jeudi 11 août 2011

Retour sur... Betty & the Werewolves


J'avais déjà écrit au sujet de Betty & the Werewolves il y a quelques temps et là, sans motif particulier, j'ai juste envie de remettre le couvert. Pour leurs chansons tout d'abord, tant il est rare qu'un album récent m'ait offert autant de coups de cœur successifs. David Cassidy, incontournable d'un bon DJ set. Paper Thin, single quasi parfait. The Party et Euston Station, jouées pied au plancher. Tu Veux Jouer, où la souriante Emily s'essaie à la langue de Molière et Bénabar. Good As Gold, si proche de Talulah Gosh avec son beat emprunté à Be My Baby. Werewolves, saccadée, qui reprend son souffle le temps d'une somptueuse envolée façon Lush. Et ces derniers jours, Heathcliff et son indispensable énergie. Ces ravissantes vignettes punk-pop soufflent leur première bougie avec le même enthousiasme. 

Et il y a bien sur les concerts. Indietracks, Glasgow Popfest... et notre Another Sunny Night. Où Laura et Emily maintiendront leur engagement là où des groupes tout aussi consciencieux auraient déclaré forfait : plus que deux membres sur quatre présents à la veille d'un concert à l'étranger. "Mais on jouera !" répétait Laura. Et ce fut chose faite avec une prestation incendiaire dans un International empli jusqu'au plafond et au delà, l'infatigable Emily gardant la guitare pour accompagner Tender Trap dans la foulée. Et aujourd'hui ? Quelques récents changements de line-up, toujours des concerts et, de mon côté, l'attente de nouvelles chansons de la part de mes Anglaises préférées. Deep thanks.



lundi 8 août 2011

My Favorite - The Happiest Days Of Our Lives [2003]


Chemins tortueux de la découverte : bien que mes amis soutiendront bientôt m'en avoir parlé des dizaines de fois, je ne me souviens pas avoir lu le nom de My Favorite avant hier soir. Sur facebook plus précisément où une connaissance espagnole (pour ne pas changer) a posté une vidéo sur laquelle j'ai cliqué en croyant avoir affaire... au groupe Burning Hearts. Fail.
(oh, une jolie fille avec un melodica. pleonasme)

Le temps de réaliser mon erreur j'étais déjà piégé et ce malgré l'ironie de fondre aujourd'hui sur un album ainsi nommé - non pas que je passe les pires jours de ma vie, mais ils ne comptent assurément pas parmi les meilleurs. Mais ces chansons m'ont laissé bouche bée dès la première écoute : Burning Hearts, The Suburbs Are Killing Us, Rescue Us (ce final...), Le Monster, pour ne citer qu'elles, affichent une intensité remarquable. Le chant à deux voix et les lignes de claviers appellent une ambiance sombre où sont conviés les Smiths et le Velvet. C'est profond et d'une tristesse désarmante, on se laisse faire sans discussion.  

But what could we paint when all we see is rain? The suburbs are killing us. Asleep when we should be dancing. Leave your masterpiece unfinished.  Asleep when we should be dancing all night long

Passer à côté d'un groupe pendant des années, tomber dessus par hasard et l'adopter dès les premiers instants. Il est fort probable que je me retrouve vite acquéreur de l'ensemble de leur discographie. Possible aussi que je m'en lasse dans quelques mois quand ce sentiment de perfection se sera étiolé, et pas grave. Là, tout de suite, ils sont exactement ce dont j'ai besoin.

jeudi 4 août 2011

Haiku Salut - How We Got Along After the Yarn Bomb [2011]


