visiblement inconnus ici comme ailleurs si l'on en croit le public clairsemé. Mes craintes quant au chant se révèlent vite infondées : la divine Sibille Attar place parfaitement sa voix et hypnotise les garçons tout en enquillant moultes vodkas. Les vagues shoegazing de "Tell me no", le final brillant de "Sirens", tout s'enchaine parfaitement jusqu'à "Way better now" qui fait enfin rebondir les festivaliers. Concert de la journée pour votre serviteur qui récupère allongé dans l'herbe en compagnie de quelques pintes. Tout près la xylophoniste de Little My déguste une glace italienne, et le soleil est toujours de la partie... plus pour très longtemps hélas, et les nuages s'accumulent à l'arrivée de Camera Obscura. Leur concert au Point Ephémère m'avait déçu mais Tracyanne Campbell a visiblement fait des progrès : beaucoup moins stressée elle assure enfin de bonnes parties vocales, plaisante avec le public et rend justice à une parfaite collection de chansons pop. La pluie menace mais coup de chance, c'est l'heure de retourner à l'intérieur pour Emmy The Great... qui n'est pas sur scène, ses musiciens étant perdus en pleine campagne. Débuté avec une heure de retard son set est malheureusement expéditif mais la très jeune dame a une voix surprenante et des chansons folk à faire palir la plupart de ses contemporains : "We almost had a baby", "Absentee", "Dylan"... Manque "War" sacrifiée sur l'autel du timing. Final sur une reprise de "Where is my mind" et on n'échappe pas à l'averse. L'unique membre de La Casa Azul cloture la journée avec un show étrange mais apprécié (jolie version de "En la noches como lo de hoy"). La programmation des disco pop est alléchante mais la fatigue nous coupe les jambes. Retour aux tentes.


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lundi 3 août 2009

Indietracks review part 2

Dimanche 26 juillet :

Impossible d'y échapper : la bruine est là et ne nous lachera pas de la journée. La Church Stage se retrouve prise d'assaut et je dois jouer des coudes pour découvrir The Understudies : coup de coeur de la journée, ils sont superbes.

Je ne suis pas le seul à apprécier... un peu de retard aux stands et le dernier exemplaire de leur disque me passe sous le nez. Damned. Direction la grande scène où les Espagnoles de Cola Jet Set conjurent le mauvais temps à coups de chansons aussi colorées que leurs collants. Me demande si je pourrais le trouver en import pour la médiathèque, on ne peut pas dire que la pop espagnole soit très répandue dans nos bacs. 13h40, c'est au tour de The School. J'étais déjà amoureux de leur "All I wanna do" et je me régale de ces titres pop / années 60 proches de Camera Obscura, notamment "Let it slip" et "Shoulder". Le guitariste/claviériste se révèle très prolixe et peu perméable à l'esprit twee : "Does anybody else still got a hangover ? Does anybody else don't have socks ? ... We're fucked" : le fait est qu'ils sont joliment bourrés. Difficile pour la pauvre Liz Hunt de rester concentrée au micro avec pareils voisins.

Nouvelle chasse aux disques (c'est criminel d'en vendre autant), retour à l'abri pour suivre les Smittens. Figures de proue du label Weepop au même titre que Pocketbooks (que l'on retrouvera plus tard) ils régalent le public avec un concert quasi parfait, s'offrant une reprise du superbe "What do we do now ?" des Just Joans. Le genre de groupe qu'on n'aura jamais l'occasion de voir en France, le genre de groupe pour lequel ce festival existe. Bonheur.
S'ensuivent les seules déceptions du weekend : même dans le cadre d'une église en bois,le trip hop neurasthénique de Hong Kong In The 60's me fait piquer du nez. Dommage, ça sonnait bien sur disque. Quant à Cooper leur intérêt se concentre dans deux reprises réussies de Evie Sands et des Buzzcocks, le reste sonnant comme du Ocean Colour Scene espagnol : trop gras.
Totalement anachroniques pour l'endroit, les Art Brut mettent tout le monde d'accord : guitares redoutables et chanteur hurlant dans le public ("No ! Don't be twee ! Stop sharing your sweets !"). Après deux jours d'arpèges et d'harmonies les oreilles chancellent sous l'assaut, les festivaliers transpirent et se marrent. C'est l'heure du bouquet final : les plus beaux héritiers des Byrds, les Teenage Fanclub sont là. Chant parfait, Rickenbaker au taquet, ils égrènent leur interminable liste de merveilles ("Your love is the place where I can from", "Start again", "Ain't that enough", "It's all in my mind"...) et quelques nouveaux titres dont "Baby Lee" :

Over now. Près de 50 groupes ont joué avec ferveur, sans égo, constamment mélangés aux fans (jusqu'à dormir dans le même camping pour la plupart, ce n'est pas tous les jours qu'on croise Emmy The Great allant prendre sa douche) et partageant un amour sans failles de la musique. Regrets de ne pas avoir vu plus de concerts, d'avoir manqué la soirée d'ouverture et les prestations improvisés au gré des rencontres entre musiciens, de ne pas avoir été au bon endroit lors des concerts surprises des Just Joans et de Talulah Gosh... La prochaine fois n'en sera que meilleure. J moins 360 et quelques.




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vendredi 10 juillet 2009

Indietracks festival : J-14

... avec des nouveaux noms annoncés. Entre autres réjouissances :

Harmonies écossaises :


Vitamines suédoises :


Carnaval des animaux :


Larmes folk :


Tirage de tronche :


Sucreries sonores :


Et des ateliers, pop quiz, disco pop... 24 au 26 juillet, entre Derby et Nottingham (Angleterre), toutes les infos par ici.
Ca va donner.

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mardi 23 juin 2009

Censure d'Orelsan dans les bibliothèques parisiennes : C. Girard persiste, signe...

...et s'emmêle les pinceaux :

http://www.lejdd.fr/cmc/culture/200923/orelsan-censure-girard-s-explique_215591.html

"Vous parlez de textes qui "insultent les homosexuels". Exemples?
- C. Girard : "Les filles kiffent les mecs efféminés comme si elles étaient lesbiennes", ou encore: "je hais les trav depuis que j'ai failli niquer un Brésilien". La plupart des femmes qui sont intervenues sur ce dossier ont ressenti ces phrases comme insultantes.

A votre avis, M. Girard :
1) Considère que l'association "mecs effeminés" / "femmes" relève d'une insulte vis à vis des homosexuels ?
2) Considère qu'une défiance exprimée vis à vis des transsexuels (suite à une malencontreuse expérience qui plus est) relève d'une insulte vis à vis des homosexuels ?
3) Considère qu'il est logique de mettre en avant l'opinion de "la plupart des femmes" pour juger d'une supposée insulte vis à vis des homosexuels ? (à se demander qui d'Orelsan ou de M. Girard devrait être tenu au silence...)

Votez.

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lundi 22 juin 2009

1+1+1 = Nickel Creek



Tout est parti de Chris Thile, suite à la commande par un collègue de son dernier disque : "How To Grow a Woman From the Ground", paru chez Sugarhill en 2006. Moi qui n'y connait rien en bluegrass, j'y découvrais un jeune prodige de la mandoline capable d'aligner des instrumentaux de haute volée sans jamais laisser son talent étouffer les compositions.

Tout récemment, ce fut une chronique de Mojo qui me fit connaître Sara Watkins. Sa voix douce et ses lignes de violons me firent fondre de suite et j'achetai immédiament ce premier album ; ah, ce "Same Mistakes"... Album produit par John Paul Jones (tiens donc) qui l'avait poussée à se lancer en solo.

La dame avait donc un groupe : Nickel Creek. Comptant également son frère Sean Watkins et... Chris Thile. Et au contraire de nombreux "supergroupes" ronflants des années 70, la fusion de ces talents a produit de quoi enchanter bien des oreilles. Réuni à l'âge précoce de douze ans le trio n'a publié que merveilles, sortant le bluegrass de sa coquille conservatrice pour lui offrir des parures folk, pop, jazz, voire celtiques comme en témoigne cette divine reprise des Irlandais de Planxty :



Un éclectisme qualifié par les critiques américains de "progressive bluegrass" qui leur permet de dévaler des instrumentaux avant de sidérer l'audience par une reprise jouissive de... Britney Spears :



Aurai-je la chance de les voir en France, tant un groupe issu du circuit bluegrass peut avoir de difficultés à franchir l'Atlantique ? C'est tout le mal que je leur souhaite... en attendant d'écouter les efforts solo de Sean Watkins et de mieux connaître leur amie Sarah Jarosz. Tous chez Sugarhill Records.


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vendredi 5 juin 2009

Il y a des jours où on est ravi de ne pas travailler à Paris

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/06/05/les-disques-d-orelsan-ecartes-des-bibliotheques-parisiennes_1202887_3246.html#ens_id=1202972

La Mairie de Paris a retiré de ses 60 bibliothèques de prêt le disque du chanteur de rap Orelsan, Perdu d'avance, "dont les textes insultent les homosexuels et glorifient la violence faite aux femmes", a annoncé, jeudi 4 juin, Christophe Girard, adjoint PS chargé de la culture. "Si nous sommes attachés à la liberté artistique, il est indispensable d'éviter qu'un public mineur et non averti soit confronté à l'étude de (tels) morceaux", précise l'élu parisien dans un communiqué. Le syndicat Supap-FSU s'est ému de cette décision, qu'il assimile à de la censure.


On appréciera l'explication toute en nuances de M. Girard qui pourrait nous permettre de résoudre instantanément les problèmes de manque d'espace pour les collections : un petit coup de Javel et nos chères têtes blondes seront à l'abri. Le fait que le disque concerné soit plutôt mauvais ne lui interdit à ce jour ni d'exister, ni d'être vendu. Il s'agit d'une oeuvre de fiction, pas d'une publication politique extremiste. Il a donc toute sa place en médiathèque, que les oreilles soient averties ou non.


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dimanche 3 mai 2009

L'été 2009 s'annonce twee

J'aurai l'occasion d'en reparler : fin juillet, votre serviteur et ses acolytes s'envoleront vers la campagne anglaise pour savourer deux jours de sucreries pop au milieu des fleurs et des locomotives à vapeur :

Indietracks Festival – click for more details!

Des dizaines de groupes charmants à découvrir allongés dans l'herbe, des sets acoustiques sur des trains, des bières et de la glace, à croire qu'ils m'ont préparé un cadeau d'anniversaire en avance. Que j'ai hâte !

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mercredi 15 avril 2009

Dear Reader - Replace why with funny [2009]



Label : City Slang
Indice PCDM : 2.24 - Pop indie

On connaissait la pop néo-zélandaise et la pop australienne, manquaient encore les Sud-Africains pour reformer le Tri-Nations : c'est désormais chose faite grâce à Dear Reader, plus beau nom de groupe depuis... The Pains Of Being Pure At Heart, au moins. Célébrée tant par Magic que par les Inrockuptibles (qui parlent parfois de musique, comme quoi), l'aura de ce premier album nous parvient après un voyage de 8.000 kms le long d'un fuseau horaire : on peut deviner les difficultés à se faire entendre sur la scène internationale pour des natifs de Johannesbourg. Atout maître : la voix haute tendance glacée de Cherilyn MacNeil. Autres cartes fortes : les chansons. Riches en arrangement hypnotiques qui laissent la part belle au piano et aux violons, "Dearheart" ou "Bend" se rendent indispensables de par leur charme insidieux qu'on pourra savourer au cours d'une tournée printanière en compagnie des brillants Get Well Soon. Rendez vous est pris.



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mardi 31 mars 2009

Coup de coeur : Emmy The Great - We almost had a baby



Single extrait de l'album "First love" [TBC, 2009]


C'est encore une jolie découverte de Twist que Emma-Lee Moss, folkeuse originaire de Hong Kong qui vient de sortir son premier album. Et son single inaugural, paru voici quelques mois, la place d'entrée en première division. La voix décidée, claire, un rien vibrante la rapproche de Martha Wainwright. Si aucun refrain ne se dégage, on s'incline devant la beauté des mélodies et des arrangements (l'entrée du violon en fin de couplet est un modèle du genre). Comme toutes les bonnes chansons folk, "We almost had a baby" raconte une histoire ; le phrasé est parfait, le texte simple et sans pudeur. On pense à Suzanne Vega, on savoure les choeurs qui s'installent au fur et à mesure. Et on la repasse encore.


Well you didn’t stop
When I told you to stop
And there was a month
That I wasn't sure

The next time I saw you
Out on the river
I'd have something to say
Other than "pay me all of the money you owe"

I would have liked to
To have something above you
To have something to hold
And know I could choose to grow

I would've called you
And I'd have said "hey
You know I'm in control
I'll let you know if you have to come and choose a name"

Well, I am a woman
But before I met you
I was only a kid
You know
When you thought you would break me
But you wanted to take me
So you did.

And I will think of you now
That we are apart
I've put my hand across my gut
I plan to beat it with a heart

I'm not the girl you remember from the start
I was only a baby
Now I'm what you made me

For once, you hit the spot
Twice, you let it fall
And once I tried to make a light
To keep myself in yours

Do you think of me
When you are playing?


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mardi 24 mars 2009

Rencontres de l'ACIM : un point sur les aspects juridiques

L'ouverture de ces rencontres nationales a permis d'aborder en profondeur l'angle juridique des musiques en bibliothèques, sujet ô combien épineux : absence de "fair use", multiplication des jurisprudences, modifications législatives en cours... L'introduction de Gilles Vercken, avocat, et les débats qui ont suivi (notamment entre représentants de la SACEM, du SNEP, de juristes et de professionnels des bibliothèques) ont délimité assez clairement les possibilités que les lois sur les droits d'auteurs offrent aux bibliothèques en dehors du prêt : elles sont quasiment nulles.

- Le point "c'est-moi-qui-l'ai-fait" : sorti des œuvres tombées dans le domaine public (du moins jusqu'à l'extension programmée de la durée de protection des interprétations), tout est protégé. Chanson, texte, pochette, rien ne peut être communiqué ni présenté sur un site web sans l'autorisation expresse des ayant droits. Même dans le cadre d'une structure non commerciale, même dans un but de promouvoir l'artiste. Reste qu'en pratique, le risque d'être poursuivi pour affichage sauvage de pochette de disque est plutôt réduit.

- Le point pratique "deezer à la médiathèque" : comme je le craignais, l'affichage de playlists Deezer sur le site ou le catalogue d'une bibliothèque est légalement impossible, l'utilisation du service n'étant permise que dans le cadre du cercle de famille comme précisé dans les conditions générales du site (on sait que les bibliothécaires forment une grande et heureuse famille, mais tout de même...).

- Le point "vous-perdez-rien-pour-attendre" : interrogé au sujet de l'absence de rémunération concernant le prêt des disques en bibliothèques (contrairement à leurs petits camarades documentaires), M. SNEP a admis regretter que des problèmes de contrats propres aux artistes ne lui ait point permis de traiter ce dossier en temps voulu. Fort heureusement, la clarification de ces soucis internes va lui laisser tout loisir d'étudier de près la question du prêt en ligne dès que ce dernier se sera généralisé. Gare à nos fesses, les intérêts vont être à la hauteur.

- Le point "DADVSI et HADOPI, c'est beau la vie" : souvenez-vous de l'espoir qu'avait fait naître la mention d'une exception "Bibliothèques" au cœur du code de la propriété intellectuelle. En théorie, sont donc possibles les "reproductions spécifiques effectués par des bibliothèques accessibles au public, des musées ou par des services d'archives, qui ne recherchent aucun avantage commercial ou économique direct".
En pratique, cette autorisation est assortie d'une condition pour le moins floue : "ne pas porter atteinte à l'exploitation normale de l'œuvre ni causer un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l'auteur". Qu'un ayant droit signale son mécontentement lors d'une numérisation et l'exception deviendra aussi imperméable qu'un PC dépourvu de pare-feu. Et quand bien même, elle n'autorise que l'acte de reproduction... et non celui de communication au public, malgré une louable tentative d'amendement de la part de l'Association des professionnels de l'information et de la documentation (qui n'a cependant pas dit son dernier mot).

L'analyse de cet impressionnant arsenal législatif touchant à sa fin, les bibliothécaires musicaux présents ont pu savourer à sa juste valeur l'analyse de David El Sayegh, (directeur des affaires juridiques et prochain directeur général du Syndicat National de l'Edition Phonographique) : "Vous les bibliothécaires, vous êtes des très bons lobbyistes !"

Uh uh.



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mercredi 18 mars 2009

Denison Witmer - Carry the weight [2008]



Label : Razor & Tie
Indice PCDM : 2.3 - Folk

Il y a des périodes où la musique ne passe plus, où l'on se lasse même d'écouter ses disques préférés. Puis on finit par ouvrir l'excellent n°2 du magazine Eldorado où l'on tombe sur un article dédié aux nombreux camarades de jeu de l'infatigable Sufjan Stevens. On teste... et la foi revient. Avec dix ans de carrière et sept albums dans la musette Denison Witmer n'a pas le profil d'un jeune premier ; c'est un songwriter rodé dont le style s'est patiemment affiné et qui semble aujourd'hui toucher au but. Ne m'étant pas encore procuré son dernier-né, je me suis délecté des titres mis à disposition sur sa page myspace... magie d'Internet. On y sent l'influence de l'inévitable Elliott Smith, qui hante toujours la scène indépendante américaine. Et derrière ce paravent d'arpèges se dessine d'autres sources héritées de la Californie des années 70 (Curt Boettcher, Cat Stevens, si vous m'entendez...). Après deux titres classiques que ne renieraient pas les fabuleux The Innocence Mission, on tombe amoureux de Life before aesthetics, de son rythme enlevé et de son savoureux gimmick à l'orgue. On fond finalement à l'écoute de Little flowers et Steven pour constater que les précédents opus du troubadour de Philadelphie valent également le détour. Fichtre, où ai-je encore mis ma carte bleue ?

