On ne le dira jamais assez : le meilleur girl group à guitares actuel. Les Dum Dum Girls et autres Best Coast leur doivent beaucoup.
Sambassadeur - Stranded
Suède, une fois de plus. Je ne me lasse pas du contraste entre l'intro au piano et la montée qui suit (et j'aimerais beaucoup voir ça en live d'ailleurs).
Shrag - Coda
L'album du quintet de Brighton donne la part belle à un post punk incendiaire, jusqu'à ce dernier titre un brin plus apaisé - mais toujours brillant.
Lucky Soul - White Russian Doll
Punchy, sautillant et made in London - me rappelle un peu l'excellent "Darling" de Sons & Daughters, et c'est tant mieux.
MAJ du 05/07/11 : Mon obsession pour ce disque n'a pas cessé et il tourne encore en boucle. Ca tombe bien, Soda Fountain Rag rendent une visite gratuite aux Parisiens ce vendredi 8 juillet pour l'Another Sunny Night #6, en compagnie d'Orval Carlos Sibelius et Wake The President.
"One listen and it's clear that Ragnhild is not an average pop songwriter. Two listens and you'll be intrigued. Three listens and you'll be obsessed. At least that's what happened to me"(All That Ever Mattered)
Enregistré en trio à Brescia, ce nouveau 10" de la prolifique Norvégienne se révèle beaucoup plus immédiat que It's Rag Time précédemment chroniqué en ces pages. Non pas que la formule ait varié : toutes placées sous la barre des trois, voire des deux minutes, ces compositions pop sonnent encore parmi les plus personnelles à voir le jour en 2010. Mais la guitare trouve cette fois une place bienvenue au premier rang, notamment sur les rythmées "Dogwalkin' Summer" et "You Are Not Invited To My Wedding" qui pourraient bouleverser pas mal de classements lastfm. En fin d'album, les touchantes "Too Late For Us" et "Pirate Love" offrent un visage plus apaisé sur une base chant / claviers. La voix qui raillait quelques minutes plus tôt se fait alors mélancolique, dualité guère surprenant de la part d'une fille qui écoute autant Bach qu'Eminem.
La capacité de Ragnhild à composer des mélodies aussi simples qu'infectieuses reste intacte et fait d'elle une artiste réellement épatante. Ses chansons méritent qu'on leur donne leur chance - et plutôt deux fois qu'une.
Toujours gratuit, toujours rue Moret à l'International à partir de 20h avec trois concerts et un DJ set. Déjà évoqués en ces pages, The Felt Tips et The Understudies donneront leur première date française en compagnie du trio power pop Cheap Star. A samedi !
Troy Von Balthazar - Wings
Grâce et dépouillement : l'ex Chokebore à son meilleur.
Belle & Sebastian - I Didn't See It Coming
Une ouverture de disque parfaite comme l'était "Another Sunny Day" pour l'album précédent... et, là encore, un trompe-l'oeil qui ne suffit pas à masquer le reste. Superbe néanmoins.
The School - I Don't Believe In Love
Les Gallois s'échappent de leurs influences girl groups le temps d'une clôture pour un chant de couple mort-né qui s'envole avec la voix de Liz Hunt.
The Starlets - I'm Your Kinda Guy
Une des multiples facettes du seul groupe à m'avoir offert un choc live du niveau des Delgados. Invités-surprise du récent Glasgow Popfest, ils ont séché la salle en trente minutes inoubliables.
Deux voix mêlées pour une déchirante ballade folk. Je n'ai jamais su résister aux valses.
The Mare - I'm So Happy
Clip absurde pour cette pop suédoise sous euphorisants, extrait d'un mignon EP paru sur Leopard Up a Tree.
Allo Darlin' - My Heart Is a Drummer
Ce groupe m'évoquera toujours un été musical où les champs de Ripley se mêlent aux litres de sueur évaporés deux jours plus tard dans un sous-sol du XIème arrondissement. Superbe clip en carton(s) et refrain parfait.