Outre d'autres qualités, Indietracks s'attache à donner un aperçu des forces vivres de l'indiepop sans se limiter à tel ou tel sous-genre musical. C'est ainsi qu'après les avoir découvertes via la compilation du festival, j'ai eu la chance de voir Haiku Salut jouer dans la Church Stage du site pour m'offrir le coup de cœur du weekend. Difficile d'imaginer un meilleur cadre pour profiter de ces chansons instrumentales nourries tant d'instruments variés (pas moins de 12 musiciens accompagnaient les trois demoiselles pour cette performance spéciale) que d'une vraie délicatesse. Basés sur le clavier et de magnifiques lignes d'accordéon, ces titres évoquent le meilleur de Tiersen ("Snaffle") tout en lorgnant parfois sur des sonorités d'Europe de l'Est. Ni pop, ni folk, ni tout à fait post rock la musique d'Haiku Salut berce et hypnotise, ode moderne à la rêverie. Et cerise sur le gâteau, un livret aussi mignon que coloré s'ajoute aux quatre titres de ce trop court mini-CD dont on espère d'aussi jolis successeurs. 

jeudi 21 juillet 2011

Belle & Sebastian - Write about love [2010]



La place de Belle & Sebastian apparaît comme éminemment enviable : une carrière quasi-irréprochable obtenue à la force de pop-songs parfaites et un statut rare de groupe culte avec des centaines de rejetons à son actif. Leur rareté renforce encore cette aura, sauf qu'une telle position semble délicate à tenir à la sortie d'un nouvel album. Comment jouer sincèrement son role de loser lorsqu'on est devenu numéro un ? Et à l'instar des parfaits Teenage Fanclub, comment tracer le même sillon sans lasser ?

Je n'ai pas envie de passer pour un snob, d'avoir l'air de défendre des suiveurs tout en alignant les indiscutables champions en titre. J'aime Belle & Sebastian. Leur concert au Grand Rex restera une expérience extraordinaire qui m'a collé un sourire béat pendant deux bonnes semaines. Et pourtant ils n'ont pas apporté pas ici le plus qu'on est en droit d'attendre de leur part :  la production est aux petits oignons mais le chef a branché le pilote automatique avec, ça et là, des fantaisies malvenues (qui a ouvert la porte à Norah Jones ?). Restent deux chansons qui justifient l'achat de l'album. I Want The World To Stop, malgré son air de déjà-entendu, fonctionne pleinement et éclate sur un refrain terriblement efficace, pop-song catchy à faire le bonheur des DJ... Good ol' good times. Et surtout I Didn't See It Coming, judicieusement placée en ouverture où Sarah Martin nous refait le coup de Asleep On a Sunbeam. Sa voie propage une douceur irréelle, apaisante, tout au long d'un titre qui accapare les meilleures mélodies jusqu'à l'incursion de Murdoch qui donne un parfait coup de fouet final. Brillant. Je peux encore l'écouter pendant des heures avec le même plaisir. Et ensuite ? Des chansons ternes, parfois sans aucun intérêt (I'm Not Living In The Real World) ; seule I Can See Your Future fera dresser l'oreille. Write About Love est une déception à la hauteur de l'affection que je porte à ses auteurs mais à la différence de groupes définitivement perdus (Interpol), ou d'ex-grands artistes qui règlent désormais comportement et talent sur le zéro absolu (coucou, Patrick Steven !), il y a encore une chance de rédemption. Wait and see.



mardi 19 juillet 2011

Lo que me gusta del verano #3 : Cineplexx



Apparue en 1998 Cineplexx est l'incarnation de Sebastian Limanovich, musicien et graphiste.
Sebastian n'est ni Espagnol, ni Britannique : né en Argentine et passé par Barcelone, il vit aujourd'hui à Londres.
Sebastian est prolifique. Bien que je ne possède actuellement qu'un seul disque de Cineplexx ("Picnic"), il s'agit de son cinquième si j'en crois All Music Guide. Et son œuvre a récemment eu l'honneur d'être compilée par le glorieux label Cherry Red. Classe.