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dimanche 22 février 2009

Vers un Internet restreint en bibliothèques ?

On avait pu constater ces derniers mois que, loin de remplir sa mission de Ministre de la Culture, Mme Albanel s'était forgée un costume de secrétaire d'Etat à l'Internet et aux industries musicales (avec M. Lefebvre en garde-chioumes ?). Dernière suggestion en date pour protéger les structures publiques des dégats collatéraux d'HADOPI : restreindre l'utilisation des accès publics à une "liste blanche" de sites aimablement fournie par les soins de ses diverses commissions, et uniquement à celle-ci. Attitude rétrograde consistant à limiter la liberté d'informations pour appliquer une loi déjà très controversée : suite au rejet récent d'un amendement, les internautes identifiés par erreur comme auteurs de téléchargement illégaux ne pourront prétendre à aucun dédommagement. Il n'est pas certain que les tribunaux seront du même avis.

Et nous ?


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dimanche 8 février 2009

Les chansons du dimanche

Quinze chansons pour célébrer tant la fin de semaine que l'ouverture du Tournoi des six Nations... bonne écoute.



1. The Velvet Underground - Sunday morning [The Velvet Underground & Nico, 1967]
2. Beirut - A sunday smile [The flying club cup, 2007]
3. Oasis - Sunday morning call [Standing on the shoulder of giants, 2000]
4. Morrissey - Everyday is like sunday [Viva hate, 1988]
5. The Small Faces - Lazy sunday [Ogden's nute gone flake, 1968]
6. Blondie - Sunday girl [Parallel lines, 1978]
7. Aimee Mann - High on sunday 51 [Lost in space, 2002]
8. Caetano Veloso - Domingo [Domingo, 1967]
9. Georges Brassens - Ca s'est passé un dimanche {Inédits, 1953-1980]
10. Keren Ann - Dimanche en hiver [La biographie de Luka Philipsen, 2000]
11. Florent Marchet - Dimanche [Gargilesse, 2004]
12. Sia - Sunday [Colour the small one, 2004]
13. Billie Holliday - Gloomy sunday [1941]
14. Frank Sinatra - Sunday [Songs for young lovers / Swing easy, 1955]
15. Henri Dès - Dimanche matin [Le crocodile, 1993]


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mardi 3 février 2009

Une idée déco

Puisqu'on manque parfois de nouveautés à exposer, autant utiliser les présentoirs pour embellir l'espace. Aujourd'hui, les pochettes chats :







On en profitera pour fredonner la divine "Love goes on" des Go Betweens :

"There's a cat in my alleway
Dreaming of birds that are blue
Sometimes girl when I'm lonely
This is how I feel about you"


Découvrez The Go Betweens!


J'oubliais : vous avez le bonjour d'Hermione.


dimanche 18 janvier 2009

La minute acariatre du jour

Bien connue pour son aversion revendiquée envers les rase-moquettes, ma consoeur Salt in my coffee sera probablement d'accord avec moi : pire que les enfants, il y a les nounous. Comme les heureux parents elles marquent samedi après-midi et mercredi matin d'une croix sanglante sur leur calendrier pour nous rendre visite, à ceci près que :

1) Elles débarquent en troupeaux
2) Elles ont chacune une pleine volière
3) Les piaillards ne leur appartiennent pas

Terrifiant.
Qu'on ne se méprenne pas : c'est une excellente idée et sans doute la meilleure manière de nous fournir de nouveaux clients usagers à fidéliser. Cependant, qui mettra en doute le fait que la cohabitation entre ces hululeurs miniatures, les conversations plein volume des garde-chioumes et nos nerfs usés s'avère parfois délicate ? Des trésors de patience sont requis pour ne pas mettre à exécution les truculents fantasmes qui nous traversent furtivement l'esprit : smash avec le démagnétiseur de cassettes vidéos, placage "cathédrale" du moutard (ou "spear tackle" pour nos amis rugbymen d'outre-Manche), corde à linge à la glotte, baillonnage définitif à l'aide du Filmolux, projection à travers la porte vitrée, l'imagination humaine est décidément sans limites.
Mais comme tout bon professionnel, nous affichons un stoïcisme sans faille et la récompense ne tarde pas à arriver : après un quart d'heure digne du siège de Stalingrad, se fait entendre dans votre dos une voix conspiratrice suffisamment discrète pour remplir le bâtiment : "Jonathan ! Arrête ou le méchant monsieur de la bibliothèque va venir te gronder !". Bingo. Vous pouvez alors glisser sournoisement à l'intéressée : "Ah non, navré. Ca, c'est votre boulot" avant de jouer à nouveau du lecteur de code barres. On a les revanches que l'on peut.

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dimanche 21 décembre 2008

Speedmarket Avenue - Way better now [2008]
















Label : Elefant records
Indice PCDM : 2.24 - Indie pop

Peu de chances qu'il perce avec un nom pareil, mais mon Meilleur Groupe de Tous les Temps de la Semaine est Suédois. Signée sur le divin label Elefant records, cette petite bande a publié au printemps dernier un premier album passionné et parsemé de compositions brillantes. La palme revient sans doute à "Don't fall in love" et son refrain merveilleux, mais il serait dommage d'oublier "Way better now" (single au cordeau) ou "Tell me now" qui lorgne plutôt du côté de Ride. Rien de révolutionnaire mais des voix parfaitement mariées, une fraîcheur bienvenue et des mélodies qui collent le sourire pour la journée. Petit plus : deux membres du groupe ont participé au dernier album de Camera Obscura, leurs collègues de label. Tous les talents sont décidément chez Elefant.

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jeudi 27 novembre 2008

La conversation surréaliste du jour

Dame d'environ 60 ans : "Bonjour, vous avez des disques de Leonard Cohen ? Je découvre tout juste, je sais que je ne suis pas à la page mais j'ai vu une émission et j'ai beaucoup aimé.
Pitseleh : - Oui bien sur, je vais vous montrer les albums...
Dame d'environ 60 ans : - On dirait que presque tout est emprunté, c'est vrai qu'il va bientôt jouer à Paris. Et puis il a été ruiné par son manager je crois, une femme.
Pitseleh : - Ah bon ? Comme McCartney ?
- Dame d'environ 60 ans : - Oui, ruiné par une salope. Il ne faut pas croire qu'il n'y à que les hommes qui sont dangereux hein. Il faut toujours se méfier des salopes.
- Pitseleh, scié : - ...


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lundi 24 novembre 2008

A change is gonna come ?

Qui dit réussite au concours, dit liste d'aptitude. Etant à prori en bonne voie de pérennisation sur le poste que j'occupe actuellement, ce détail m'était sorti de la tête ; fort heureusement, des collectivités plus consciencieuses en profitent pour faire leur marché avant les fêtes de Noël. Trois offres d'emploi me sont ainsi parvenues, assorties des aimables félicitations du département de Moselle (ce qui fait toujours plaisir). Un passage de l'Ile de France surpeuplée aux calmes campagnes de l'Est constituerait un choc sociologique, tout en présentant d'indéniables avantages à mes yeux de provincial (une maison, pas de voisins, un bouvier bernois). Who knows.

Les candidats au dépaysement absolu, quant à eux, ne manqueront pas de consulter cette offre de l'Université de Montreal qui demande un bibliothécaire spécialisé en criminologie. Sans préciser cependant si la mise en pratique sera comprise dans les heures de travail...

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jeudi 6 novembre 2008

"Vous pouvez emprunter plus !" : test grandeur nature

Comment contrer la baisse constatée des prêts en bibliothèque tout en facilitant la vie des usagers ? Plusieurs structures tentent le pari des prêts illimités. Dans la même optique, la médiathèque de votre serviteur a modifié ses règles de façon drastique : a une limitation de X documents par support (X partitions, X livres, X revues, X chats tigrés...) succède un quota global de 30 documents au choix, à l'exception des vidéos dont le fonds ne pourrait soutenir la demande. Deux mois ont passé, permettant d'entrevoir l'impact de ce changement.

A tous seigneurs tout honneur, commençons par le point essentiel : les usagers sont ravis. Un peu sur la défensive de prime abord ("Mouais, il ne va plus rien rester dans les bacs !") ils ont très rapidement adopté cette liberté nouvelle, avec un appétit particulier pour les enfants (qui repartent avec des piles de BD et le sourire jusqu'aux oreilles), les mélomanes et les emprunteurs convulsifs.

Du point de vue statistique, deux tendances se dégagent :
1) Les prêts explosent. D'une hausse de 10% dès le premier mois, ils ont ensuite crevé le plafond avec un bond de 30% sur l'ensemble des secteurs... soit 10.000 prêts de plus qu'en octobre 2007. Jolie performance.
2) Le nombre d'usagers actifs régresse de façon plus légère mais néanmoins nette. Logique : si 30 documents suffisent à un couple ou à une famille, inutile pour eux d'utiliser une carte par personne puisqu'un seul abonnement commun suffira. Pas comme ça qu'on arrivera au niveau des Canadiens.

Du côté des fonds, source d'inquiétude chez certains usagers, la demande est plutot bien absorbée... dans la mesure où la taille des collections le permet. Il va sans dire qu'une collection de 250.000 documents sera mieux à même d'encaisser une telle hausse des prêts que les fonds nécessairement réduits d'une petite structure, notamment rurale.
Point positif : moins encombrés, les bacs et les étagères respirent mieux... ce qui encourage les usagers à fouiner, et par conséquent à emprunter plus.
Point à surveiller : si les documents confidentiels profitent également de la hausse des prêts, il va sans dire qu'une large partie des demandes se concentre sur les références les plus connues qui deviennent ainsi plus difficiles à obtenir. Le "doublonnage" des best sellers ne suffit pas toujours à satisfaire le public, et la généralisation de ce procédé pourrait déséquilibrer les acquisitions... à moins d'une augmentation des budgets qui n'est pas prévue au programme.

Et du côté des bibliothécaires ? Bien que ravis d'un tel succès, ils se retrouvent face à ses effets pervers : augmentation brutale des flux à gérer (bien le bonjour au papa mélomane qui emprunte et ramène pas moins de 80 disques à chaque visite), risque accru de tennis elbow, multiplication des erreurs d'enregistrement de documents, allongement des files d'attentes. Le contexte n'étant guère propice à l'embauche de bras supplémentaires, il devient nécessaire de surveiller de près l'aménagement des plannings pour éviter à votre serviteur de périr étouffé sous une avalanche de rééditions Stax.

(Ce qui serait une belle mort cela dit).


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mardi 21 octobre 2008

Happy monday

Et en ce qui concerne le concours... je suis admis ! Ce qui devait me permettre de retrouver le sommeil.

Melpo Mene - Bring the lions out [2008]


















Label : Imperial recordings
Indice PCDM : 2.24 - Pop indie

Curieux paradoxe : pendant que la presse rock française continue à se dégrader, c'est dans le Glamour de ma chère et tendre que j'ai appris l'existence de Erik Mattiason alias Melpo Mene, révélé dans sa Suède natale après l'utilisation de "I adore you" dans une publicité. Charmant folk pastoral posé sur une voix éthérée, le titre sonne comme du Elliott Smith à qui on aurait offert une flute. L'écoute intégrale de Bring The Lions Out révèle le véritable niveau du maigrichon scandinave : tout est bon. "Hit the boy" lance le bal avec ses influences bossa et ses choeurs finaux, le refrain de "Society" lance des clins d'oeil enjoués pendant que la guitare de "The sun" lorgne plutôt du côté de l'Espagne. Mattiason n'est pas bavard - la plupart de ses textes tiennent en 10 phrases refrain compris - et enquille les perles avec un aplomb déconcertant, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde pour un folkeux de 25 ans. Alors que le disque touche à sa fin on tombe sur "Under the moon", merveilleuse ballade qu'on aimerait cacher en permanence au creux de sa main avec son refrain déchirant : "Oh, all my empire fall"... on ne saurait trouver meilleure conclusion, et on aura l'occasion de remercier son auteur lors de ses imminentes dates françaises.


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vendredi 5 septembre 2008

"At last ! At last ! At last !"

Les résultats d'admissibilité

Résultat de la recherche ADMISSIBLE

Concours Assistant qualifié de conservation du pat. et des biblio. Externe Session 2008

Filiere : CULTURELLE. Concours : Assistant qualifié de conservation du pat. et des biblio. Externe
Spécialité : BIBLIOTHEQUE

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MR PITSELEH / DISCOBLOGUONS
...
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vendredi 29 août 2008

Anthologie - Dave Godin's deep soul treasures taken from the vaults : volume 1



Label : Kent, 1997
Indice PCDM : 1.413 - Soul
Période couverte : 1961-1974

Tout comme la pop, la soul a ses chercheurs : on ne dira jamais assez de bien du label Kent, responsable depuis 25 ans des plus belles rééditions existantes en matière de soul. Pochettes soignées, livrets superbes renfermant des informations de premier choix, et bien sur fabuleuse sélection d'artistes aussi brillants que méconnus : Spencer Wiggins, Mitty Collier ou dernièrement Al Wilson ont ainsi pu charmer de nouvelles oreilles.

Le disque qui nous intéresse ici est une compilation de deep soul, style caractérisé par l'emphase de ses interprètes ; les meilleurs y mettent tant de conviction qu'ils semblent placer toute leur vie en balance au cours des trois minutes réglementaires (James Carr en est sans doute le plus bel exemple et tout le monde devrait se jeter sur You Got My Mind Messed Up, son chef-d'oeuvre de 1967). Pas de stars sur ce recueil hormis la grande Irma Thomas, seule a avoir gouté aux honneurs de la presse française (tout du moins de Soulbag). Les violons volent la vedette aux cuivres au sein d'orchestrations impressionnantes qui mettent en valeur les voix divines de Jean Wells, Brendetta Davis, des Knight Brothers et autres Dori Grayson. Emerveillement maximum sur le "I'm not the one" de Larry Banks qui semble littéralement pleurer au cours de son interprétation. Musique et tristesse font décidément bon ménage.

Larry Banks - I'm not the one
The Knight Brothers - I'm never gonna live it down
Irma Thomas - Anyone who knows what love is (will understand)


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vendredi 22 août 2008

La loi Lang en question(s), épisode 2

Après avoir jeté un oeil sur les menaces pesant sur la loi Lang, on salue la publication d'un rapport de commission de l'Assemblée Nationale sur la question. Bien que succint, il offre un intéressant tour d'horizon des politiques pratiquées en la matière à l'étranger.

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dimanche 10 août 2008

Work is a four letters word

Vacances éparpillées plus sprint final pour la préparation d'une exposition égalent peu de temps pour poster ici en ces jours. Mille pardons, see you soon.

jeudi 24 juillet 2008

Karine Polwart - This earthy spell [2008]



Label : Hegri
Indice PCDM : 2.3 - Folk

Malgré sa taille réduite l'Ecosse s'est toujours montrée productive en matière de musique populaire. Bert Jansch, Donovan, The Vaselines, Orange Juice, The Pastels, The Orchids, Teenage Fanclub, Belle & Sebastian, Camera Obscura, sans oublier mes bien-aimés Delgados pour ne citer qu'eux. Tout récemment, c'est une chronique de Mojo qui m'a poussé dans les bras de Karine Polwart. Chanteuse folk à une époque où il suffit de taper dans un arbre pour voir dégringoler 10 songwriters... mais le doute n'a pas dépassé quelques millisecondes. Pas une jeune prodige, elle était travailleuse sociale et a attendu ses 30 ans pour faire figure de musicienne professionnelle. Pas une débutante avec déjà 3 albums solo et des passages dans plusieurs groupes. Pas non plus une parfaite inconnue sur son territoire, elle avait raflé 3 BBC Folk Awards en 2005.

Est-ce le fait d'avoir vu et entendu plus de drames que le commun des musiciens ? Elle chante avec une détermination rare, enchaînant les couplets de la même voix vibrante ("Sorry", sublime). Ses textes sont lucides et tristes, parfois engagés, le plus souvent teintés d'une douloureuse compassion. Contrairement à beaucoup, Karine Polwart ne se contente pas de chanter sa souffrance : elle chante celle des autres et raconte des tranches de vie dans la plus pure tradition folk. Et comme si cela ne suffisait pas sa guitare sonne d'une façon exceptionnelle, tranchant l'air d'arpèges cristallins parfois accompagnés d'un accordéon diatonique et d'une batterie discrète. Un disque intemporel, des chansons au parfum d'éternité.

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Site officiel


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vendredi 11 juillet 2008

Moi Caprice - The art of kissing properly [2008]



Label : Pastel Music
Indice PCDM : 2.24 - Pop indie

Contrairement à d'autres blogueurs mieux informés, je n'avais pas eu la chance d'entendre ce délicat pseudonyme jusqu'à ces derniers jours. Et à vrai dire je serais sans doute resté dans l'ignorance si le titre de ce disque n'avait pas accroché mon regard qui glissait bien trop vite sur les pages de Popnews. C'est que contrairement à leurs homologues suédois, les groupes danois ne sont guère nombreux à venir chatouiller nos tympans...
L'atmosphère est la première chose qui ressort de la première écoute. Ouatée, en retrait, légèrement planante, dissimulée sans être sombre, comme si un léger voile recouvrait l'ensemble. Il y a des claviers à foison par ici : des orgues, un métallophone, des touches de vibraphone (et leur écho inimitable) ainsi que quelques interventions de synthétiseurs 80's qui - miracle, miracle ! - parviennent à accorder leur timbre baveux sans dommages. Les quatres titres présents sur la page Myspace du groupe ne laissent guère de place au doute : les compositions sont de haut niveau. Très accrocheuses, tissant un lieu judicieux entre les mélodies et un chant assuré, s'appuyant parfois sur des répétitions hypnotiques ("The art of kissing properly") sans négliger de superbes montées ("The town the city", exceptionnelle) à la façon du dernier British Sea Power. Commande est lancée pour découvrir en profondeur cette formation alléchante ; si peu de temps après l'ouragan Fleet Foxes, 2008 semble décidément riche en apparitions miraculeuses.