Nick Garrie - Le Pont Mirabeau
Un retour bienvenu quarante-et-un ans après "Nightmare of J.B. Stanislas". Le plus francophone des musiciens écossais s'offre une bien jolie valse.
Déjà quatre mois depuis la dernière soirée, il était temps qu'on s'y remette.
On ne change pas une équipe qui gagne : toujours gratuit, toujours à l'International, et toujours des bons groupes. Avec le retour de Tender Trap (ex Heavenly, ex Talulah Gosh...) accompagnés de Betty & the Werewolves dont j'ai déjà dit du bien en ces pages. Sylvia Hanschneckenbühl assurera la première partie et votre serviteur et ses camarades clôtureront par un DJ set grande cuvée.
"The Maple Leaves are good. They play so well that I wonder, how does anyone have time to write-play-learn while working? The Maple Leaves song...just reached a threshhold of some sort of tricky quality that just let me think.. yes!"
Le retour de Belle & Sebastian n'empêche pas Stuart Murdoch de garder les oreilles ouvertes et d'adouber comme il se doit ce groupe émergent de Glasgow. Déjà auteurs de deux singles fait maison ("Tapestry" et "Kirsty"), Maple Leaves a terminé 2010 avec un premier EP de très haut niveau. On constate vite qu'Anna Miles n'a pas intégré God Help The Girl pour rien : elle chante de façon remarquable. La structure piano-guitare de Golden Either est survolée par sa voix qui pare chaque refrain d'un charme peu commun. Et ses jeunes camarades ont également des atouts comme le montre Julian Corrie sur What A Day, superbe valse de clôture. Des mélodies fines et mélancoliques, deux vocalistes de ce calibre qui harmonisent, et la pop n'en ressort que plus belle. Scotland forever. What A Day by bubblegumrecords
A commander chez Hands and Arms pour 5 euros port compris.
Il existe peu d'objets aussi attachants qu'un EP, opus furtif qui semble offrir le statut de single à chaque titre qu'il contient. Et ça tombe bien, car il existe peu de groupes aussi attachants que les Understudies.
Non pas qu'il soit facile d'écrire à leur sujet cependant. Provenant de divers coins de la Grande-Bretagne, le quatuor ne laisse pas transparaître de filiation claire à laquelle les rattacher : sur Myspace, leur rubrique "Influences" affiche pas moins de 67 groupes divers et variés, agrémentés d'un ironique "We sound like all of the above but different and not quite as good.". Et de fait on ne saurait résumer leur son à un énième Belle-and-Sebastian-like. Tout au plus repérera-t-on une touche de Tindersticks, un brin de The Auteurs dans la voix, voire un petit air de Butcher Boy - pour celles et ceux qui ont la chance de connaître ce somptueux songwriter écossais. Principaux atouts des Understudies : une section rythmique aussi discrète qu'efficace, la guitare tranchante et les pas de danse de Brian, les chœurs judicieux de Bree, un indéniable potentiel charme... et surtout des chansons polies avec soin. Portée par une ligne de clavier, "My Life Is Not a French Film" se démarque par un refrain irrésistible tandis que "Signals Passed At Danger" permet à la voix de Bree de passer en pôle position. Quant à la délicate "A Girl I Used To Knock About With", je l'avais découverte au sein de la Church Stage d'Indietracks - un an et demi déjà. Comme chantait Curt Boettcher, I love you more each day.