Sebastian sait travailler en solitaire. Guitare, basse, percussions, claviers, touches électro, ce garçon peut tout faire. Il est également bon camarade : Norman Blake, Jad Fair et Duglas Stewart (BMX Bandits) apparaissent sur "Picnic". Classe, bis.
On s'en doutait en lisant en dos de pochette des chansons intitulées "Belle & Sebastian" ou "Tiger Trap", Sebastian a très bon goût. Références indiepop et pop psychédélique 60's se trouvent ici bercées dans un climat tropical, le plus souvent accompagné dans sa langue maternelle. On voit vite que chaleur et mélancolie lui vont tout aussi bien.

Pour l'avoir rencontré sur la banquise de Glasgow, Sebastian est un garçon sympa. Et il viendra jouer pour la prochaine Another Sunny Night en octobre prochain.

mercredi 13 juillet 2011

L'auto-défense en bibliothèques

Alors que les forces de l'ordre peuvent compter sur tonka, taser, flash-ball ou armes à feu, que peut faire le bibliothécaire désarmé face à usager un peu trop pénible ? Rassurez-vous, les solutions existent :

- Le crayon





Indémodable malgré sa fâcheuse tendance à disparaître, le crayon est votre allié. Peut infliger des coups de semonce et assure une neutralisation rapide une fois planté au bon endroit. Veillez à le tailler régulièrement.
Cibles à privilégier : œil, visage, mains




- La souris et le combiné de téléphone

Peuvent servir ponctuellement d'armes de jet, ils présentent l'avantage de toujours se trouver à portée de main. Inconvénient notable : un champ d'action réduit à une vingtaine de centimètres. Préférez les modèles sans fil.
Cibles à privilégier : visage



L'agrafeuse

D'une efficacité proche du zéro à distance, elle peut cependant rendre quelques services au corps à corps. Si toutefois vous parvenez à remettre la main dessus étant donné qu'elle est portée disparue depuis des mois... A bien y réfléchir, oubliez l'agrafeuse.
Cibles à privilégier : mains






Le démagnétiseur à VHS [pas de photo disponible]

Existe en différents modèles selon sa période de fabrication. Peut se présenter comme une variante de poing américain ou sous la forme d'une barre de cricket aplatie, cerclée de métal. Lourde et terriblement contondante, cette dernière peut assurer un K.O dès sa première utilisation. Veillez à assurer la prise en main.
Cibles à privilégier : menton, nez, tempes

L'enfant

On l'oublie trop souvent mais l'enfant moyen est léger, bruyant, collant et potentiellement agressif, soit les caractéristiques idéales d'une bombe sans fragmentation. Peut être projeté à distance variable en fonction du modèle choisi.
Cibles à privilégier : à déterminer



Le roman de Marc Levy



Arme multi-usages aux effets proches de ceux des gaz lacrymogènes comme nous le démontre la page wikipedia concernée :

Les effets sur le corps sont multiples :
  • gêne respiratoires,
  • nausées, vomissements
  • irritation des voies respiratoires,
  • irritation des voies lacrymales et des yeux
  • spasmes,
  • douleurs thoraciques,
  • dermatites, allergies
À forte dose :
  • L'effet le plus fréquent reste les brûlures pouvant aller jusqu'au second degré
  • L'irritation oculaire peut parfois se compliquer de lésions de la cornée ou d'hémorragies du vitré 
  • nécrose des tissus dans les voies respiratoires
  • nécrose des tissus dans l'appareil digestif
  • œdèmes pulmonaires
  • hémorragies internes
  •  Des décès ont été rapportés, essentiellement secondaires à une utilisation en lieu clos, comme cela a été le cas lors du siège de Waco en 1993. Il a été décrit des contaminations secondaires du personnel soignant qui a été amené à prendre en charge des personnes exposées.