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mercredi 11 juin 2008

La loi Lang en question(s)

Votée en 1981, la loi établissant la règle d'un prix de vente unique du livre fixé par l'éditeur a bien sûr affronté de nombreuses attaques au cours des années (de la part de la Fnac entre autres), ce qui le ne l'empêche pas d'être encore en place aujourd'hui. Cependant de nombreux indices laissent envisager, sinon sa disparition, tout du moins de sérieux aménagements.

Il y a d'abord eu la victoire en appel d'Amazon contre le Syndicat de la librairie française, au sujet de la gratuité des frais de port mise en place par le premier cité. Si elle peut apparaître logique (les frais de port n'appartenant pas, à priori, au prix de vente), cette décision valide de fait le système de marges arrières institué par Amazon. En l'occurence et de façon identique aux pratiques des grandes surfaces alimentaires, ce n'est pas le vendeur qui assume les frais de port mais les éditeurs. On notera d'ailleurs que si ces frais sont généreusements "offerts" sur les livres, l'achat de disques nécessite toujours une dépense minimale de 20 euros pour prétendre au même cadeau.

Il y a surtout un contexte actuel de "défense du pouvoir d'achat", lequel accélère encore ce sport national qu'est la réflexion à court terme. Un amendement visant à vider la loi de sa substance a ainsi été déposé récemment par plusieurs députés. Jusqu'ici discrète, la Ministre de la Culture Mme Albanel s'est fendue d'une déclaration publiée par Le Monde. Si elle se déclare "ouverte à la discussion", elle ne manque pas de rappeller les risques encourus sur les plans culturels et, surprise, économiques :

"Croire que l'on fera ainsi baisser le prix du livre est également une illusion. Les chiffres nous montrent au contraire que la loi est tout sauf inflationniste : ces dernières années, l'évolution du prix du livre a été inférieure à celle de l'indice général des prix à la consommation. L'Angleterre nous fournit un précieux exemple a contrario : en 1995, le Fixed Book Price a été abandonné. Depuis, le prix moyen du livre a augmenté de 49,6 %, alors que l'indice général des prix à la consommation augmentait de 27,6 %, soit une différence de plus de 20 %."

Dernier point, à première vue secondaire car plus insidieux. En autorisant les hypermarchés Leclerc à poursuivre leur campagne de publicité en faveur d'une autorisation de vente de parapharmacie en grande surfaces, la cour d'appel de Colmar a du même coup validé le principe d'un lobbying actif visant à modifier l'application d'une loi selon les desiderata de l'annonceur. A quand un encart "Auchan veut vendre les livres moins chers..." ?


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jeudi 22 mai 2008

Parce qu'il n'y a pas qu'Amy Winehouse dans la vie



Ruthie Foster débarque d'Austin, Texas. Pas précisément une pied tendre puisque déjà auteur de trois albums avant ce bien nommé "The phenomenal Ruthie Foster", excusez du peu. L'harmonica et les guitares country sont cette fois placés en retrait, au profit d'un brillant recentrage sur la soul et le blues avec claviers au taquet et toujours une voix... phénoménale. Croisons les doigts pour qu'elle explose un jour.

Beth Rowley, de son côté, a moins le choix : blanche et Anglaise, il ne lui reste que la blue eyed soul chère à Dusty Springfield. Un terrain idéal pour des arrangements sobres qui rendent justice à sa voix classieuse sur des titres qui laissent augurer du meilleur... le jour où son disque ("Little dreamer", censé être sorti depuis quelques jours) sera disponible quelque part. Pour la peine on lui pardonnera même une vilaine reprise sous Lexomil du "Be my baby" des Ronettes. Va en paix, ma fille.


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dimanche 18 mai 2008

Concours : J-10


















MISE A JOUR du 19 mai : petite augmentation du nombre de postes gagnants qui passent de 14 à 40 ! Les détails sur Legifrance.

mercredi 23 avril 2008

Deezer en médiathèques : oui, mais pas sur

Tout le monde y a pensé en même temps : utiliser les bons services de Deezer.com pour établir des playlists en streaming, afin d'offrir aux usagers un meilleur service d'écoute sur place ou via un catalogue informatisé. Intéressant en effet, mais... Passons sur le manque de stabilité du service (Deezer connaît des ratés depuis quelques semaines) ainsi que sur son manque d'exhaustivité (même si le choix reste tout à fait conséquent) pour s'intéresser au récurrent problème de la législation.
Deezer fait état d'accords signés avec la Sacem pour que les internautes puissent bénéficier de l'écoute gratuite des titres diffusés par le biais du site. Jusqu'ici tout va bien, mais la lecture attentive des conditions d'utilisation de Deezer rend la situation moins claire. Outre la traditionnelle limitation de responsabilité du site (reportée sur ses utilisateurs), on y trouve ces mentions :
Ce service ne permet l'écoute des Enregistrements que dans le cadre du cercle de famille de sorte que toute utilisation du Site en vue de la communication au public hors du cercles de famille des Enregistrements est expressément interdite. [...]

En clair : ce n'est pas clair. On peut choisir de pousser ses investigations (comme l'a fait Bibliobsession, à qui Radionomy a visiblement signifié l'impossibilité légale d'utiliser le service), jouer sur le doute ou tout simplement transgresser la législation par commodité (comme le font les nombreuses bibliothèques qui acceptent dons et remplacements de DVD personnels provenant de grandes surfaces).
(En attendant que les interrogations soient aplanies, je me contente pour ma part d'ajouter un lien vers les pages Myspace officielles des artistes au sein des notices informatisées. C'est déjà ça)

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dimanche 20 avril 2008

Loi DADVSI et petites exceptions

Concours dans un mois rimant avec révisions à tout va, je ne cesse de me rafraichir la mémoire sur un maximum de sujets. Et la relecture de la loi DADVSI fut loin d'être inutile, vu qu'un passage honteusement oublié m'a immédiatement sauté aux yeux :

Un ajout au 8° de l'article L.122-5 du Code de la propriété intellectuelle dispose : « Les actes de reproduction spécifiques effectuées par des bibliothèques accessibles au public, des musées ou par des services d'archive, qui ne recherchent aucun avantage commercial ou économique direct » sont autorisés à la condition de ne pas « porter atteinte à l'exploitation normale de l'œuvre ni causer un préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l'auteur ».

Une idée me vient en tête : cette ravissante exception nous permettrait-elle de proposer, d'une manière ou d'une autre, des oeuvres récentes rendues tristement indisponibles par la malchance ou les lois du marché ? Oui selon Wikipedia, qui ajoute :

Par conséquent, la mise à disposition de la version numérisée de toute œuvre qui n'est plus disponible à la vente est possible pour les bibliothèques (œuvres non tombées dans le domaine public, mais ne figurant plus dans les catalogues d'ouvrages disponibles). Pour les ouvrages non tombés dans le domaine public, la numérisation de ces ouvrages supposerait l'obtention préalable d'une autorisation des éditeurs et des auteurs.

Dear God, voilà qui serait pour le coup plus qu'alléchant. Peut-être pourrions nous sauver les traductions françaises du mythique "Rapaces" de Frank Norris, et les nouvelles fantastiques de la grande Shirley Jackson. Ou l'inusable "Crazy Rythms" des Feelies. Ou l'anthologie "There's Gonna Be A Storm" de Left Banke. Et tant d'autres... à condition que ayant droits et municipalités de tutelle jouent le jeu.


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mardi 8 avril 2008

Language Of Flowers - Songs about you [2004]
















Label : l'incomparable Shelflife Records
Indice PCDM : 2.24 - Pop indie

Il y a des chansons magiques, de celles qui vous giflent dès la première écoute. De celles qu'on se passe des dizaines de fois en boucle, de celles dont on se demande comment diable on a pu vivre sans. Et lorsque j'ai lancé un clic curieux pour découvrir Language Of Flowers, j'ai su immédiatement que "Tara mascara" en faisait partie. L'incomparable sensation de décoller dès la première seconde, de rebondir sur la batterie, d'anticiper chaque note... Rien de vraiment original ici pourtant, je pourrais même dire que j'ai déjà entendu "Tara Mascara" cent fois dans le passé à travers d'autres titres. Ceux de Lush pour ce chant féminin décidé et un rien voilé. Ceux des Smiths pour cette pluie d'arpèges qui abreuve une solide ligne électrique que ne renieraient pas les Field Mice. Ceux de dizaines de groupes qui n'ont jamais percé et ne perceront jamais pour cette naïveté touchante. Et même à travers "De l'importance d'être Constant" du grand Oscar Wilde pour ce texte à l'hommage évident. Entendue cent fois donc, mais rien n'y fait : "Tara mascara" est, à mes oreilles, une grande chanson pop.
Et les autres titres, me direz-vous ? Tout simplement une démonstration de ce que la twee pop peut avoir de charmant et d'accrocheur lorsqu'elle est bien jouée, sautillante, sérieuse, désabusée, secondaire autant qu'indispensable. Personne ne citera jamais Language Of Flowers parmi les plus grands groupes de la décennie... mais dieu sait qu'ils rendent les journées meilleures.

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vendredi 21 mars 2008

Gorky's Zygotic Mynci - How I long to feel that summer in my heart [2001]

















Label : Mantra Recordings (chouette label d'ailleurs)
Indice PCDM : 2.24 - pop indie

Mes amis avaient beau me recommander régulièrement ces Gallois, leur nom aussi improbable que leurs pochettes me poussaient à faire inconsciemment la sourde oreille. Plus qu'à ma réactivité, c'est à une joyeuse nuit de cuite que je dois mon salut : confortablement effondré sur un divan, je laissais ces merveilleuses mélodies se faufiler dans les recoins de ma tête embrumée. De longues plages délicates, des violons baroques épousant une série de chœurs haut placés (sublime "Christina"), des ritournelles de comptines pop nappées de Wurlitzer ("Cân megan"), neo-psychedelia comme disent les Anglais, bref un disque intemporel auquel je ne risquais guère d'échapper... dès le lendemain je filais me le procurer. Providentielle cuite. Ma chère médiathèque, quant à elle, dut attendre quelques semaines pour recevoir son exemplaire et la première diffusion fit mouche : il ne fallut que quelques titres pour séduire une bonne partie de l'assistance. Même à jeun, c'est toujours aussi beau.

Mp3 temporaires :
Gorky's Zygotic Mynci - Where does yer go now ?
Gorky's Zygotic Mynci - How I long


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samedi 15 mars 2008

Des usages autonomes : une utopie ?

Fût un temps où l'usager souhaitant prolonger le prêt d'un document devait affronter un véritable parcours du combattant. Il devait avoir précieusement conservé le minuscule pense-bête tamponné de la date limite de retour. Il devait venir en personne à la bibliothèque, sans oublier d'amener avec lui le document concerné sous peine de faire demi-tour. Ou, encore plus simple, il ne pouvait pas le faire.

Que propose-t-on aujourd'hui dans ma structure pour effectuer cette opération ? Il y a :
- l'indispensable pense-bête
- la possibilité de nous joindre par téléphone pour connaître les dates de retour de ses documents
- la possibilité de nous joindre par téléphone pour prolonger le prêt de ses documents
- la possibilité d'accéder à son compte-lecteur par Internet
- la possibilité de prolonger ses prêts par Internet
- l'envoi d'un e-mail automatique ou d'une lettre signalant immédiatement un document en retard

Bref, tout ce qu'il faut pour que l'usager heureux puisse gérer ses emprunts avec une liberté sans limites. Seul, comme un grand. Au-to-nome, comme avec son compte bancaire. La classe.
...
Et non. A en croire certains, il faudrait également les avertir une semaine avant la date de fin de prêt. Et à en entendre d'autres (en parfaite santé et en parfait état de marche), il serait bon que nous venions directement à leur domicile pour récupérer les précieux documents. Si ces requêtes ne représentent pas encore la majorité de nos usagers si mignons, elles démontrent que le chemin vers l'autonomie risque d'être encore long... Et que la notion de satisfaction recèle des trésors d'élasticité.

(A noter que j'ai déjà suggéré aux plus acharnés que nous lisions désormais les livres à leur place afin de leur faire gagner du temps. Et à ma plus grande stupéfaction, quelques personnes ont semblé enthousiasmées par une proposition aussi absurde)


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lundi 10 mars 2008

Hang the DJ ! [bis]

Seconde expérience en tant que caleur de disques, en trio cette fois-ci. Pop, soul et 60's étaient bien évidemment au programme et les heureux DJ alternaient entre platines et nombreuses pauses cigarettes. En gros :

Camera Obscura - Swimming pool
Postal Blue - I know where your dreams go
The Boo Radleys - Comb your hair
The Left Banke - Goodbye Holly
The Blades Of Grass - Help !
The Beach Boys - Here today
The Millennium - Prelude / To Claudia on thursday
Sandy Salibury - Love divided by two
La Casa Azul - En noches como la de hoy
Lush - Ciao !
Felt - All the people I like are those that are dead
Morrissey - The last of the famous international playboys
The Delgados - Everybody come down
Harry Nilsson - Everybody's talking
Herman's Hermits - No milk today
Sam & Dave - Hold on, I'm coming
Fontella Bass - Rescue me
Sly & the Family Stone - Everyday people
Otis Redding - (Sittin' on) the dock of the bay
The Pretty Things - Walking through my dreams
The Music Machine - Double yellow line
Smoking Popes - You'll never walk alone
The Smithereens - Behind the wall of sleep
Blondie - Hanging on the telephone
Martha & the Muffins - Echo beach
The Cardigans - Rise & shine
Dusty Springfield - I only want to be with you
Sylvan - We don't belong
Denise James - Love has got me crying again
The Crystals - Da doo ron ron
Ike & Tina Turner - River deep, mountain high

(Ni plus ni moins)


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lundi 3 mars 2008

[Parenthèse dominicale]

Il y a des journées de boulot qui font plaisir, et ce même en travaillant un dimanche qui clôture une semaine de 45 heures - il faudra que je pense un jour à modifier mon planning : tout est question d'ingrédients. Une affluence bien calculée (pas assez de monde et on s'ennuie, trop de monde et c'est l'usine), des gens détendus et ouverts aux découvertes (les Go-Betweens, Martha Wainwright, Van Hunt et Fontella Bass enchantent désormais de nouvelles paires d'oreilles), des demandes originales et quelques discussions musicales, tout y était. Avec, cerise sur le gâteau, l'arrivée de plusieurs commandes hautes en couleurs : de superbes albums de My Little Airport, Animal Collective, Gorky's Zygotic Mynci, Bryan McLean, Uncle Tupelo ou Eddie Floyd rejoindront bientôt leurs petits camarades dans les bacs, je n'aurai plus alors qu'à assurer leur promotion tout en poursuivant un projet d'exposition.

Bref je ne le dis pas assez mais j'aime profondément mon travail.


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dimanche 24 février 2008

Top 10 Phil Spector


















Coffret Back To Mono (4 CD - Abko Records, 1991)


1. The Ronettes - Be my baby
2. The Righteous Brothers - Ebb tide
3. Ike & Tina Turner - River deep, mountain high
4. The Crystals - He's a rebel
5. The Crystals - Da doo ron ron
6. The Righteous Brothers - You've lost that lovin' feelin'
7. Ben E. King - Spanish harlem
8. The Ronettes - You came, you saw, you conquered
9. Gene Pitney - Every breathe I take
10. The Crystals - Then he kissed me

Psychopate, instable, génial, wall of sound, amoureux des flingues et des perruques... Voilà à quoi est souvent résumé ce mythique producteur californien. On oublie trop souvent deux choses essentielles :

- En dépit de son caractère et d'une tendance marquée à s'attribuer le travail d'autrui, Spector savait s'entourer des meilleurs. Jack Nietzsche, Sonny Bono, Gene Pitney, Barney Kessel, Hal Blaine, Carole Kaye et bien d'autres artisans talentueux ont apporté leur pierre à l'élaboration de ces ambitieuses pièces montées.

- Ces chansons étaient totalement extraordinaires. Souvent conçues comme des symphonies pop, elle alliaient simplicité de la forme à une impressionnante complexité du fond et font encore figure de modèles aujourd'hui. Des orgasmes musicaux, voilà le mot.


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lundi 11 février 2008

Rions un peu avec les statistiques

C'est un fait répété, transmis, admis, dénoncé : les horaires d'ouverture des bibliothèques françaises sont trop réduits. A l'appui de cette conclusion, un chiffre éloquent : 20h36 d'ouverture en moyenne (statistiques 2004 de la Direction du Livre et de la Lecture). C'est peu. Trop peu. Différents remèdes sont prônés, tels que l'ouverture généralisée des structures le dimanche et/ou en nocturne, ainsi que le recours massif aux vacataires.

Très bien, à un détail près : ces remèdes sont majoritairement prescrits aux bibliothèques de grandes villes, et non aux petites structures de campagne qui n'auraient guère les moyens d'appliquer une telle politique. Jusqu'ici, tout va bien.