"Influences: Whatever we can see looking through your window with our binoculars"
Tout comme The School, les Felt Tips ne remporteront probablement pas un premier prix d'originalité - mais franchement, ce terme a-t-il encore un sens en 2010 ? Après plusieurs EP publiés chez Cloudberry et Weepop, c'est sur l'excellent Plastilina que leur revient l'honneur de sortir un album en bonne et due forme : dix éblouissantes pop-songs qui dépeignent le quotidien en visant souvent en dessous de la ceinture. Le ton est donné dès le communiqué de presse : "…like that time you fumbled around with a condom in your darkened bedroom while trying to keep the mood alive – well, The Felt Tips were there watching you." Voyeurs donc. De fait, difficile de ne pas sourire - jaune - à la découverte de A Life More Ordinary, de l'excellente Not Tonight ou de la trop lucide Dear Morrissey. Mais si ce dernier titre témoigne d'un accablement résigné face aux récents opus de notre Castafiore aux glaïeuls la musique du quatuor écossais se pare souvent de l'immortel éclat des Smiths, tant dans cette voix vibrante que dans les superbes séries d'arpèges de Miguel Navarro qui ne laissent aucune place aux temps faibles, sur scène comme sur disque. Mais l'intro de Boyfriend Devoted vous en dira plus à leur sujet que n'importe quelle chronique, so just listen!
Rien de plus agréable qu'un passage chez Mono pour démarrer la journée avec le ventre et le sac à disques pleins. Et coup de chance les concerts ont cette fois lieu au Stereo, confortable pub placé en centre-ville. Nous entamons nos premières pintes sans nous douter qu'une erreur de planning du bar a privé les groupes de soundchecks et considérablement retardé l'ensemble des réjouissances, semant une nouvelle fois la panique dans l'organisation ; nos charmants hôtes ont heureusement les nerfs solides... Coup d'envoi donné par Maple Leaves, groupe que j'avais découvert l'année dernière au bas d'un flyer de l'excellent club Half My Heart Beats. Ils ont depuis été adoubés par Stuart Murdoch, séduit par la superbe voix d'Anna Miles... que l'on n'entendra pas aujourd'hui pour cause d'angine. Nevermind : leur jeune guitariste chante également très bien. - mais évite la superbe "Kirsty", dommage. Belle & Sebastian style.
The Cavalcade sont toujours aussi discrets, on a en permanence l'impression de devoir tendre l'oreille pour mieux saisir leurs arpèges et leurs chuchotements. Et "Meet You In The Rain" est toujours aussi belle. Entre temps The Social Services ont constitué une jolie découverte toute en pop-songs nonchalantes - pas de disques en vue sur la table de merchandising, dommage. Après un moment de repos pris à l'étage nous revenons pour profiter de l'excellent set électro-rock de Nanobots. Seigneur, ces tenues de scène ! Prestation aussi improbable que fichtrement jouissive.
Combien de concerts vus, de pintes descendues à cet instant ? Le compte est perdu mais vingt-cinq de chaque semble un chiffre raisonnable. Reste une triplette de vétérans à applaudir. The Just Joans tout d'abord, que j'aurais vu quatre fois cette année, affichent une humeur joviale qui rend leur prestation bien meilleure qu'à Indietracks. Un bon moment pour mettre la main sur leur nouvel EP publié chez Weepop. Egalement vus cet été, The Orchids livrent un set plein d'énergie - vital au moment où nos forces déclinent. Je guette l'immense "It's Only Obvious" mais le concert s'interrompt brutalement à la demi-heure pour cause de créneau dépassé, laissant la salle dépitée. The Hardy Boys doivent immédiatement enchainer, pour ce qui sera le dernier concert et le dernier coup de cœur du weekend. Leurs compositions sont riches et entrainantes, boostées par les choeurs de Kat King. Retour au stand de disques !
I know it's over, et les valeureux survivants se dispersent dans les bars du centre pour partager les derniers verres. On ne s'en doute évidemment pas, mais il nous faudra trois jours pour regagner péniblement Paris après plusieurs vols annulés : 15cm de neige suivis d'une chute du thermomètre à -12°, de quoi ridiculiser un peu plus la panique francilienne. Mais ça valait le déplacement... Mille mercis à Bubblegum records et see you soon Glasgow!