L'extincteur


Théoriquement obligatoire dans chaque établissement public et couramment utilisé pour caler les portes, il trouvera ici une utilité complémentaire. Son aspect impressionnant peut effrayer la cible et il peut également être vidé sur l'objectif : préférez les modèles à poudre.
Cibles privilégiées : bouche, yeux






Le/la bibliothécaire amorphe [collez ici une photo d'un de vos collègues]

Deux de tension, totalement impassible, affichant l'expressivité d'un cyborg première génération et l'élocution d'un Raymond Barre sous Tranxène, le bibliothécaire amorphe renvoie efficacement à l'agresseur l'inanité de son attitude. Ce dernier, découragé, quittera vite les lieux et se défoulera sur le premier C.R.S venu.

mardi 12 juillet 2011

Help Stamp Out Loneliness - Help Stamp Out Loneliness [2011]


Debut album from indiepop's latest great white hopes, a Mancunian sextet who sound roughly like Nico fronting Camera Obscura with Stereolab's keyboards.

On a vu des CV plus mal fichus : HSOL comptent parmi eux 2 ex-Language Of Flowers et un 1er album produit par le "cinquième Smiths" Craig Gannon. Ne pas s'attendre pour autant à fondre sur des mélodies légères si souvent célébrées en ces pages : l'ambiance se fait ici plus sombre - la voix grave et crooneuse de D. Lucille Campbell y est pour beaucoup - et le son s'avère particulièrement compact avec ces deux claviers qui comblent le moindre espace. Ce choix artistique aurait pu générer un disque étouffant mais se révèle payant grâce à un songwriting d'excellente qualité. Tout comme The Andersen Tapes, autres favoris de mon top 2011, la majeure partie des chansons finit par successivement tourner en boucle dans ma platine. Record Shop avec ses lignes dansantes et son texte obsessionnel, le refrain quasi new wave de Cellophane, l'ambiance générale de désenchantement et d'échec. Et ce final monumental qu'est Split Infinitives, sept minutes de démonstration de classe qu'on repasse à peine terminé. Groupe à suivre.

Red Shoe Diaries - When I Find My Heart... [2011]


Ils furent parmi les premiers à venir jouer pour nous avec un très beau concert à la rentrée 2010 et signent leur retour discographique via Fika recordings pour le premier EP vinyle de ce label dévolu aux cassettes. Continuité, efficacité : on parle ici de pure fine indiepop, de chansons sans prétention mais diablement bien fignolées et sublimées par l'alternance des voix de Tom et Leanne. La mélancolie pointe dès l'ouverture et reste aux alentours, présence aussi discrète que permanente. La pop fonctionne tellement mieux en mode mineur... Déjà entendue aux côtés de David Blazye, autre talent de Nottingham, Leanne prend la pole position sur Snowbird (Talk To Me) pour une superbe performance avant que les chants ne se croisent sur Ice & Snow. L'attente aura été longue pour retrouver ces compositions déjà entraperçues en live, mais... Il y a un plaisir particulier à suivre un "petit" groupe, à surveiller leur progression, à patienter - longtemps - avant de les voir et revoir, à espérer qu'ils grandissent... mais pas trop et pas trop vite. C'est vouloir que tout le monde les écoute tout en les gardant précieusement pour soi. Keep it like a secret.

mercredi 29 juin 2011

next week : Orval Carlos Sibelius, Soda Fountain Rag et Wake The President

Presque un an de passé depuis notre première soirée, douze mois qui ont vu passer bon nombre de mes groupes favoris. Amateurs d'indiepop, réservez votre 8 juillet pour la prochaine et cliquez ci-dessous pour plus de détails :
ASN#6

lundi 27 juin 2011

Lo que me gusta del verano #2

Ataque De Caspa

Nigeria. C'est un titre qui émerge au sein d'une mixtape, une perfect pop song qui m'a fait fondre immédiatement. Déception en cherchant leurs albums : il ne reste rien d'Ataque de Caspa si j'en crois cette note. Rien d'autre que quelques titres préservés par hasard qui font encore le bonheur des indie espagnols avec ces lignes de clavier et ce chant terriblement nostalgique... Coup de chance malgré tout, ces chansons ont fait l'objet d'une édition récente par le label Gramaciones Grabofonicas et sont en écoute intégrale ici :