Mais l'absurdité de ce beau théorème ne résiste guère... aux statistiques, celles-là mêmes qui concluaient à une aussi faible amplitude horaire. Car ce chiffre de 20h36 englobe des réalités extrêmement contrastées visibles dans ce petit tableau [edit : qui s'obstine à se décaler vers le bas, si vous avez une explication je suis tout ouïe] :
























































Taille communeNombre de bibs% d'inscritsOuverture par semaine
+ de 300.000 hab.711.137h12
100.000 à 300.000 hab.3816.353h57
50.000 à 100.000 hab.8515.233h21
20.000 à 50.000 hab.29916.728h39
10.000 à 20.000 hab.38918.433h28
5.000 à 10.000 hab.64323.221h16
2.000 à 5.000 hab.93023.815h39
moins de 2.000 hab.52131.411h34

Que voit-on ?

- Que même si des efforts doivent encore être fournis, les "grandes" bibliothèques municipales si souvent montrées du doigt ne s'en sortent pas si mal : passée la barre des 5.000 habitants, l'amplitude d'ouverture dépasse largement les 20h dont nous parlions plus haut.
- Que les structures de villes de moins de 5.000 habitants tirent vers le bas la moyenne d'ouverture horaire, du fait de leur nombre conséquent.
- Et que, paradoxalement, ces mêmes "petites" bibliothèques affichent des taux d'inscrits allant jusqu'au double des structures équipées des métropoles (de quoi créer bien des jalousies).

Les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut.



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jeudi 31 janvier 2008

Van Dyke Parks - Discover America [1972]

















Indice PCDM : 2.85 - Rock d'influences traditions nationales


Si le mystérieux Van Dyke Parks est reconnu pour ses talents de collaborateur de Brian Wilson, de producteur à l'activité frénétique, de multi-instrumentaliste ou de poète-parolier surréaliste, on fait rarement cas de ses albums solos lesquels, de Song Cycle à à Fisherman & His Wife, ont conscieusement enchainé les échecs commerciaux. Il faut dire que l'aura du garçon peut refroidir le mélomane qui craindra d'avance expérimentations sonores et délires symphoniques où l'on verra tantôt du génie, tantôt un vide sidéral. Grosse erreur.

Car Discover America n'a rien de cela, cet album est au contraire d'une fluidité désarmante. Avec justesse et simplicité, Van Dyke Parks rend ici un hommage appuyé à la musique des Caraïbes où steel drums, choeurs et accordéon s'accordent superbement autour des héros du bonhomme, cités en nombre dans les textes. La température monte et une indolence béate s'installe, parfois détournée par des accents de pop baroque avec violons en bandoulière. C'est cette alliance étrange et un son unique, délicieusement surranné, qui font le sel de ce disque que la triplette Bing Crosby / Steelband music / The Four Mills Brothers porte à très haut niveau. A redécouvrir sans tarder pour mieux supporter l'hiver.


Mp3 temporaires (Yousendit) :

Van Dyke Parks - Bing Crosby
Van Dyke Parks - Steelband Music

Of all the world's famous singers that I have ever seen
On the moving screen
Lawrence Tibbett and Nelson Eddie
Donald Nobis and Morton Downey
Kenny Baker and Rudy Vallee
But the crooning prodigy is Bing Crosby
Bing has a way of singing with his very heart and soul
Which captivates the world
His millions of listeners never fail to rejoice
At his golden voice
They love to hear his "La Di Dah Di dah"
So sweetly with such harmony
Thrilling the world with his melody

I wonder if you heard him singing the song
"May I Be the One to Say I"
I wonder if you heard again
"Everytime It Rains It Rains Pennies from Heaven"
But "Love Thy Neighbor" was a most thrilling song
And "Git Along Little Dogie Git Along"
Unanimously three cheers for
Mr. Bing Crosby




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mercredi 23 janvier 2008

Dernier concours ?

Les inscriptions sont enfin ouvertes... Bientôt se tiendra ce qui pourrait être le dernier concours d'assistant qualifié du patrimoine et des bibliothèques. Rire jaune lors de la pré-inscription lorsque l'on découvre le nombre de futurs lauréats de la première couronne.

14.

C'est un gag. Ou un rêve. C'est surréaliste, mieux vaut donc en rire. Comme de la préparation via le CNFPT : si je m'en sors cela tiendra du miracle... et de la vitesse à laquelle j'assimilerai la totalité de la bibliographie. Tout ceci est fondamentalement stupide.

It's the end of the world (as we know it)


jeudi 10 janvier 2008

Soul, funk : une bibliographie

Malgré une bonne série de publications depuis 2005, les ouvrages en français sur le sujet ne sont guère légion. Une raison supplémentaire pour ne pas les manquer et, qui sait, encourager les éditeurs dans cette voie.

Ouvrages généraux :

Encyclopédie de la Black Music / Jacques Barsamian
M. Lafon, 1994. 403 p.
ISBN 2-8409-8028-2 [épuisé]
Une véritable Bible, avec entre autres un riche passage sur les girl groups. A rechercher en occasion.

L'âme sueur : le funk et les musiques populaires du XXe siècle / Olivier Cathus
Desclée de Brouwer, 1998. 248 p.
ISBN 2-220-04183-2
Ouvrage sociologique.

Encyclopédie du rhythm and blues
/ Sébastian Danchin
Fayard, 2002. 695 p.
ISBN 2-213-61224-2
Ouvrage de base, équivalent light du Dictionnaire du rock d'Assayas.

Funk connection / Hervé Crespy, dessins Emmanuel Brughera et Florent Heitz
Vents d'Ouest, 2004. 120 p.
ISBN 2-7493-0150-5
L'histoire du funk en bande dessinée.

Sweet soul music : rythm and blues et rêve sudiste de liberté / Peter Guralnick
Allia, 2004. 512 p.
ISBN 2-84485-130-4
Voir une note détaillée sur cette perle par ici.

Memphis : aux racines du rock et de la soul / Florent Mazzoleni
Castor Astral, 2006. 189 p.
ISBN 2-85920-647-7

Biographies :

I feel good : mémoires d'une vie / James Brown
City, 2005. 256 p.
ISBN 2-915320-50-0
Autobiographie.

Le blues dans la peau / Ray Charles
Belfond, 2005. 440 p.
ISBN 2-7144-4166-1
Autobiographie

Aretha Franklin : portrait d'une natural woman / Sebastian Danchin
Buchet Chastel, 2005. 417 p.
ISBN 2-283-01989-3

Marvin Gaye, l'ange de la soul / Michael Eric Dyson
Naïve, 2006. 295 p.
ISBN 2-35021-012-X

What's going on, Marvin Gaye ? / Ben Edmonds
10/18, 2004. 256 p.
ISBN 2-264-03643-5
Ouvrage centré sur l'oeuvre la plus célèbre de Marvin Gaye.

James Brown : l'Amérique noire, la soul & le funk / Florent Mazzoleni
Hors Collection, 2005. 175 p.
ISBN 2-258-06737-5

On notera l'absence peu compréhensible de livres sur la Motown... A signaler un ouvrage à paraitre sous la plume de Philippe Robert (déjà auteur de cet excellent livre) : "Great black music : funk, soul, rap, jazz, reggae", qui annonce une visite de 110 albums de musiques dites noires, de James Brown à Leon Ware, en passant par Michael Jackson et Marvin Gaye.

Et pour terminer, n'hésitez pas à passer par ce site : http://www.40ansdefunk.com


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mardi 8 janvier 2008

Miracle Fortress - Five Roses [2007]



Label : Secret City
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie"

En attendant que le prodigieux disque de Bodies Of Water soit disponible dans nos contrées, il reste de belles choses à découvrir de 2007. Dernière en date, les Canadiens de Miracle Fortress menés par Graham Van Pelt qui proposent un premier album surprenant de maturité. La pochette convient parfaitement aux chansons, dont les textes simples clament l'amour à tout vent avec un sourire scotché à chaque mélodie. Si les influences de Brian Wilson et Yo La Tengo se dégagent, ce n'est jamais au détriment de l'ensemble qui conserve une identité propre et étonnamment addictive : "This thing about you" résonne dans mon appartement depuis 3 jours avec le même bonheur et la même nonchalance. Un disque aux ambiances estivales qui pourrait devenir vital dans le triste climat de janvier.

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dimanche 30 décembre 2007

Quand les bibliothécaires (me) tapent sur le système

Parce qu'il n'y a pas que les usagers qui savent être gonflants. Les bibliothécaires - et les vacataires - peuvent parfois :

- Discuter très fort entre eux et/ou au téléphone
- Garder un document emprunté pendant plus de 6 mois (après quoi je passe pour le Père Fouettard quand je leur tombe dessus : "Comment ça, tu pistes tous tes achats ? - Ben ouais, aboule")
- Prêter des usuels
- Faire disparaître les nouveautés avant même leur mise en circulation (encore que les services techniques, nettoyage, voire certains élus puissent être soupçonnés ; même fermée, la médiathèque est un vrai hall de gare)
- Doter les nouveautés du talent d'invisibilité en rédigeant des notices de catalogage invraisemblables ("T'as pas noté le titre et t'as mis l'auteur dans la zone d'édition ! - Ah ?") ou en rangeant les documents à n'importe quel endroit sauf le bon
- Ne pas être foutus d'orthographier correctement "Bourvil", "Rolling Stones" ou "Edgar Poe", et donc repondre "On n'a pas" lorsque quelqu'un les cherche
- Faire profiter les usagers de leur mauvais goût en diffusant Vitaa à plein volume lorsqu'on leur confie les rênes du secteur Musique (au moins, ils ne risquent pas le procès pour élitisme...)
- A l'inverse, jouer aux défenseurs du bon ordre culturel en démolissant de façon stérile et gratuite les choix d'un usager avant même qu'il n'ait eu le temps de tourner les talons. Rien de plus efficace pour le dégouter de revenir.

Liste non exhaustive, n'hésitez surtout pas à la compléter : le défouloir est ouvert.


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mercredi 26 décembre 2007

2007 : une bonne cuvée... sauf pour les Anglais

Panorama des albums qui ont bercé mes chères oreilles cette année ; la pop se porte plutôt bien, merci pour elle. On notera la prépondérance des labels indépendants et l'absence totale d'artistes anglais... Il va falloir qu'ils se réveillent.

Aereogramme - My heart has a wish that you would not go [Chemikal underground]
Arcade Fire - Neon bible [Merge]
Blanche - Little amber bottles [Loose music]
Bodies Of Water - Ears will pop & eyes will blink
Earlimart - Mentor tormentor [Majordomo]
Great Lake Swimmers - Ongaria [Nettwerk]
Hey Hey My My - Hey hey my my [Sober & gentle]
Lavender Diamond - Imagine our love [Matador]
Okkervil River - The stage names [Jagjaguwar]
The Postmarks - The Postmarks [Unfiltered]
The Shins - Wincing the night away [Sub pop]
Maria Taylor - Lynn teeter flower [Saddle creek]
Anna Ternheim - Separation road [Stockholm / Universal]
Suzanne Vega - Beauty & crimes [Blue note]

A signaler, de fort belles choses du côté de la soul et du funk façon vintage :

The Dynamites - Kaboom ! [Ter à terre]
Bettye LaVette - The scene of the crime [ANTI]
Sharon Jones & The Dap-Kings - 100 days, 100 nights [Discograph]
Mavis Staples - We'll never turn back [ANTI]
The Sweet Vandals - The Sweet Vandals [Unique]

Bonne année donc !


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vendredi 14 décembre 2007

Les Simpson et la bilbliothéconomie



Entendu ces derniers jours dans deux épisodes :

"Tout est numérisé et peut tenir sur ce super cd-rom. Nous avons donc jeté tous les livres".

"Les dirigeants de la bibliothèque ont supprimé le secteur Littérature pour installer un distributeur à esquimos !"
.

C'est ce qui s'appelle coller à l'actualité.



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mardi 11 décembre 2007

Respect yourself : the Stax Records story [DVD]



Editeur : Universal, 2007
Indice PCDM : 1.413 - Soul

Si la Motown avait réussi un parfait cross-over avec ses diamants noirs polissés pop, la soul authentique était l'apanage de son concurrent Stax. Complémentaire de l'indispensable livre Sweet soul music, ce DVD offre une impeccable rétrospective du label de Memphis. Des images d'archives et de nombreuses interviews des acteurs de l'époque nous font revivre sa fondation, son fonctionnement totalement artisanal, ses premières stars, l'ascension d'inconnus nommés Otis Redding ou Isaac Hayes, ses déboires légaux et économiques... jusqu'à sa disparition. Avec en prime un live de la tournée européenne 1967 de cette incroyable écurie, que demande le peuple ? Peut-être, peut-être, un aussi beau travail portant sur le mythique Wrecking Crew de Los Angeles. Ou sur les sessions d'enregistrement du jeune Phil Spector. Ou sur le Brill Building de New York. Et en français s'il vous plait. L'espoir fait vivre, non ?


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dimanche 25 novembre 2007

Chu Berry - Berry story [1936-1939]



Label : Jazz Archives
Indice PCDM : 1.33 - Swing, jazz classique

On l'aura deviné à la lecture de ce blog : je ne suis pas un fondu de jazz. Non que j'ai une dent contre mais ce style ne m'avait jamais touché jusqu'ici, notamment en raison d'un rapport à la technique qui vire parfois à la simple démonstration (surtout du côté du jazz-rock). Restaient Coltrane, Miles Davis et Barney Kessel (idole de Phil Spector) qui avaient su trouver le chemin jusqu'à mes oreilles. Cette palette réduite tend à s'élargir avec les groupes de washboard et quelques chanteurs des années 20 (notamment le "Midnight, the stars & you" de Ray Noble)... et Chu Berry donc, dont j'ai entendu le saxophone avant de connaitre son amusant patronyme. Peu connu visiblement (dear God, j'ai collé le spécialiste jazz de la Fnac avec) mais loin d'être le premier venu vu qu'il a accompagné des pointures telles que Cab Calloway et Lionel Hampton avant de périr à l'âge de trente ans. J'ai immédiatement aimé ce son pour son côté surrané qui lui donne un charme immédiat, pour l'ambiance particulière dégagée par ces morceaux. Il est parfois agréable d'oublier un peu les guitares...

Liens temporaires Yousendit :

Chu Berry & his orchestra - Now you're talking my language
Chu Berry & his orchestra - Maelstrom
Lionel Hampton & his orchestra - Shufflin' at Hollywood

Cadeau bonus pour les fans de Shining :

Ray Noble - Midnight, the stars & you


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jeudi 15 novembre 2007

J'ai testé pour vous... la réduction du personnel

Ce fut annoncé sur l'air des lampions : les fonctionnaires d'Etat sont trop nombreux, il faut supprimer des postes. Soucieuses de satisfaire à cette maxime, de nombreuses municipalités se sont fait un plaisir de la mettre immédiatement en pratique sur le personnel de la fonction publique... territoriale. En bibliothèque ça peut donner quoi ?

* En premier lieu, les congés pour maternité ne font plus l'objet que d'un remplacement sur trois, voire sur quatre. Le personnel des bibliothèques étant toujours majoritairement féminin, les effets se font vite ressentir.

* Lors de départs pour mutation, certaines procédures de remplacement s'efforcent de battre des records dans la catégorie "course de lenteur". Parti vers d'autres cieux en mars dernier, l'un de mes responsables n'a toujours pas été remplacé à l'heure actuelle. Ses tâches étant dès lors dévolues aux autres responsables de secteurs, on note une tendance de ces derniers à délaisser leurs équipes, occupés qu'ils sont à combler les brèches.

Etant donné les nombreux postes vacants et l'accélération des départs de titulaires excédés, il ne reste qu'à embaucher moult vacataires pour maintenir l'établissement ouvert. C'est pratique pour l'employeur, les vacataires : payés des cacahuètes, ils peuvent être renvoyés d'un jour sur l'autre. C'est pratique pour l'Etat aussi : même après des mois de service, un vacataire remercié ne touchera pas un centime d'ASSEDIC. On comprend dès lors que la réforme Pécresse prévoit déjà que le personnel qualifié des bibliothèques universitaires puisse être remplacé par des vacataires.

Dommage qu'ils reste tant d'ombres à ce tableau idyllique. En premier lieu, la disponibilité du vacataire : ayant d'autres choses à faire dans sa vie que scanner des code-barres, le vacataire pourra parfois manquer à l'appel. S'il est étudiant, il a des partiels. S'il ne l'est pas, il cherche d'autres possibilités d'emploi Il arrive ainsi que le vacataire soit plus rapide que la direction et annonce de lui-même sa démission : soyons sport, c'est bien joué.

Autre point délicat : un vacataire, ça se forme. La formation demande du temps et... du personnel, ce qui peut vite devenir problématique quand ledit personnel est en sous-effectif. Deux possibilités :

* Condenser au maximum la formation : j'ai ainsi vu des nouveaux censés ingurgiter les systèmes de cotes, le plan de la médiathèque, le fonctionnement du logiciel et les aléas du service public en l'espace d'un après-midi. Autant dire que les titulaires passeront dans les semaines suivantes un certain temps à corriger les erreurs de rangement et les fausses manoeuvres des malheureux, ce qui est vite usant pour les nerfs.

* S'inspirer de l'exemple des entreprises avec les stagiaires, et faire former les nouveaux vacataires par d'autres vacataires déjà rodés. Si, si.

Le miracle de ce système de fonctionnement est qu'il arrive fréquemment de pouvoir compter sur des vacataires efficaces, motivés et dynamiques. Mais arrive toujours le moment où ces valeureux éléments se lassent de leur statut et de leur maigre salaire, n'obtiennent pas la pérénnisation qu'ils mériteraient pourtant, et annoncent leur départ. Ce qui entraine de nouveaux appels aux volontaires, de nouvelles séances de recrutement, de nouvelles formations baclées et une pêche de vacataires beaucoup moins miraculeuse. Pendant ce temps un bon tiers des titulaires restants mitraillent leur CV aux quatre coins du pays, les départs non comblés entrainent une accumulation de documents non traités dans les bureaux (ce qui fait râler l'usager sevré de nouveautés), les projets restent lettre morte, les réunions ont des allures de batailles rangées, et les heures supplémentaires parfois nécessaires ne sont, comme le prévoit la loi, pas rémunérées.

Chouette ambiance.


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lundi 29 octobre 2007

Compilation maison : Heavenly Sad Hits

Hommage à cet éternel vecteur de larmes qu'est la pop, hommage à ces chansons méconnues... Avec tout mon amour.

free music



1. Earlimart - Color Bars
[extrait de The Avenues EP, 2003]

2. Postal Blue - I Know Where Your Dreams Go
[extrait de Postal Blue EP, 2000]

3. Linda Perhacs - If You Were My Man
[extrait de Parallelograms, 1970]

4. Barbara Sipple - Song For Life
[extrait de la compilation Wayfairing strangers : ladies from the canyon]

5. Martha Wainwright - Far Away
[extrait de Martha Wainwright, 2005]

6. Kim Norlen - One More Thing
[extrait de The Green Door, 2002]

7. St Thomas - Strangers Out Of Blue
[extrait de I'm Coming Home, 2002]

8. Jackson C. Frank - Milk And Honey
[extrait de Jackson C. Frank, 1965]

9. Gene Clark - With Tomorrow
[extrait de White Light, 1971]

10. Spearmint - It Will End
[extrait de A Different Lifetime, 2001]

11. Denise James - Love Has Got Me Crying Again
[extrait de It's Not Enough To Love, 2004]

12. Pete Dello - Do I Still Figure In Your Life
[extrait de Into Your Ears, 1971]

13. Dotti Holmberg - To Touch Upon The Light
[extrait de Sometimes Happy Times, 1966-1970]

14. The Pale Fountains - Faithful Pillow pt. 1
[extrait de Pacific Street, 1984]

15. Ben & Jason - What I Meant To Say
[extrait de Emoticons, 1999]

16. The Zombies - The Way I Feel Inside
[extrait de Begin Here, 1965]

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dimanche 28 octobre 2007

Martine et la dure réalité des bibliothèques

En attendant une note plus intelligente, l'insomnie me pousse à céder aux sirènes de la mode :

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vendredi 5 octobre 2007

Détournements de couvertures : variante

En l'espace de quelques jours, toute la faune des internautes français a pu admirer les hilarants détournements d'albums de la pauvre Martine. Une initiative qui fait des émules sur certains forums musicaux :




Les a-mateurs apprécieront.
(Pauvre Nick)


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jeudi 4 octobre 2007

The Postmarks - The Postmarks [2007]



Label : Unfiltered Records
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie"

Il y a des disques pour lesquels tout est trop facile, qui nous kidnappent dès la première minute tant leurs mélodies semblent faites sur mesure pour nos oreilles. Prenez donc les Postmarks : une voix adorable, mi-enfantine mi-caressante façon Françoise Hardy, reposant sur un doux lit de guitares, de violons et de vibraphones. Une ambiance de mélancolie soigneusement tissée qui évoquerait un Camera Obscura nocturne. Une suite de chansons au charme irrésistible, de "Goodbye" à la délicate "End Of The Story". Et pour ne rien gacher, un livret parfaitement en accord où les paroles sont rédigées sur... des cartes postales. Les premières d'une longue série, souhaitons le.

Page Myspace


"You need records like The Postmarks in your collection. It's absolutely perfect company for the times when you need to shut yourself away from the world, pull the covers over your head, and try to believe in beauty again." (allmusic.com)




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mardi 25 septembre 2007

Vous avez dit "médiathèques" ?

On reproche souvent aux bibliothèques municipales françaises une tendance à sacraliser l'objet-livre au détriment d'autres supports artistiques qui gagneraient pourtant à être mieux considérés. Le terme de "médiathèque" est né précisément d'une idée nouvelle à l'époque, celle de proposer alors systématiquement au prêt des disques et des vidéo afin que le cinéma et la musique, parfois tenus pour des "loisirs de saltimbanques", intègrent de façon visible ces établissements au même titre que la si chère littérature.

D'où la surprise suscitée par mes considérations franco-françaises à la lecture du règlement des bibliothèques de la ville de Québec :


L'abonnement au Réseau des bibliothèques de la Ville de Québec permet :
- l'emprunt gratuit de 10 volumes et périodiques pour 21 jours;
- la location de best-sellers pour 21 jours au coût de 3,50 $ par document;
- l'emprunt gratuit de vidéocassettes ou DVD documentaires pour 21 jours;
- la location de vidéocassettes ou DVD de fiction au coût de 1,50 $ par film pour 3 jours;
- la location de disques compacts au coût de 1,50 $ par disque pour 21 jours;

Patatras, mes belles idées s'envolent. Nous observons ici une séparation nette (matérialisée par les termes antagonistes "emprunt gratuit" et "location") entre la culture dite classique d'une part (monographies, romans peu vendus, documentaires) et une offre de loisirs (best-sellers, disques, films de fiction) de l'autre, cette dernière ne pouvant prétendre à la même facilité d'accès.

Serait-ce pour préserver l'idée qu'une bibliothèque reste avant tout un lieu de culture et non de loisirs ? Si oui, peut-on affirmer que les symphonies de Chostakovich, le "Kind of blue" de Miles Davis, le "Revolver" des Beatles n'appartiennent pas à cette Culture du seul fait de leur statut d'oeuvres musicales ? Pourquoi la filmographie d'Orson Welles ou de Charlie Chaplin ne seraient-elles pas plus instructive qu'un documentaire gravé sur un DVD ?
A moins qu'il s'agisse d'une question de droits.

Si des Québecois, bibliothécaires ou non, passent un jour en ces lieux, j'aimerais sincèrement avoir leur opinion sur ce point.


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dimanche 23 septembre 2007

Travailler en bibliothèque à l'étranger...

...me plairait beaucoup. Particulièrement dans un pays anglophone (mon espagnol s'est désagrégé à force de ne pas servir) pendant quelques années. Entre cinq et dix, mettons.
Mais malgré mes recherches, je n'ai jusqu'ici pas trouvé de ressources fiables. Quels sont les critères à respecter ? Quelles sont les possibilités d'embauche, où sont les offres d'emploi ? Si quelqu'un aurait des informations, je suis tout ouïe.
D'avance, merci.

EDIT : On commence :
Ministère des Affaires étrangères
Immigration-Québec
Volontariat international

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samedi 15 septembre 2007

Discographies sélectives (bis)

Cette fois, on saute directement aux années 90 :

anthologie - CHEM087 [1996-2006]
anthologie - Inrockuptibles indie top 20 [1990-1992]
The Apartments - Un vie plein d'adieux [1995]
The Bats - Silverbeet [1993]
Ben & Jason - Emoticons [1999]
Ben Folds Five - Whatever and ever amen [1996]
Blueboy - Unisex [1994]
The Bluetones - Expecting to fly [1995]
The Boo Radleys - Giant steps [1993]
The Brian Jonestown Massacre - Tepid peppermint wonterland [1995-2003]
Neal Casal - Maybe California : an introduction [1995-2002]
Chapterhouse - Whirlpool [1991]
Curve - Cuckoo [1992-1993]
Eggstone - Somersault [1994]
Jason Falkner - Presents author unknown [1995]
Gastr Del Sol - Camoufleur [1994]
The House Of Love - The house of love [1990]
James - Laid [1993]
The Kingsbury Manx - The kingsbury manx [1999]
The Lemonheads - Come on feel the lemonheads [1993]
Lush - Split [1994]
The Magnetic Fields - 69 love songs [1999]
Manic Street Preachers - Everything must go [1996]
Mudhoney - Every good boy deserves fudges [1991]
Neutral Milk Hotel - In the areoplane under the sea [1998]
Pale Saints - The comfort of madness [1990]
Peter Perrett - Woke up sticky [1996]
Sebadoh - Bakesale [1994]
Shonen Knife - Brand new knife [1996]
Slint - Spiderland [1991]
Slowdive - Souvlaki [1993]
Smog - Red apple falls [1996]
Spacemen 3 - Recurring [1991]
Spearmint - A week away [1999]
Teenage Fanclub - Songs from northern Britain [1997]
Trembling Blue Stars - Her handwriting [1996]
Unbelievable Truth - Almost here [1997]
The Walkabouts - Nighttown [1997]
Shannon Wright - Flightsafety [1999]

Et sur ce je vais m'y remettre...

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samedi 1 septembre 2007

Discographies sélectives

Je l'avais déjà développé dans cette note : sans une collection solide de livres, de dictionnaires et d'encyclopédies musicales, il apparait absurde d'accumuler rééditions rares et auteurs obscurs. Personne n'a la science infuse, et tout le monde ne passe pas ses journées à guetter la moindre annonce sur le site du label Rev-Ola.
Pour cette raison, votre serviteur s'est lancé dans la rédaction de plusieurs cahiers sur le thème des "trésors cachés du rock", thème classique s'il en est, en l'adaptant au fonds de la médiathèque. Uniquement des disques que nous possédons, donc. Un guide par décennie, comportant chacun une quarantaine d'articles avec pochette présentant par le menu les découvertes qui attendent l'usager curieux. A titre d'exemple, voici la sélection provisoire des années 60 :

Anthologie - Nuggets I & II [1964-1969]
The Association - French 60's SP & EP collection [1966-1968)
The Beau Brummels - Introducing the Beau Brummels [1965]
Duncan Browne - Journey : the anthology [1967-1993]
Judy Collins - Colours of the day [1966-1970]
Jackie DeShannon - Come and get me : the best of [1958-1980]
Dion - The road I'm on [1966-1968]
Family - Family entertainment [1969]
Chris Farlowe - I'm the greatest [1966-1968]
The Flying Burrito Brothers - The great palace of sin [1968]
Jackson C. Frank - Blues run the game [1965]
Margo Guryan - Take a picture [1968]
Kaleidoscope - Tangerine dream [1967]
The Left Banke - There's gonna be a storm [1967-1969]
Love - Forever changes [1967]
Joe Meek - Portrait of a genius [1955-1966]
The Merry Go Round - Listen, listen : the definitive collection [1966-1969]
The Millennium - Magic time [1966-1968]
The Monks - Black monk time [1966]
Montage - Montage [1969]
The Music Machine - Ignition [1965-1969]
Fred Neil - Tears down the wall / Bleeker and MacDougall [1964-1965]
Billy Nicholls - Would you believe [1968]
Harry Nilsson - Pandemonium shadow show / Aerial ballet / Aerial pandemonium ballet [1967-1971]
Jack Nitzsche - Hearing is believing [1962-1979]
Laura Nyro - Stoned soul picnic : the best of [1966-1994]
Os Mutantes - Everything is possible [1968-1971]
The Red Crayola - The parable of arable and / God bless the Red Krayola... [1967-1968]
Sagittarius - Present tense [1968]
Buffy Sainte Marie - It's my way [1964]
Evie Sands - Any way that you want me [1969]
The Sunshine Company - The Sunshine Company [1967-1969]
The Zombies - Odessey & Oracle [1968]

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lundi 20 août 2007

Bodies Of Water - Ears Will Pop & Eyes Will Blink [2007]



Label : Thousand Tongues
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie"

Je comptais vous parler du dernier Suzanne Vega, de Jason Falkner ou de Martha Wainwright, mais une note d'Impunité zéro a changé la donne. Et quand on tombe sur un groupe pareil on n'a plus qu'une envie : crier leur nom sur tous les toits. Il y a chez Bodies Of Water la ferveur de Fairport Convention et la folie collective d'Arcade Fire, teintée d'une touche de Morricone ; influences profondément américaines pour ce groupe californien qui pourrait définitivement torpiller une Angleterre déjà musicalement moribonde. "These Are The Eyes" est le genre de chanson que l'on attend rarement, fantastique chevauchée, succession de feux d'artifices qui doivent prendre une ampleur peu commune sur scène... Et dire que l'album n'est actuellement disponible que via leur site ! Ah bon sang, pourvu qu'ils soient distribués bientôt.

Site officiel
Page Myspacee


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jeudi 2 août 2007

Anna King - Back To Soul [1964]



Label : Shout Records
Indice PCDM : 1.413 - Soul

Divin débroussailleur des années 60, Cherry Red Records ne se contente pas de nous abreuver de merveilles pop : via le label Shout, c'est une perle soul dont il est ici question. Et à dire vrai, il y a longtemps que je n'avais pas pris pareille claque à l'écoute d'un disque. Enregistrés en 1963 et 1964, les titres mêlent rythmiques impeccables et cuivres au taquet. Là-dessus vient s'ébrouer la voix effarante d'Anna King, parfois soutenue par une touche d'orgue... Parfait de bout en bout, avec une pochette à l'avenant. Il est regrettable qu'elle ne nous ait pas laissé plus de matériel avant de quitter la soul pour le gospel, mais une chose est sure : les fans de James Brown vont adorer. On remercie gracieusement l'excellente revue Soulbag pour cette belle découverte.

Mp3 temporaires :

Anna King - I Don't Want To Cry
Anna King - Make Up Your Mind




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vendredi 27 juillet 2007

Quand l'ogre culturel vient jouer les agneaux

Depuis quelques temps, le simple fait d'ouvrir un journal ou de lire les dernières dépêches d'agence équivaut à mettre un route un insupportable robinet d'absurdités. Dernière aberration en date, la manière dont le gouverment compte lutter contre le phénomène du téléchargement illégal :

"Si on continue comme ça, on va tuer la culture", a déclaré Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, cité par l'AFP. Celui-ci s'est exprimé en marge du Conseil des ministres pour expliciter la position du Président de la république. "Depuis 2002, le marché du disque a diminué en France de 40% et on commence à percevoir des signes importants de chute pour l'industrie du cinéma."

C'est Christine Albanel, ministre de la Culture, qui va prendre le relais sur ce dossier brûlant. Elle devrait mettre en place une commission ad hoc qui serait présidée par Denis Olivennes, PDG de la Fnac. Celle-ci sera chargée d'apporter des solutions concrètes pour sauver la culture à l'heure du tout numérique quand beaucoup d'internautes se laissent tenter par les sirènes du téléchargement illégal d'oeuvres protégées.

Ou comment être juge et parti en un claquement de doigts. Les innombrables disquaires disparus n'avaient pourtant pas eu besoin d'Internet pour fermer leurs boutiques et participer malgré eux à l'implacable uniformisation de l'offre culturelle : la Fnac était déjà là pour ça, comptant les cadavres et les bénéfices. Encore merci. Merci également à la pugnacité journalistique du Monde et à notre nouvelle Ministre de la Culture qui commence sa mission d'une fort belle façon.

On peut désormais s'attendre à la création d'une commission chargée de la préservation des labels indépendants... avec Pascal Nègre à sa tête ?


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vendredi 13 juillet 2007

Travailler en bibliothèque

[Nouvelle note, je profite des vacances]

Pour celles et ceux qui ne sont pas encore découragés par le scalpage actuel des effectifs de la fonction publique, voici une liste non exhaustive de sites proposant régulièrement des offres d'emploi en bibliothèques, médiathèques et centres de documentation :

ANPE [code ROME 32214]
Centres de gestion de la fonction publique territoriale
La Gazette des communes
Liste de diffusion des bibliothécaires
Liste de diffusion des discothécaires
Livres Hebdo
Talents [annonces de Télérama]


Ne pas hésiter à jeter un oeil sur l'excellent billet de Vagabondages sur le travail en bibliothèque.


Good night, and good luck.

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dimanche 8 juillet 2007

"Pourquoi vous ne pouvez pas acheter ce DVD ?"

Une question qui revient fréquemment de la part des cinéphiles... Le fait est que, contrairement aux livres, un bibliothécaire ne peut pas toujours acquérir le DVD qu'il souhaite. Un écueil qui découle directement de la réglementation sur le prêt des documents vidéo par les bibliothèques.
En effet, ces derniers ne peuvent être acquis via des fournisseurs traditionnels tels qu'une Fnac ou autre enseigne locale ; il faut obligatoirement passer par un grossiste spécialisé tel que CVS ou l'ADAV. Pourquoi ? Parce que ce grossiste aura négocié avec l'éditeur les droits de prêt et de consultation pour chacun des films qu'il affiche au catalogue. En clair : une bibliothèque n'a pas le droit de prêter un document vidéo non validé par cet accord - impossible donc d'accepter un don de la part d'un usager généreux.

Cette réglementation particulière, qui vise sans doute à protéger les vidéo-clubs d'une concurrence déloyale, ne va évidemment pas sans quelques conséquences facheuse pour les bibliothèques. L'éditeur peut refuser tout droit de prêt pour un film ou un documentaire, qui ne pourra donc être acquis * (c'est le cas de la fabuleuse série Juke Box Revival, dont les droits sont désormais épuisés). Mais il peut également fixer un prix suffisamment dissuasif pour décourager une bibliothèque de l'acquérir : comptez ainsi 86€ pour le DVD de l'excellent Spinal Tap, auquel j'ai bien entendu renoncé. Si les tarifs ne sont heureusement pas tous de ce niveau, ils restent au dessus des prix du marché et peuvent inciter une petite municipalité à limiter de façon drastique le fonds de documents vidéo.


* Un droit dont les éditeurs de livres ne peuvent plus bénéficier, conforméments aux accords passés en 2003 sur les droits de prêt


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vendredi 6 juillet 2007

Elliott Smith - New Moon [2007]



Label : Kill Rock Stars
Indice PCDM : 2.35 - Folk rock

Outre sa large contribution à la bande originale du film "Good will hunting" qui lui avait valu les honneurs des Oscars, Elliott Smith disposait d'une faculté rare : il était absolument incapable de composer une mauvaise chanson. A leur manière, chacun de ses cinq albums publiés le démontre encore. Quatre ans déjà... quatre ans depuis le grand saut et ce qu'on pensait être le point final. C'est aujourd'hui que Kill Rock Stars publie ces titres qui tournaient déjà sur le Net depuis quelques temps. Composés à l'époque des albums "Elliott Smith" et "Either / Or", ils ne brillaient pas encore des cascades de pianos et de violons qui pareraient ses disques suivants : c'est juste un homme et sa guitare que l'on entend ici. On ne reviendra pas sur la voix d'Elliott, seule égale à elle-même et touchante au-delà des mots. On dira en revanche que ces chansons, si elles n'atteignent pas la fulgurance mélancolique d'un Between The Bars, trouvent enfin la place qu'elles méritent. Exposées en pleine lumière, elles offrent un nouvel épisode au talent d'un songwriter alors capable de laisser de côté des merveilles telles que Riot Coming, High Times ou New Disaster, et dévoilent ici une brillante reprise de Big Star, là des versions alternatives de Miss Misery et Pretty Mary K.

Merci...

'Cause it's alright, some enchanted nights I'll be with you


Mp3 temporaires :

Elliott Smith - Riot Coming
Elliott Smith - Angel In The Snow




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jeudi 21 juin 2007

The Supremes - Reflections [DVD]



Editeur : Universal, 2006
Période couverte : 1964 - 1969

Quand on a l'opportunité de sélectionner des acquisitions, il arrive que l'on tombe sur une perle rare... qu'on ne manque pas de visionner en priorité pour mieux en profiter. En l'occurence ce DVD entièrement consacré aux mythiques Supremes, et acheté par le biais de CVS pour la somme ridicule de 23 euros (droits de prêt et de projection compris !) est un pur bonheur. Seize prestations télévisées des trois dames présentées par ordre chronologique, du Steven Allen Show (24 septembre 1964) au Hollywood Palace (18 octobre 1969). Les plus grandes chansons répondent - presque - toutes à l'appel : I Hear A Symphony bien sur, mais aussi Stop In The Name Of Love, My World Is Empty Without You (honteusement copiée par The Coral sur leur Dreaming Of You), Baby Love, Come See About Me... Robes 60's et chorégraphies inimitables s'affichent fièrement dans ces prestations peu à peu colorisées, dont le kitch assumé se pare d'un irrésistible charme. Avec en bonus plusieurs titres à cappella, des sous-titres passionnants et une visite dans le coeur des studios Motown. Qu'importe l'aspect poupées dociles à l'attitude aussi lisse que la coiffure : ces comptines adolescentes étaient avant tout de très grandes chansons, distillées par de brillants compositeurs à peine plus âgés que leurs jeunes interprètes. On ne les oubliera pas...


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samedi 16 juin 2007

De la perception des bibliothèques

L'annonce de la fermeture administrative temporaire du Batofar, péniche-salle de concert amarrée en bord de Seine, a fait le tour du Web musical francophone de par la diffusion massive d'un communiqué de presse que l'on retrouve un peu partout (ici par exemple).

Outre le fait que les motifs de ladite fermeture ne sont aucunement mentionnés dans le communiqué envoyé par les dirigeants du Batofar, on peut se poser quelques quelques questions quant à la perception de la culture par ces derniers :

"Nous invitons notre public ainsi que les différents acteurs du secteur culturel à nous soutenir en relayant cette information au maximum [...]. Et si un jour ces lieux devaient se transformer en musées ou bibliothèques, ce sera toujours l'occasion pour les générations futures d'admirer le triste tableau d'une culture uniformisée".

Des lieux culturels obligatoirement vecteurs d'une volonté étatique d'uniformisation, une perception visiblement toujours en vigueur... Après une vérification rapide, les bacs de disques voire même la programmation des concerts de ma chère médiathèque affichent pourtant un éclectisme plus prononcé que la majorité des soirées proposés au Batofar. Mais encore faut-il se rendre dans les bibliothèques pour s'en rendre compte... Toute mesquinerie mise à part, il reste quelque peu malvenu de cracher sur les acteurs du secteur culturel quand on sollicite leur soutien.

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samedi 2 juin 2007

Sylvain, musicos librarian

Quand un bibliothécaire met la main à la pâte pour composer, le résultat est parfois brillant. Si j'ai tendance à déserter ma guitare depuis ma prise de poste, d'autres fort heureusement ne renoncent pas et pourraient se retrouver un jour en position de cataloguer leurs propres albums. C'est tout ce qu'on peut souhaiter au sieur Sylvain Chuzeville, membre avignonnais du très bon groupe lyonnais Ex-Magnolia.

A écouter :
http://www.myspace.com/sylvainthelibrarian
http://www.myspace.com/exmagnolia


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lundi 28 mai 2007

Concours et effectifs : le CNFPT rase gratis

Nouveau tour de passe-passe du Centre National de la Fonction Publique Territoriale. Après avoir placé les deux concours d'assistant et d'assistant qualifié du patrimoine le même jour, soit le 28 mai 2008, le CNPFT vient d'annoncer le report du concours de bibliothécaire territorial. Initialement prévu pour novembre 2007, celui-ci aura finalement lieu... le 28 mai 2008.

Conséquence : les candidats concernés ne pourront tenter qu'un unique concours au lieu de trois, sur une période de plus de deux ans. La culture a de l'avenir.


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lundi 21 mai 2007

Maria Taylor - Lynn Teeter Flower [2007]



Label : Saddle Creek
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie"

Trop de boulot tue le boulot : la masse de travail à effectuer ces dernières semaines m'a pratiquement coupé de l'actualité musicale, par manque d'énergie et d'envie. Fort heureusement, la coupure du weekend permet au naturel de revenir au galop... Maria Taylor donc, moitié du mignon duo Azure Ray, publie son second album solo. Son talent pour les chansons profondes et accrocheuses, déjà visible dans des titres tels que Leap Year, est à nouveau bien exploité, de mélodies directes en ballades tristes (sublime Clean Getaway) saupoudrées de choeurs et de délicates touches d'electronica. Plus qu'à espérer un concert pour éprouver en live cette jolie collection...

Merci à Popnews pour la découverte.


I made my place by the door
I didn't know what I was waiting for
Felt just like home
Except no grass, no yard, no pictures

I could see across to the park
And there were friends, they were laughing hard
They looked just like my home
With no face, no name, no voice I'd know

I finally made it
I made a clean getaway
I finally made it
I made a clean getaway

I met someone at the bar
He had a great smile and a great heart
He felt just like love
Except no fear of losing, and it wasn't tough

I finally made it
I made a clean getaway
I finally made it
I made a clean getaway
And I miss you,
I miss you every single day




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dimanche 13 mai 2007

L'herbe est toujours plus verte ailleurs

Extrait du prodigieux ouvrage de Michel Melot, "La sagesse du bibliothécaire" :

La bibliothèque "latine" est peut-être moins bonne pour la lecture et le prêt, mais elle accueille des manifestations qui attirent un large public : expositions, débats, conférence, fêtes du livre... Ayant été invité à faire des conférences en Finlande sur la floraison des bibliothèques publiques en France, j'y allai avec une grande modestie, sachant que la Finlande avait tout à nous apprendre dans ce domaine - le taux d'inscriptions y étant d'environ la moitié de la population quand nous ne sommes qu'à 20%. Or, mes collègues finlandais furent émerveillés de ce que nous faisions et se trouvaient fort malheureux d'être réduits à l'état de "machines à prêter des livres". Ils envoyèrent aussitôt une délégation professionnelle pour apprendre ce que les Français appellent "l'animation culturelle".

La rigueur anglo-saxonne contre la "fantaisie" des Latins, équation toujours aussi délicate à résoudre. L'histoire du rugby le démontre également : n'oppose-t-on pas, depuis la nuits des temps ovales, la discipline anglaise au French flair ?



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dimanche 29 avril 2007

Natures & découvertes : le circuit du disque

Contrairement à ce que s'obstinent à croire une partie de nos chers usagers, je n'ai jusqu'ici jamais vu un album apparaître brusquemment dans nos bacs, prêt à être emprunté. Mes lecteurs si perspicaces s'en doutent, le disque suit un itinéraire parfois sinueux pour rejoindre les fonds de la médiathèque.

1) La sélection

L'essence même de la fonction de discothécaire. Fort de ses connaissances encyclopédiques, ce dernier va constamment analyser ses fonds afin d'en localiser les lacunes. Dans le même temps, il analysera au mieux ses usagers pour déterminer leurs attentes. Et comme sa science n'est jamais tout à fait complète, il n'aura de cesse de parcourir des livres, dictionnaires, revues pour repérer nouveautés et disques marquants. Sans oublier l'indispensable cahier de suggestions déjà évoqué dans ces pages.

2) La commande

Une fois sa liste d'albums en main, le discothécaire va tenter de faire ses emplettes auprès de son/ses fournisseurs agréé(s). Qu'il se promène dans une Fnac ou qu'il fouille une base de données en ligne, il constatera vite que la partie est loin d'être gagnée - et que pour le "Crazy Rythm" des Feelies, il va pouvoir se gratter une fois de plus. Ces problèmes de disponibilité peuvent s'accompagner de blocages administratifs qui plongent le malheureux discothécaire dans une insurmontable déprime : privez un drogué du disque de possibilité d'achat, il ne tarde pas à dépérir.

3) La facturation

Ces difficultés surmontées, nous voici avec un beau colis de disques sur le bureau. Avec l'aide du ticket de caisse, il faudra d'abord vérifier que toutes les références payées ont bien été livrées. Puis, éventuellement, séparer les disques en fonction des différents budgets et des réductions éventuelles (bien penser à ménager de l'espace libre, le nombre de tas pouvant être conséquent). Vient alors l'épreuve ultime : les disques et leurs prix respectifs vont être entrés un à un dans la base de données de la médiathèque. Prévoyez quelques heures si la commande est conséquente. Fumez une cigarette, détendez-vous, et faîtes le compte du total. Ce dernier ne correspond pas au montant inscrit sur le ticket de caisse ? Alerte rouge. Deux solutions possibles : re-vérifier le prix de chaque disque (comptez deux heures de plus), ou mettez à profit vos talents de faussaire en comptabilité pour parvenir immédiatement à un résultat juste au centime près.

4) Le catalogage et l'indexation

Je ne m'étendrai pas sur ces pratiques purement professionnelles qui font le bonheur quotidien de nombre de mes estimés collègues. Il s'agira de détailler chaque disque afin que l'usager moyen puisse le retrouver en interrogeant le catalogue informatisé. L'indexation, quant à elle, visera à attribuer aux albums une cote désignant leur localisation et leur style précis, d'où bien des interrogations : Gene Pitney, rock ou variétés américaines ? André Rieu, musique classique ou fourre-tout des musiques fonctionnelles ? Jean-Michel Jarre, musiques électroniques ou humour ? Patrick Eudeline, déchetterie ou poubelle ?

5) L'équipement

Tâche purement manuelle, pour une fois. Application d'un antivol, édition des cotes numériques autocollantes, éventuelles protections des digipack pour prolonger leur durée de vie. Hop là.

6) Mise à disposition

Le disque est enfin prêt à intégrer les glorieux bacs de la médiathèque. Il enchainera les réservations ou dormira pendant des années avant d'être redécouvert, mais il sera bel et bien là... jusqu'à sa disparition constatée par hasard quelques mois/années/décennies plus tard.


Précision : le délai nécessaire au disque pour traverser ces étapes reste difficile à évaluer. Comptez quelques jours pour un discothécaire au taquet à plusieurs mois dans le cas d'une médiathèque en sous-effectif ; voire plusieurs années si l'album a été malencontreusement oublié sur une étagère du bureau.

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dimanche 8 avril 2007

Rock, pop : un itinéraire bis en 140 albums essentiels / Philippe Robert



Editeur : Le mot et le reste, 2006
ISBN : 978-2915378313


"Alright, alright, it's the music that I love" (Spearmint, Julie Christie)

Les dictionnaires rock de qualité en langue française ne sont hélas pas légion à l'heure où l'indigence de nombreux critiques précipite Rock & Folk ou les Inrocks à un niveau proche du néant. Sorti de l'indispensable Dictionnaire du rock de Michka Assayas peu de salut, et la sensation désagréable de lire et relire en permanence les mêmes lignes sur les mêmes artistes. Cet itinéraire bis apparait ainsi comme un remède à double effet : rafraichir les connaissances du mélomane sur nombre de ses groupes fétiches - où, jusque ici, pouvait-on lire une pleine page sur Bill Fay ? - et offrir de superbes découvertes au lecteur, quelles que soient ses connaissances. Entendons nous bien, il ne s'agit pas ici de snobisme : les artistes présentés ici par ordre alphabétique ont pour point commun des albums exemplaires, plus ou moins oubliés pour des raisons diverses. On se pâmera ainsi devant les perles folk de Margo Guryan, Vashti Bunyan ou Linda Perhacs. On plongera dans la galaxie 60's de la sunshine pop avec Sagittarius, The Millennium où les déjà plus connus Zombies. On écoutera religieusement ces disques des Feelies et Young Marble Giants, souvent indisponibles, qui font le cauchemar du discothécaire. Et au final on passera un excellent moment... avant de filer liste en main chez un bon disquaire pour remettre les pendules à l'heure.


Liens temporaires Yousendit :

The Zombies - Hung Up On A Dream
The Millennium - To Claudia On Thursday
Margo Guryan - Sunday Morning
Linda Perhacs - If You Were My Man



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vendredi 30 mars 2007

Rions un peu avec le cahier de suggestions

Panorama des demandes les plus surréalistes de ces dernières semaines :

- "J'aime pas les rhododendrons" de Sim
- Le catalogue des 3 Suisses
- Une méthode de air guitar
- "Le meilleur cd de l'année" (alors qu'on l'a déjà, je l'ai déjà dit c'est celui de Camera Obscura)
- [écriture enfantine] Le disque de Ségolène Royal
- L'album des Plastiscines (muahahaha)

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mardi 20 mars 2007

A.R.C.A.D.E...F.I.R.E !

Olympia. 19 mars 2007.

Je les tenais déjà en haute estime après deux albums impressionnants, j'espérais logiquement un bon concert. Mais jamais je n'aurais pu imaginer ce qui nous attendait... Prenez le plus grand choc musical et visuel de votre vie, multipliez le par dix et vous y serez presque.

Déflagration immédiate. Un ! Deux ! Trois ! Dites : MIROIR NOIR !

L'exubérance en moteur, la noirceur pour refuge. De la tension, oh, tout au long. Son, chansons, interprétation : perfection.

Black Waves / Black Vibrations. Lumière bleue figée, écharpe rouge. La glace et le feu dans une atmosphère de fin du monde. Choeurs, coeurs, tous dans une bulle de bonheur. Et nous chantions, nous scandions ces paroles oniriques. On referait le monde dans une ville ensevelie sous la neige, on creuserait un tunnel d'une fenêtre à l'autre. Et on se retrouverait au milieu.


Thank you. From the bottom of my heart.


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jeudi 15 mars 2007

Les disquaires vus par Le Monde

Dans un éditorial récent, Le Monde s'est - enfin - penché sur la situation dramatique des disquaires indépendants. Si l'initiative est louable, les raccourcis qu'elle emprunte ne rendent guère compte de la situation.

"Le disque se passe donc de disquaires indépendants. Ces derniers étaient 550 en 2004. Ils ne sont plus que 200 à peine aujourd'hui. Combien seront-ils demain ? Cette lente agonie est le résultat de la sévère crise que connaît le marché du CD, avec des ventes en recul de 40 % en quatre ans."

Ainsi donc, la disparition progressive des disquaires indépendants résulterait directement de la fameuse crise du disque (qui a décidement bon dos), ce qui laisse supposer que ce triste phénomène ne remonte guère qu'à quatre ou cinq années. Faux sur toute la ligne car si les disquaires se comptaient au nombre de 550 en 2004, ils étaient 2.000 en 1979. Et les causes réelles de ce désastre sont à chercher ailleurs.



Les majors

Leurs responsabilités sont multiples. En dégradant la perception de la musique ("artistes" auto-proclamés, stars jetables, opérations médiatiques sans lendemain) et du disque (prix trop longtemps excessif) dans l'esprit du public, les majors ont elles-même posé les bases de cette fameuse "crise". Mieux, elles ont ouvertement affiché leur mépris des disquaires indépendants pour leurs capacités de vente jugées indignes de servir leur politique de profit ; en augmentant en permanence les budgets de promotion et de marketing, elles ont considérablement augmenté le seuil moyen de rentabilité de leurs productions. On note qu'un album qui atteignait auparavant son point d'équilibre à 50.000 exemplaires doit désormais se vendre à 100.000 exemplaires, soit le double, pour ne pas générer de pertes.


"Vouloir sauver les disquaires indépendants équivaut à placer une perfusion sur un cadavre" (Pascal Nègre, P-DG de Universal Music France)

Les politiques

Si prompts à préserver le réseau des librairies grâce, notamment, à la loi Lang sur le prix unique des livres, les dirigeants politiques se sont dans le même temps totalement lavés les mains de la disparition progressive des disquaires, qui n'ont jamais bénéficié de mesures d'aides et de protection équivalentes. Lors de son discours d'ouverture des états généraux du disque, le 29 juin 1999, Catherine Trautman avait émis la nécessité de mesures quant à la protection des disquaires indépendants : réflexion sur la possibilité d'un prix unique du disque, d'un coefficient de marges minimales, du développement de mécanismes de soutien et, surtout, d'une meilleure application du droit à la concurrence. Une annonce sans lendemains. Sur une référence équivalente, une Fnac pourra bénéficier d'une remise de l'éditeur à laquelle le disquaire indépendant, considéré comme négligeable, ne pourra prétendre. Résultat : la Fnac pourra vendre le disque concerné à un prix inférieur, tout en réalisant une meilleure marge bénéficiaire.

Ce n'est pas non plus du côté des collectivités locales que viendra la solution. Grisées par la perspective de taxes professionnelles conséquentes, celles-ci auraient plutôt tendance à apprécier, voire à encourager la mainmise des grandes surfaces alimentaires et spécialisées sur le marché du disque. Montauban illustre parfaitement cette tendance, rare exemple de ville de taille moyenne à disposer encore de disquaires et de libraires indépendants et dont la mairie avait fourni sur un plateau à Leclerc des bâtiments historiques du centre-ville destinés à accueillir le futur "espace culturel" du groupe... nonobstant le fait qu'un magasin identique existait déjà dans la zone commerciale de la ville. Par chance, une très forte mobilisation locale avait contraint Leclerc à renoncer à ce projet "culturicide" :

"La disproportion de concurrence condamnera à court ou moyen terme la plupart des nombreux commerces spécialisés. L'assortiment et les services mis à la place seront de qualité très inférieure et les créations d'emploi - pour la plupart sans qualification - ne compenseront pas, et de loin, la disparition des professionnels"

N'en déplaise à l'éditorialiste du Monde, Leclerc justement ne représente guère une alternative de qualité tant ses "disquaires" semblent dépourvus de culture musicale. Etant entrés dans deux "espaces culturels" différents j'ai pu, après une vingtaine de minutes de patience, obtenir des réponses surréalistes des spécialistes locaux :

"Je cherche les disque de Sly & The Family Stone.- Euuh, c'est une nouveauté ?"
" Où sont les albums des Jam ?- Ah, ça n'existe pas."

Dormez en paix braves gens, la culture est entre de bonnes mains.

Je ne m'étendrai guère sur le cas des hypermarchés (application de la stratégie des 80-20 à son apogée, absence totale de vendeurs) et sur celui des grandes surfaces spécialisées type Fnac qui réduisent drastiquement leur offre musicale ; qui leur en voudrait ? Ils ne sont pas ici pour vendre des disques mais pour vendre tout court. Là où un bon disquaire indépendant peut trouver et commander des disques rarissimes (mes deux coffrets Rubble en savent quelque chose) et permettre la découverte qui éclaire une journée.

Des solutions ?

Depuis plusieurs années, des solutions à moyen et long terme ont été avancées afin de préserver l'existence des disquaires et des labels indépendants. En sus d'un dispositif d'aide efficace, une réflexion profonde se révèle nécessaire quant à la concurrence déloyale engendrée par les systèmes de remises, les pratiques de référencement et les importantes pressions commerciales exercées par les entités les plus importantes. Des actions doivent également être envisagées pour favoriser la pérennité et le développement de la création et de la production indépendante, à même de garantir une diversité culturelle nécessaire. Afin de permettre à ces acteurs de toucher un auditoire suffisant, de réelles formations musicales devraient être dispensées, notamment dans le cadre de l'éducation (écoles, collèges, lycées) afin d'entraîner au sein du grand public une exigence et un esprit critique qui lui permettront de quitter les sentiers balisés sur lesquels majors, médias et hypermarchés le maintiennent. Cependant l'application de telles théories dépend de la volonté des pouvoirs publics, qui semblent malheureusement se satisfaire de la situation actuelle.

"Ce qui nous manquera, si la totalité de notre culture est vendue dans la succursale d'une chaîne d'un seul et unique centre commercial du nom de Borderstones, ce sont les trucs que seule l'effervescence d'enthousiasmes individuels peut faire remonter à la surface [...]. Je voudrais continuer à faire des découvertes ; ce qui n'arrivera jamais en nul lieu soumis aux fluctuations de la Bourse" (Nick Hornby, 31 songs)

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lundi 5 mars 2007

High Fidelity syndrome

Je n'ai jamais trouvé meilleur façon de dépenser mon argent qu'en achetant des disques ; couplé à un manque de temps chronique, mes manies de collectionneurs font que bon nombre des albums que j'ai acquis ces derniers mois n'ont pratiquement pas été écoutés (pas grave, je rattraperai tout le retard pendant ma retraite). Autant dire que quand il s'agit de dépenser l'argent des autres, en l'occurence mon budget d'acquisition, la frénésie d'achat me reprend vite. Comme ce matin où, listes et calculette en main, je déambulais d'un bac à l'autre en emplissant mon panier de nouveautés et de merveilles passées. Arrêt à l'accueil pour la facture, retour en bus avec un sac plein à craquer, et me voilà devant une pile de nouveaux disques bientôt prêts à rejoindre leurs camarades au sein de la médiathèque. Tout en écoutant le nouveau Arcade Fire ("Black Mirror", bon sang quelle merveille), je vérifie mon budget et me promet mentalement d'être plus raisonnable la prochaine fois... en sachant qu'il n'en sera probablement rien. Même avec des possibilités d'achat quasi-illimitées, je râlerais encore de ne pas avoir les moyens nécessaires à ma boulimie musicale et à mon objectif final : un fonds discographique de rêve, un point c'est tout. Rien de plus pénible qu'un passionné.


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mardi 27 février 2007

"Folk delight" : Lavender Diamond



22 février 2007, Maroquinerie

Et la surprise vint de la première partie. Très attendus, les exceptionnels Decemberists ont livré un concert décevant... Qu'à cela ne tienne, Lavender Diamond a sauvé la soirée. Inconnus au bataillon, ces Californiens tout juste signés chez Rough Trade ont su tirer leur épingle du jeu grâce à une série de comptines euphorisantes, faisant naître nombre de sourires de par leurs mélodies et les ravissantes mimiques de leur chanteuse. "You Broke My Heart" est un bel exemple de leur savoir-faire : ballade secondaire de prime abord, elle se révèle rapidement indispensable pour l'auditeur non averti qui la fredonnera sans fin au sein de rêves peuplés de petits oiseaux et de crocodiles Haribo. En attendant leur premier album prévu au printemps, un EP pourra combler temporairement notre soif de sucreries.

Site officiel
Page Myspace

Edit : "Open Your Heart" vient d'être ajoutée sur la page Myspace, elle me replonge immédiatement au coeur du concert. Enjouée, accrocheuse, d'une fraicheur rare. C'est décidé, Lavender Diamond est MON groupe pour 2007. Les Shins, Aereogramme et Arcade Fire attendront.


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samedi 10 février 2007

Earlimart - Treble & Tremble [2004]



Label : Palm Pictures
Indice PCDM : 2.32 - Folk rock

Il est des départs qui laissent des traces. Celui d’Elliott Smith a ainsi poussé les Américains de Earlimart à délaisser quelque peu leurs camarades Grandaddy pour dédier leur troisième album à l’enchanteur Texan. Dès les premières notes, on est saisi par la fragilité de cette voix qui murmure sur quelques accords de piano. Tout en tension contenue, l’accrocheur Hidden Track évoque "Bled White" alors que Sounds mêle brillamment électricité et mélancolie. Malgré cet héritage marqué, le disque évite le double écueil du plagiat et de la dépression à bon marché : les lancinants All They Ever Do Is Talk et Tell The Truth Part I & II séduiront jusqu’aux auditeurs les plus optimistes en se greffant au cerveau dès la première écoute. Assurées ou à peine esquissées, les harmonies vocales se rapprochent parfois des Wondermints et poussent à la contemplation résignée. C’est d’ailleurs le principal sentiment qui émane de ce Treble & Tremble, en sus de la nostalgie et de la tristesse, persistante mais jamais pathétique, d’avoir perdu un être cher. Un bel hommage.


J'avais écrit ces lignes à la sortie de l'album, et après une longue attente il semblerait qu'il y ait enfin du neuf comme en témoigne la page Myspace du groupe qui permet de découvrir deux nouveaux titres. Don't Think About Me est d'une pureté époustouflante, merveille de folk ensommeillé saupoudrée de cordes et de claviers. Quant à Nevermind The Phone, ses choeurs irrésistibles jouent joliment de la complémentarité des voix de Aaron Espinoza et Ariana Murray. L'album, vite !


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mercredi 7 février 2007

"Don't ask questions when you don't want to know the answers"

Usager : Je souhaite recevoir mes avis de retard et de réservation par e-mail, ça sera plus pratique que par lettre.
Pitseleh : Très bien, indiquez-nous votre adresse e-mail.
Usager, surpris : Ah non je préfère pas, je trouve que c'est confidentiel quand même.
Pitseleh : ...

Certes.

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mardi 23 janvier 2007

Hang the DJ

Etant donné la faible teneur des salaires de notre bien belle profession, il n'est guère étonnant que nombre de mes collègues mettent leurs talents à profit dans diverses activités annexes : dessin, écriture, théatre, musique entre autres. On notera au passage que ces à-côtés relèvent généralement du domaine artistique, le bibliothécaire lambda n'étant guère manuel ; couplé à la phénoménale réactivité des services techniques municipaux, ce handicap explique sans doute la panne totale de notre ascenseur depuis maintenant deux mois (série en cours). Pour ma part j'ai récemment choisi de me lancer dans une glorieuse carrière de DJ amateur, qui présente l'avantage d'offrir une rémunération en nature (houblon, orge, eau). Cette courte première expérience ne m'a pas évidemment pas permis de diffuser la moitié des titres que j'avais sélectionnés, mais j'ai pu cependant éviter nombre de plantages répertoriés dans cet excellent ouvrage :




A lire et relire.

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lundi 15 janvier 2007

Pitseleh song of the year : Morrissey - Life Is A Pigsty

En 2004 il était revenu tel le Messie, annonçant humblement qu'il avait pardonné à Jesus. Tout à la joie de cette résurrection, on n'avait pas fait les difficiles quant à la teneur du cadeau qui l'accompagnait - You Are The Quarry. Sonorités offensives pour un album certes réussi mais sans véritable chef-d'oeuvre lacrymal made in Moz, seul Let Me Kiss You laissant entrevoir le spectre des larmes passées. Autant dire qu'on n'espérait pas vraiment de miracle quant à la teneur de Ringleader Of The Tormentors, le petit nouveau. Quoique, les premiers titres faisaient plaisir à entendre. Et c'est au milieu de l'album que se produisit l'impensable, l'inconcevable, ce à quoi on ne croyait (presque) plus.

Life is a pigsty

L'orgue surprend et envoute, le piano se fait discret. La voix de Morrissey est d'une gravité inquiétante, elle récite plus qu'elle ne chante. Elle nous parle d'infortunes, d'une personne chère vers laquelle on se tourne. C'est un appel à l'aide d'un blessé dont les profonds sentiments n'ont jamais changé.

I am the same underneath
But this you
...you surely knew ?

2'17
La pluie crépite et se mêle aux sanglots nocturnes. Les paroles se muent en plaintes répétées... et la voix de Morrissey donne brusquement à la chanson une intensité difficilement supportable. Elle monte, supplie, frappe le coeur de serments éternels, appuyée par une batterie dont chaque coup reprend l'auditeur-témoin de volée. Elle prend la souffrance à bras-le-corps, tente désespérément d'y échapper.

I can't reach you
I can't reach you
I can't reach you anymore
Can you please stop time ?

Can you stop this pain ?


Car elle n'y est pas parvenue... A Bruxelles, durant ces minutes d'éternité, mes larmes coulaient sans doute autant devant tant de beauté qu'au souvenir resurgi de douleurs passées que rien ni personne n'avait pu apaiser. C'est cette profondeur, cette gravité, cette intensité qui faisaient depuis trop lontemps défaut aux chansons de Morrissey dont la plume se nourrissait jadis du sang coulant d'un coeur brisé. C'est cette franchise et cette capacité à toucher droit au coeur, à sublimer la tristesse, que j'attendais depuis Late Night Maudlin Street et Speedway. Le temps d'une chanson parfaite, il les a retrouvés.



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samedi 6 janvier 2007

Pitseleh album of the year : Camera Obscura - Let's Get Out Of This Country [2006]














Label : Elefant
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie"


S’ils n’ont plus remporté le Tournoi des 6 Nations depuis 1990, les Ecossais se sont depuis affirmés comme l’une des forces majeures de la pop indépendantes. Humilité, sens de la mélodie et harmonies remarquables ont ainsi permis aux Delgados, Orchids et autres Teenage Fanclub de décrocher la timbale en alignant une série de chefs-d’œuvre qui n’ont guère d’équivalent aujourd’hui.

On attendait depuis trois ans des nouvelles de Camera Obscura, après deux albums déjà fort riches en perles (extraordinaire Eighties Fan) qui avaient kidnappé les oreilles de quiconque aimant sa pop bien fignolée et surtout charmante. Charmante est le mot qui vient à l’esprit dès la première écoute de ce nouvel opus, désormais étalon maître de leur discographie et d’une année par ailleurs peu avare en matière de douceurs musicales… Il y a d’entrée ce Lloyd I’m Ready To Be Heartbroken, féerique réponse au Are You Ready To Be Heartbrocken de Lloyd Cole, incroyablement accrocheur, qui se place dans les plus beaux singles de l’année… Puis c’est l’avalanche. Le doux Tears For Affairs et ses airs de bossa, les mélodies enfantines de Come Back Margaret, les larmes acoustiques de Dory Previn, le charme immédiat de Let’s Get Out Of This Country, l’hommage aux girls groups de I Need All The Friends I Can Get… N’en jetez plus, la jolie Tracyanne Campbell a réussi le Grand Chelem ; comme le dit Allmusic, “Picking out highlights is like picking your favorite among your children”. Mais plus qu’une simple collection de symphonies pop chères à Phil Spector, ce disque permet à Camera Obscura de sortir de l’ombre entêtante de Belle & Sebastian tant l’élève parait en mesure de dépasser le maître ; largement supérieur à The Life Pursuit il jouerait plutôt dans la catégorie d’un If You’re Feeling Sinister, celle des albums parfaits et intemporels.


Page Myspace

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dimanche 24 décembre 2006

Petites piques bibliothéconomiques

(Toujours en mode "esprit de Noël")

Entre collègues :

  • - Je sais pas comment il se débrouille pour séléctionner ses DVD documentaires, mais si il attend que Jean-Pierre Pernaut en fasse la pub...

  • - C'est une psycho-rigide-maniaco-monomaniaque du catalogage et du classement. La dernière fois que quelqu'un a retouché une de ses notices on en a entendu parler pendant trois semaines, alors si on déplace tout le fonds... elle est capable de se retrancher dans son bureau avec une réserve de munitions.

  • J'hésite à le mettre à l'accueil de la section Jeunesse, il pourrait mordre un gamin.

  • [mail de la direction] - Qui est le couillon qui s'est créé une carte d'emprunt au nom de "Petit Gregory" ?

Pour les usagers :

  • - On vient de recevoir une candidature spontanée avec CV pour la discothèque de prêt... pour un emploi de serveuse.

  • - Un usager a essayé de me draguer en me disant "Vous avez un très joli fond mademoiselle".

  • - Aie, toutes les mascottes sont là en même temps. On les enferme dans la réserve ?


Et vive les Byrds.

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samedi 23 décembre 2006

L'exil de Johnny ne traumatise pas les discothécaires

"Pas grave, on mettra ses disques en Musiques du monde"

(Oui, cette vanne est nulle. On appelle ça une blague de bibliothécaire).


Joyeux Noël au fait.

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lundi 11 décembre 2006

Shannon Wright - Flightsafety [1999]

















Label :
Quarterstick Records
Indice PCDM : 2.32 - Folk rock

Je l’avais découverte en concert à Toulouse il y a quelques années ; dans une tempête électrique elle usait de sa voix surpuissante, adoucie le temps de me combler avec une superbe reprise du Asleep des Smiths. Et Dieu sait pourquoi, je ne m’étais pas intéressé à ses disques. J’ai pu constater hier l’étendue de mon erreur en écoutant son premier album. Car ce Flightsafety est une merveille absolue, un joyau comme quasiment aucun songwriter n’a pu en écrire dans les cinq années écoulées. Il y a ce doux Floor Pile en ouverture, murmures et arpèges servant un refrain aérien ; on pense alors à un opus de ballades bien calibrées, terrain connu. Seconde erreur. Dès le titre suivant, un clavier inquiétant trace le chemin des premières fêlures dans la voix de Shannon et le charme agit. Talent, maturité, sentiments. Aucun titre faible à signaler mis à part Holland (mais je n’ai jamais accroché aux guitares hindouisantes), l’ensemble est aussi homogène que magnifiquement composé ; en fin de compte c’est l’influence d’Elliott Smith qui se fait la plus visible, du talent multi-instrumentiste à la batterie valse de All These Things, jusqu'à l’éclatante mélancolie de Rich Hum Of Air. En guise de dernière marche le piano et le violoncelle de Heavy Crown accompagnent l’auditeur dans une dernière étape toute en tristesse résignée, comme si plus rien ne pouvait avoir lieu après. Shannon fredonne, murmure, et sa voix progressivement s’éteint… C’est la fin.

Liens découverte Yousendit :
Shannon Wright - All These Things
Shannon Wright - Heavy Crown





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samedi 2 décembre 2006

Susan Christie - Paint A Lady [1970 / 2006]
















Label : Finders Keepers Records
Indice PCDM : 2.32 - Folk rock

Techniquement, on appelle ça avoir la lose : ce disque de Susan Christie partage avec celui des Aerovons le triste privilège d'avoir attendu plus de 35 ans pour se voir publié. Enregistré en 1970 à Philadephie, "Paint A Lady" a finalement bénéficié du travail de fourmi d'archéologues musicaux qui viennent tout juste de le révéler au grand jour. Heureuse chose assurément tant ces huit chansons auraient mérité un meilleur destin... Portant magnifiquement bien son nom, "Rainy Day" est une ouverture d'une grande nostalgie portée par la voix vibrante de Susan, et sublimée par des envolées de violons qui font instantanément penser à une version folk de Margo Guryan. Et ce "Paint A Lady" qui gagne par son charme envoutant...

There's something indescribably sinister about the song... The clues are there in the dark ghost-chorus, that devilish needle of a guitar line and those delicious slow, dangerous drums... And Susan's voice, that lovely, eerie magic flute of a voice...

Mille mercis à Gibert pour avoir diffusé ce disque au moment de mon passage et pour m'avoir ainsi offert une bien belle découverte. Et merci infiniment à tous ces passionnés pour redonner vie à d'aussi belles chansons.

It takes a special kind of motivation to find records so rare that they almost don't exist. Some of the most spectacular reissues of the modern age will come from those so obsessive that they simply cannot leave well enough alone when it comes to their favorite musical micro-celebrities.

Liens découverte Yousendit :
Susan Christie - Rainy Day
Susan Christie - Paint A Lady


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samedi 25 novembre 2006

Biblio-cats

Les écrivains les ont tant chéris et célébrés que les bibliothécaires s'y mettent aussi : entre les chats et la plume, l'histoire d'amour continue. Pour preuve cette initiative originale : la Library Cat Maps localise précisément les félidés ayant élu domicile dans une bibliothèque ou un centre de documentation, avec coordonnées précises, nom de l'animal et photo en prime ! On ne peut que regretter l'absence d'établissement français dans cette merveilleuse liste... Si l'un d'entre eux se manifeste un jour je serais ravi d'aller lui rendre visite.











(Personne ne sera surpris d'apprendre que bon nombre de ces chats répondent au nom de Dewey)


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dimanche 12 novembre 2006

Médiathèques : et si on oubliait un peu la dématérialisation ?

A l'heure des grands débats sur le tout-mp3 il me semble clair que les discothécaires doivent avoir d'autre priorité que celle de participer à la mise à mort du support disque, tant le retard des médiathèques françaises en matières d'autres supports musicaux demeure inquiétant. Dès 1995 Michel Melot, Président du Conseil supérieur des bibliothèques, soulignait le problème dans son rapport annuel :

Non que les discothèques de prêt ne connaissent en France un succès grandissant [...], mais ce succès somme toute facile n'est que rarement accompagné d'un effort pour intégrer ce prêt des disques dans un ensemble documentaire cohérent de livres, de périodiques, et surtout d'une collection conséquente et raisonnée de partitions musicales [...]. De tels services répondent parfaitement aux missions des bibliothèques de lecture publique. Ils sont les exemples les plus incontestables du rôle que peuvent jouer les bibliothèques publiques dans l'intégration sociale. Ils sont enfin l'illustration même de ce que devrait être une "médiathèque".

Dix ans plus tard, ce cri d'alarme a-t-il été entendu ? Ce n'est pas gagné... Prenons le cas des partitions, toujours placée en zone sinistrée selon les statistiques de la Direction du Livre et de la Lecture en 2002. Jugez plutôt : sur 1473 bibliothèques municipales prêtant des disques, 252 disposaient d'une collection de partition (17,1%) dont seulement 155 disponibles au prêt. Pire encore, sur ces dernières, 49 affichaient une collection négligeable de moins de 100 partitions, 55 en possédaient de 100 à 500 et 38 de 500 à 1000. En définitive, seules 39 bibliothèques municipales se démarquaient par un fonds de plus de 1000 partitions.
Souvent considérées comme coûteuses et difficiles à acquérir (je m'inscris en faux) autant qu'à cataloguer (idem), réduites à la portion congrue, les partitions ne font toujours pas partie des priorités budgétaires. Il est pourtant du rôle des médiathèques d'accompagner et d'encourager les pratiques musicales par la mise à disposition de partitions et de méthodes instrumentales...

Quant aux livres ils sont certes mieux lotis, mais ce n'est pas encore la panacée tant les collections apparaissent souvent comme réduites et vieillissantes. Il est vrai que l'édition française ne facilite guère la tâche, notamment dans le domaine du rock et des musiques populaires (quelques brillantes exceptions mises à part), comme le relève l'ouvrage Musique en bibliothèque :

Il faut reconnaître que la structure de la production éditoriale rend difficile la constitution d'une offre de prêt vraiment attractive : comparée en effet à la production anglaise ou allemande, l'édition de livres sur la musique ne représente qu'un tout petit secteur, globalement assez peu dynamique, jugé souvent peu rentable par les quelques maisons qui s'y consacrent encore. L'offre disponible a souvent tendance à se répartir entre des produits de médiocre qualité et des publications musicologiques savantes destinées à un public de spécialistes.

On ne rappellera pourtant jamais assez l'importance des encyclopédies musicales, des essais et des biographies dans la démarche de découverte. A quoi sert pour une médiathèque de posséder la discographie intégrale des Zombies si l'usager curieux n'a aucun moyen de connaître leur existence ? Quel est l'intérêt d'accumuler les enregistrements du label Stax ou de Captain Beefheart si ceux-ci ne peuvent être replacés dans un contexte musical, social et historique qui explique leur importance vitale ?

Cessons de courir après Google, la Mule et Universal, proposons une offre culturelle que les usagers ne pourront guère trouver ailleurs tant ces documents marquent une tendance nette à s'évaporer des références disponibles en librairie. Et n'oublions pas le sens premier du mot bibliothèque.




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mardi 7 novembre 2006

Sweet soul music / Peter Guralnick

















Editeur : Allia, 2003
ISBN : 2-84485-130-4

"Sweet soul music fait partie du top 5 de mes livres favoris" (Rob Fleming, dans Haute Fidélité de Nick Hornby)

Parmi mes cadeaux d'anniversaire se trouvait cette merveille consacrée à la soul, style majeur dont la bibliographie française souffre d'un incroyable vide. Zélateur acharné, Peter Guralnick s'est mis sur la piste des fondateurs de l'authentique soul sudiste et offre ici une véritable Bible accessible tant aux néophytes qu'aux mélomanes confirmés. Les artistes majeurs tels que Sam Cooke, Solomon Burke et Ray Charles bénéficient d'une biographie fouillée et le label Stax se voit étudié sous toutes les coutures, de la création familiale à lavènement en passant par les premiers succès (William Bell notamment). En fin d'ouvrage on trouvera une bibliographie impressionnante ainsi qu'une discographie, judicieuse pour approfondir la découverte de cette musique de l'âme.

Et pendant que vous êtes là, n'omettez pas de mettre genou à terre devant l'un des plus grands chanteurs que la Terre ait porté. James Carr.

















La preuve : James Carr - The Dark End Of The Street [1967]


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mercredi 1 novembre 2006

El Perro Del Mar - El Perro Del Mar [2006]














Label : Memphis Industries
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie" ou 2.35 - Néo folk (quel terme idiot)

Entre les Concretes et Anna Ternheim, les Suédoises m'ont déjà gaté cette année. Jamais deux sans trois : venue de Goteborg, Sarah Assbring expose de superbes toiles musicales tirées d'une palette largement 60's. Ballades, comptines et guitare acoustiques soutiennent ici une voix haut placée évoquant nombre de merveilles passées, Françoise Hardy et Dotti Holmberg en tête. Tout en délicatesse et fragilité, ce timbre teinte de tristesse des compositions brillantes comme l'entêtante God Knows ou la lancinante This Loneliness qui méritent d'être écoutées en boucle.


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lundi 23 octobre 2006

Moteurs de recherche et bruit documentaire

Trouvé sur Librarian avengers :

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dimanche 22 octobre 2006

The Boo Radleys - Everything's Alright Forever [1992]














Label : Creation Records
Indice PCDM : 2.65 - Noisy pop

Il est de bon ton de lui préférer Giant Steps sorti l'année suivante, et même les sages de All Music ne dérogent pas à la règle : "Forever" lives up to its title well enough: everything's alright, but not yet truly astounding". Alors, pas stupéfiant cet album ? D'entrée, Spaniard allie au son cotonneux du shoegazing une guitare hispanisante et des trompettes mariachis en descendance directe du Alone Again Or de Love. Everything's Alright Forever... Changes. Cet hommage passé, le groupe dévoile son identité basée sur des murs de guitares où repose la voix aérienne de Martin Carr, avantage décisif sur leurs nombreux concurrents de l'époque - notamment Ride où l'absence de grand vocaliste s'est toujours fait sentir (je sens que je vais me faire des amis). Oh certes, les zélateurs de Giant Steps citeront I Hang Suspended, Lazarus ou encore Rodney King, merveilles en face desquelles cet album n'a pourtant nullement à rougir avec son enchainement Does It Hurt / Sparrow / Smile Fades Fast / Firesky digne d'un grand chelem. Le talent des Boo Radleys éclate littérallement dans ce dernier titre, où le son du ressac accompagne une ambiance totalement onirique et des mélodies d'une qualité rare... Stupéfiant, vraiment.

Liens découverte Yousend it :


The Boo Radleys - Spaniard
The Boo Radleys - Firesky


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jeudi 19 octobre 2006

Silver Sunshine - Silver Sunshine [2004]





















Label :
Empyrean Records
Indice PCDM : 2.24 - Pop "indie" ou 2.21 - Pop 60's

Ils ont le plus beau nom du monde et un coeur gros comme ça. Originaires de San Diego, Californie, les trois membres de Silver Sunshine garnissent leurs rêves des années soixante et de leurs astres passés. Nourris aux doux seins de la mélodie parfaite, ils ont paré leurs compositions d'accords ensoleillés provenant aussi bien d'Angleterre que de leur propre contrée ; une démarche de fan qui peut faire sourire tout en les rendant immédiatement sympathiques. Mais surtout, surtout, ces troubadours modernes ont de l'or dans les doigts. Qu'ils rendent un hommage appuyé aux Beatles et aux Kinks (Way Up In The Big Sky, If I Had The Time), qu'ils s'essaient au folk crépusculaire façon Elliott Smith (Nightmares, sublime) ou qu'ils claquent une véritable bombe power pop (ébouriffante Greenfield Park), ils le font avec la sincérité et l'absence de calcul des passionnés. Coup de coeur instinctif, en espérant qu'un rayon de soleil les porte vers nous bientôt.


Mp3 officiels

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mercredi 18 octobre 2006

All the people, [too] many people

Mercredi, jour des petits. Dès 10 heures les poussettes chargent comme à Vincennes et les nounours perdus transforment le trajet banque de retour-bacs à disques en parcours d'obstacles. Ca babille, ça fait risette, ça grouille, ça éclate en sanglots, ça hurle par solidarité - les chevaux font peu ou prou la même chose, mais c'est curieusement plus mignon chez ces derniers - et, avouons-le, ça finit par taper sur les nerfs. Pas de chance, l'après-midi c'est pire. Pour cause de réflexe pavlovien ou d'un joueur de flute de Hamelin particulièrement pervers tous les usagers choisissent de débarquer en même temps, suivis à une encolure par le matériel de vernissage de l'exposition : maire et huiles locales, délégation étrangère, curieux, pique-assiettes. C'est dans cette atmosphère de fin du monde auditive que j'enchaîne les inscriptions pendant 4 heures en branchant le pilotage automatique modalités-durée de prêt-prolongations-réservations-accès à distance-détails divers, ne parvenant à m'échapper que le temps de mettre dans les mains d'un habitué la beeeeeeelle compilation des Merry-Go-Round fraîchement arrivée.

Par moments ce boulot ressemble à l'usine, et j'ai horreur de ça.


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lundi 16 octobre 2006

Fugues / Lewis Shiner



















Editeur :
Denoël, 2000
Collection : Lunes d'encre
ISBN : 2-207-25012-1

Si Haute Fidélité ou Bienvenue au club sont déjà considérés comme des romans cultes au sein de la joyeuse communauté des poppeux associés, il en est d'autres qui végètent cruellement dans l'ombre, plus abandonnés encore qu'un album de Wonderstuff. "Fugues" donc, dont la quatrième de couverture devrait déjà toucher la corde sensible des mélomanes :

Ray Shackleford, réparateur de matériel hi-fi, se noie dans l'alcool et la musique. Il tente d'oublier une vie de couple cahotique et les brimades de son père. À la mort de celui-ci, sa vie bascule. Il se découvre un don singulier : il a le pouvoir de se projeter dans l'univers de ses groupes de rock favoris, d'enregistrer des versions inédites de leurs chansons.
Poussé par Graham Hudson de Carnival Records, il accepte d'enregistrer l'album mythique et inédit des Doors : Celebration of the Lizard. Mais ces voyages incessants dans le passé se révèlent bientôt dangereux. Car à trop jouer avec l'espace et le temps, ne risque-t-on pas d'ouvrir les portes du domaine de la Mort ?
Fugues est à la fois un roman initiatique et un magnifique hommage au rock des années 60-70 ; on y croise entre autres Jim Morrison, Brian Wilson, Jimi Hendrix et les Beatles.

Et le fait est que ça marche très bien tant la passion et la connaissance de la musique de l'auteur apparaissent à chaque ligne. Les légendes convoquées ici agissent de façon logique (si tant est qu'on puisse employer cet adjectif dans le cas de Brian Wilson), le Swinging London comme la Californie sunshinepopienne sont magnifiquement reconstitués, le personnage principal aussi obstiné qu'attachant. Et qui n'a jamais rêvé de revenir en arrière pour pousser le gros Brian à enregistrer le VRAI Smile ?



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dimanche 15 octobre 2006

Anthologie - One kiss can lead to another : Girl group sounds lost & found





















Label
: Rhino, 2005
Cote PCDM : 1.412 - Doo wop (faute de mieux)
Période couverte : 1960-1969


Bonne nouvelle : les inconditionnels des girls groups vont pouvoir laisser se reposer leur coffret Back To Mono et leurs compilations des Ronettes. Grâce au fabuleux travail de Rhino, c'est probablement la plus belle anthologie du genre qui nous est proposée. Il y a d'abord l'objet, somptueux, boîte à trésors renfermant un livret conséquent – à quand la traduction en français ? On a le droit de rêver... - et quatre CD gavés jusqu'à la garde de sucreries 60's. Les plus belles sont présentes : Shangri-Las, Chiffons, Supremes, Marvelettes, Shirelles, Velvelettes, Ronettes... Une large place est faite aux artistes « solos » avec entre autres Jackie DeShannon, Brenda Lee, la trop peu connue Evie Sands, Cilla Black, Petula Clark, P.P. Arnold, Sandie Shaw et Mary Wells. Mais plus que ces noms prestigieux, ce sont les chansons qui font la force de cette anthologie. Il faut entendre Dusty Springfield transcender « Magic Garden », une des nombreuses perles du compositeur Jimmy Webb avec ses cascades de violons et de piano. Il faut entendre la façon dont les Exciters scandent leur « He's Got The Power ». Il faut entendre la tristesse résignée du « Only To Other People » des Cookies pour se rendre compte que oui, Morrissey l'a copiée de façon éhontée et sans la moindre mention dans « Girl Least Likely To » ; on se souvient alors que les Smiths avaient repris « I Want A Boy For My Birthday » de ce même groupe lors de leur premier concert. On en vient à maudire les Beatles d'avoir sonné le glas de cette période dorée, eux qui n'avaient pas encore explosé quand le merveilleux « I Only Want To Be With You » ensoleillait les ondes. 120 chansons en tout, rien que ça. Il faut dévorer, savourer, se laisser bercer par ces ambiances tantôt naïves tantôt désespérées. La plus belle idée de cadeau à (s')offrir pour Noël. Encore merci Rhino.



Information pratique : on constate d'étranges écarts de prix pour cette merveille. Disponible pour 45 euros sur amazon.fr, elle dépasse régulièrement les 70 euros dans les Virgin pour atteindre le prix surréaliste de 94 euros sur fnac.com (avec un délai de livraison de plusieurs semaines en prime). En espérant que vous n'êtes pas liés pieds et poings à un fournisseur spéculateur...



Liens découverte Yousendit :

Dusty Springfield - Magic Garden
Nita Rossi - Untruth Unfaithful (That Was You)
The Cookies - Only To Other People

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samedi 14 octobre 2006

One, two, three, four

Bonsoir,

Ne faîtes pas attention au désordre, les cartons ne sont pas encore défaits. Je vais installer tranquillement mes petites affaires, classer soigneusement mes disques sur les étagères et mettre un coup de peinture s'il me reste de l'énergie. Ce qui ne m'empêche évidemment pas de souhaiter dès à présent la bienvenue aux visiteurs qui viendront faire un tour dans mon petit domaine.

Aurai-je le temps d'en faire un endroit agréable ? C'est déjà le troisième après tout, les précédents n'ayant laissé à la postérité qu'une trace éphémère au sein du cache Google. Etrange façon de conserver l'information pour un bibliothécaire, même musical. Mais j'ose croire qu'il en sera différemment cette fois.

J'ai tenu à conserver ce modeste pseudonyme. Petite coquetterie induite par sa sonorité, sa signification et la beauté de la chanson qui en porte le nom. On ne remerciera jamais assez Elliott Smith pour son oeuvre.

Bienvenue donc...

Aïle, pistoleros. Que vos journées soient longues et vos nuits plaisantes.


Pitseleh